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    Economie

    Ordures ménagères : Aïn Sébaâ s'oriente vers la privatisation

    Par L'Economiste | Edition N°:221 Le 14/03/1996 | Partager

    La commune urbaine de Aïn Sébaâ est sur le point de signer un contrat de prestation de services avec Smarcolect, une entreprise privée pour la collecte des ordures ménagères et le balayage. Cette concession, qui devra démarrer en juillet prochain, ne manquera pas d'avoir un effet d'entraînement sur d'autres communes.


    La commune de Aïn Sébaâ est en passe de devenir pionnière dans la gestion de la collecte des ordures ménagères et du balayage. Elle va déléguer ce service à Smarcolect(1), une société privée créée à l'initiative de SITA, filiale de "La Lyonnaise des Eaux". L'expérience pourrait démarrer en juillet prochain.
    A la commune, on tient à préciser qu'il s'agit d'une gérance. C'est pour cette raison qu'il n'y a pas eu d'appel d'offres et le choix de l'entreprise a été fait en fonction de ses solides références à travers le monde.
    M. Idrissi Lahsen Hirouf, président du conseil municipal, précise: "cette forme de partenariat avec une entreprise privée disposant d'un savoir-faire en la matière n'a rien à voir avec la concession de la RAD par exemple, dans la mesure ou elle n'a aucun lien tarifaire avec la population".
    Pour le contrat, d'une durée de 7 ans, renouvelable en fonction des résultats, les deux partenaires sont d'accord à hauteur de 90% dans l'établissement des cahiers des charges. Cela concerne par exemple le montant annuel que la commune devra payer à Smarcolect et qui tourne autour de 10 millions de DH. " 200 DH la tonne est un prix juste, déclare M. Michel Pirodeau, directeur général de la société. Il est le plus attractif possible pour accrocher d'autres marchés qui seront néanmoins étudiés cas par cas".
    Selon une étude effectuée par la commune, la production annuelle d'ordures ménagères est évaluée à 36.500 tonnes. Le coût de ramassage de ces quantités s'élève à 6,789 millions de DH, sachant que le montant à la tonne est estimé à186 DH. L'amortissement du matériel et les charges de personnel sont compris dans le calcul. Quant au service balayage, il absorbe annuellement 2,17 millions de DH.

    La reprise du personnel

    Si Smarcolect a exigé une stricte définition des ordures ménagères afin de ne pas toucher aux déchets industriels et aux déchets verts, elle a en revanche accepté la reprise du personnel communal de la collecte et la dizaine de bennes tasseuses. Le produit de la vente de ces véhicules allégera la facture à payer à l'entreprise au cours de la première année.
    Cependant, le recours à une société privée a été dicté par un constat d'échec: les services communaux ne maîtrisent pas la collecte et le balayage. M. Hassan Souihab, secrétaire général de la commune, explique cette incapacité par trois éléments. D'abord, Aïn Sébaâ est considérée comme une commune morcelée où cohabitent les bidonvilles, l'habitat et une zone industrielle. Ensuite, la notion de collecte est perçue d'une manière négative par le personnel qui a été recruté pour ces postes mais refuse cette tâche. "D'ailleurs, 60% des personnes affectées à la collecte sont dans les bureaux, indique M. Souihab. L'effectif assurant cette opération est réduit par rapport à la superficie et au volume des ordures. Ce qui provoque une nette dégradation de la propreté".
    Enfin, la commmune souffre de l'amoncellement des déchets industriels déversés par des entreprises dans les terrains vagues.

    Priorité à la propreté

    Pendant la première année de cette expérience, la rentabilité économique est classée au second plan derrière la propreté considérée comme prioritaire. "Nous voulons que les citoyens sentent le changement par la ponctualité des passages des camions-bennes, par la tenue correcte des ouvriers de la collecte, par un contrôle du tonnage prélevé", affirme M. Hirouf.
    A partir de la deuxième année, la commune envisage de passer à une phase qualifiée de "disciplinaire" par la mise en place d'une équipe de verbalisation chargée de pénaliser ceux qui ne respecteraient pas le niveau requis de propreté. Avec cette formule, la commune projette de récolter un million de DH, "compte tenu de l'anarchie qui règne dans ce domaine". De même, la commune compte instaurer une taxation des déchets industriels.
    Bien que Smarcolect ait accepté de reprendre une centaine d'ouvriers et envisage de recruter 70 autres, la reconversion de certains employés de bureau n'est pas évidente. Pour favoriser le personnel qui travaille à l'extérieur, la commune assure le paiement des heures supplémentaires et offre une prime de salissement de l'ordre de 15% du salaire. M. Pirodeau promet que les salaires du personnel repris augmenteront de plus de 25%.
    Les promoteurs de cette initiative sont optimistes. Ils avancent que le conseil communal s'est déjà prononcé pour un accord de principe. Sa prochaine session consisterait à entériner cette question pour avoir l'approbation du Ministère de tutelle.

    Mohamed CHAOUI
    (1) Voir l'Economiste n° 75 du 15 avril 1993.

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