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    Enquête

    OMC: Les USA mettent la pression sur les conditions du travail

    Par L'Economiste | Edition N°:633 Le 08/11/1999 | Partager


    · Les Américains proposent un groupe de réflexion sur la question
    · Les pays en voie de développement dénoncent cette initiative qualifiée de cheval de Troie protectionniste


    Les conditions de travail constitueront-elles une nouvelle barrière douanière? Aujourd'hui, les pays industrialisés et plus particulièrement les Etats-Unis souhaitent introduire ce point dans le prochain round des négociations de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qui se tiendra à Seattle, du 30 novembre au 3 décembre 1999(1). En effet, les Etats-Unis ont présenté la semaine dernière à Genève une proposition visant la constitution d'un "groupe de travail" devant étudier les relations entre conditions de travail et commerce, un sujet qui demeure encore tabou pour bon nombre de pays en développement.
    Cependant, la position des pays industrialisés n'est pas unifiée. En effet, la proposition américaine semble, selon les observateurs, aller plus loin que celle de l'Union Européenne qui préconise plutôt un "forum permanent de travail conjoint" entre l'OMC et l'OIT (Organisation Internationale du Travail).
    Le "groupe de travail" proposé par les Etats-Unis devra mener une réflexion de deux ans sur le thème du commerce et le travail. Pour les Américains, ses conclusions devront être présentées à la quatrième conférence ministérielle en 2002. Ce groupe devra examiner six points. Il s'agit notamment du commerce et le travail forcé ou exploité des enfants, du commerce et ses effets sur l'emploi, du commerce et les protections sociales ainsi que des incitations pour la promotion des conditions de travail de base. Selon l'ambassadrice américaine à Genève, Rita Hayes, le mandat de ce groupe serait uniquement de discuter et d'analyser. "Il n'y aurait pas de règles et de contraintes procédurales", a-t-elle déclaré.
    Cependant, les pays en voie de développement voient dans ces normes de nouvelles barrières à l'exportation. Ainsi, l'Inde a manifesté ses inquiétudes en comparant l'introduction des conditions de travail et de l'environnement à "un cheval de Troie protectionniste". Aujourd'hui, ce pays mène une action de lobbying. Il dirige un groupe de pays intransigeants sur la question des conditions sociales, estimant que le sujet a été confié à l'OIT lors de la deuxième conférence ministérielle de l'OMC de Singapour en 1996. Pour l'ambassadrice américaine, il s'agit plutôt de "promouvoir un commerce plus libre mais aussi plus juste pour élever le niveau de vie des travailleurs".


    Une question de principe


    Un peu partout, le dossier des conditions de travail semble dominer les débats sur le commerce. Cette fois-ci, c'est à Toronto, au Canada, que la question a été relevée(1). L'initiative revient à une coalition de syndicalistes et de représentants de groupes communautaires qui ont réclamé que les droits des travailleurs et le respect de l'environnement soient inclus dans tout accord de libre-échange. Ces propositions ont été avancées lors des réunions commerciales internationales qui se tiennent cette semaine à Toronto. Le Congrès Canadien du Travail est à même de suggérer le refus d'importation des produits issus du travail des enfants.


    (1) La question a été relevée lors de la réunion des ministres de Commerce des Amériques. Les discussions de ces derniers ont porté principalement sur le projet de libre-échange qui devrait s'étendre d'une extrémité à l'autre du continent américain.

    Aniss MAGHRI (AFP)

    (1) La Conférence de Seattle devra définir les négociations du prochain cycle multilatéral qui devrait durer trois ans.

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