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    Enquête

    Multilinguisme:Avant 11 ans ou jamais

    Par L'Economiste | Edition N°:237 Le 04/07/1996 | Partager

    L'enfant, dès ses premiers pas dans la vie, est capable d'apprendre des langues. C'est en tout cas l'avis de M. Claude Hagège*, invité par La Médersa le vendredi 21 juin pour traiter du multilinguisme.


    "L'enfant peut apprendre les langues parallèlement à sa perception du monde extérieur et à la reconnaissance de ses parents". M. Claude Hagège est persuadé que l'apprentissage des langues peut commencer très tôt.

    De même, plusieurs écoles privées mettent en avant le bilinguisme. Il devient alors un argument de vente surtout devant l'échec de la politique d'arabisation et la déception des parents. Commençant "très tôt" l'enseignement de la langue française, quelquefois même avant l'arabe, ces écoles rencontrent quelque crainte d'acculturation de la part des parents. "La crainte des familles est sans fondement", souligne M. Hagège. Il estime que l'introduction du multilinguisme en bas âge ne met aucunement en péril la première langue de l'enfant. Cette crainte n'est toutefois pas générale. Plusieurs parents semblent accueillir de bon coeur l'ouverture de leurs enfants aux autres cultures. "J'avais relevé un défi devant mon père en parlant le français, une langue qu'il ne connaît pas. Je veux que mes enfants me défient avec une langue que je ne connais pas", plaide M. Magoul, professeur universitaire. M. Hagège soutient que l'enfant, dès les premiers instants de sa vie, est capable de mémorer les sons. "L'enfant est une oreille avide", ce qui fait que sa capacité d'acquisition des langues est très précoce. Il produira plus tard les sons et phrases. "L'Homme n'est locuteur que d'une façon fortuite alors qu'il naît auditeur". Ainsi, M. Hagège est persuadé qu'il ne faut pas perdre ces premières années, précieuses pour l'apprentissage. Il estime que le système éducatif est en état de sous-exploitation.

    Surtout que l'apprentissage a une limite, c'est la sclérose des synapses. Après 11 ans, les synapses, ces carrefours des terminaux nerveux, se ferment. Alors l'enfant, habitué à une unique langue, trouve des difficultés à reproduire des sons que son oreille ne connaît pas. Une autre variable, psychologique cette fois, joue aussi. Jeune, l'enfant est immunisé contre la sensibilité aux railleries de ses camarades. Adolescent, il a la sanction inhibante de la même ironie. Ce qui aggrave sa paralysie à prononcer des sons. "L'enfant a tout à gagner d'être dans une structure multilingue".

    M. Hagège rappelle qu'au cours des interventions qu'il anime il n'a jamais cessé de conseiller aux Français d'apprendre l'arabe. Le français est une langue qui ne contient pas tous les sons phonétiques."Au Maroc, le problème est différent et plus complexe", souligne M. Azeddine Bennis, professeur à l'Université Mohammed V de Rabat. Au-delà de l'apprentissage pour l'apprentissage, des soubassements psychologiques et historiques déforment cet objectif. Le français représente souvent une langue de fascination et de répulsion à la fois. "Fascination parce qu'elle est la langue de l'occupant, donc du plus fort. Répulsion parce qu'elle renvoie à une déculturation".

    Malika EL JOUHARI


    * M. Claude Hagège est professeur au Collège de France. Chercheur linguiste, il a publié plusieurs ouvrages dont le plus récent est "L'enfant aux deux langues".


    La Médersa: Une évolution


    De quoi discutent un ministre (Rachidi Rhazouani), un banquier (Abdellatif Laraki), un financier (Othman Slimani) et un professeur (Abdelali Benamour) autour d'un dîner? De l'enseignement public, de la crise de l'éducation et du bilinguisme notamment. Ils sortent avec un projet d'école qui se fixe pour objectif un enseignement de synthèse entre la spécificité culturelle et l'ouverture sur les autres cultures. M. Abdelali Benamour retrace ici l'aventure de la constitution de l'IPSM qui devient après quatre ans La Médersa. L'école ayant démarré en 1992 avec le préscolaire déménage vers de nouveaux locaux et se lance dans le secondaire. Filiale d'HEM, La Médersa serait une pépinière de son aînée. Elle a d'ailleurs été constituée dans ce sens. M. Benamour veut commencer très tôt la formation de ses potentiels étudiants aux standards qu'il se fixe dans le supérieur.
    Construite sur une superficie de 5.500 mètres carrés, La Médersa dispose de 30 salles de classe, une bibliothèque, une salle d'informatique, un centre de photocopie, un atelier de bricolage. Adoptant l'horaire continu, 8H30-15H30, les promoteurs ont mis en place un restaurant et une salle de détente. En plus d'une salle de psychomotricité, une structure médicale et un espace sport sont prévus. Les frais de scolarité s'élèvent à 20.000DH par an, tout compris.
    L'école accueillera pour la rentrée 96/97 220 élèves qui seront encadrés par 21 enseignants. Ceux-ci, de formation Bac+4, ont reçu une formation en communication à l'Université Hassan II et à HEM. Des formateurs belges se sont occupés d'eux pour tout ce qui concerne la psychopédagogie.

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