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    Economie

    Mounassir: Les incertitudes de l'enquête

    Par L'Economiste | Edition N°:298 Le 02/10/1997 | Partager

    Rebondissements dans l'affaire Mounassir. L'auteur présumé de l'assassinat du secrétaire général des marins de la pêche côtière nie les faits devant le juge d'instruction. L'implication de plusieurs syndicats dans cette affaire complique la tâche des enquêteurs.


    L'assassinat de Mohamed Mounassir n'a pas fini de livrer ses secrets. Près de quatre mois après la découverte du corps du secrétaire général du syndicat des marins de la pêche côtière, le 29 mai dernier, au port d'Agadir, les circonstances et le mobile du crime ne sont toujours pas élucidés. Les enquêteurs ont affirmé avoir mis la main sur l'auteur de l'assassinat. Il s'agit de M. Mohamed Jait, secrétaire général du syndicat des vendeurs de poisson, semi-grossistes. Il est également coordinateur de l'Union Générale des Commerçants et Industriels à Agadir, affiliée à l'UGTM.
    M. Jait aurait établi son bureau syndical à Aït-Melloul, une petite ville située à quelques kilomètres d'Agadir. Ce qui a conforté les enquêteurs dans leurs soupçons: les autorités avaient dès le début privilégié la piste d'Aït-Melloul. Au fur et à mesure du déroulement des investigations, de nouveaux éléments sont venus s'ajouter. «Ce bureau n'avait jamais été déclaré aux autorités locales. En outre, il s'est enfui lorsque nous avons voulu perquisitionner ces locaux».
    Pour les autorités judiciaires, le crime aurait eu lieu à cet endroit. Ce qui aurait été confirmé, selon les mêmes sources, par les aveux de M. Jait devant la police judiciaire. Par ailleurs, et toujours selon les éléments de l'enquête, il aurait avoué avoir donné un coup dans le coeur de la victime. «Ce qui aurait été confirmé par les résultats de la contre-expertise exigée par la famille de Mounassir».

    Toujours pas de preuve


    La famille, qui favorise toujours la thèse de l'assassinat politique, refuse d'enterrer le corps de son parent, conservé à la morgue d'Agadir. «Nous pouvons aujourd'hui assurer que cette thèse est complètement infondée», affirme une source judiciaire à Agadir.
    En revanche, celle-ci reconnaît que l'identification de l'assassin et des complices n'est pas aisée en raison du militantisme syndical de la victime. En fait, l'implication de M. Jait dans l'assassinat de Mounassir n'est pas encore prouvée. M. Jait aurait en effet nié les fait devant le juge d'instruction, arguant que ses aveux à la police ont été obtenus «sous contrainte».

    La police judiciaire a procédé à l'arrestation de quatre personnes, syndicalistes pour la plupart. Là encore, leur implication dans le meurtre de Mounassir n'a pas encore été établie d'une manière définitive. L'instruction, qui se poursuit toujours, devrait permettre d'apporter des éclaircissements.
    Autres données qui embrouillent davantage le dossier Mounassir: ceux relatifs aux malversations découvertes dans la gestion des cotisations de retraite des marins pêcheurs. Les syndicalistes, qui avaient été accusés d'être à l'origine des détournements autour de la gestion de la caisse de retraite, ont été acquittés par la Cour d'Appel d'Agadir. Il s'agit notamment du président du bureau local du FOM (Forces Ouvrières Marocaines, Mohamed Preiss et d'un de ses adjoints, Lahcen Derouich. Ils avaient été condamnés à 1 an de prison et 2.000 DH d'amende pour le premier et 6 mois et 1.000 DH d'amende pour le second. Quant aux agents de la compagnie d'assurances, ils avaient été acquittés. L'enquête avait en effet déduit que l'assureur n'avait aucun rapport direct avec les fonds gérés: les cotisations transitaient par la caisse syndicale avant de parvenir à la compagnie. Par conséquent, les deux agents ne pouvaient être impliqués dans les malversations. La compagnie d'assurances a procédé au remboursement des parts qu'elle gérait par capitalisation. L'assureur prévoit de résilier le contrat qui le liait au syndicat des marins pêcheurs, dès que les derniers remboursements seront effectués.

    Mohamed BENABID

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