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    Economie

    Monde rural entre politique et pauvreté

    Par L'Economiste | Edition N°:2174 Le 19/12/2005 | Partager

    . Un monde pris en otage par la vision «urbaine». La remise en question de la politique agricole, un tabou?Le monde rural bénéficie d’un regain d’intérêt en cette fin d’année. Il est en fait directement concerné par les nouvelles politiques de développement humain que le Maroc tente de mener. Du 8 au 10 décembre, un séminaire a été dédié au «développement durable en hommage à Paul Pascon», figure de proue de l’enseignement et de la recherche dans les années 60-70. De son côté, l’Association marocaine de machinisme agricole (AMMA) a consacré samedi dernier à «l’équipement rural au service du développement humain».Dans ce monde, «pris en otage par la vision urbaine» (disait Pascon), les bouleversements sont profonds autant que les non-changements, comme la mécanisation agricole. Encore 60% des agriculteurs sont des petits (moins de 5 ha) et travaillent avec des méthodes traditionnelles.Mais une rurale se marie presqu’au même âge qu’une citadine (respectivement 25,5 et 26,3 ans). Et fulgurante réussite pour la scolarisation des filles puisque plus des deux tiers d’entre elles vont à l’école…Mais tenter de maintenir les populations locales là où elles sont (et par exemple construire des écoles quand on sait que le bourg va se vider) est un leurre politique et un gaspillage financier. Comme est un leurre l’idée qui dit que l’exode rural diminuera la pression sur les ressources rurales. Normal: même si la fécondité a fortement baissé plus fortement à la campagne qu’en ville, une femme des champs fait plus d’enfants qu’une femme des villes. La fécondité moyenne est de 2,5 contre 3,3 en 1994. En milieu rural, une femme a en moyenne 3,1 enfants contre 4,3 en 1994 (selon le HCP)Outre la pression sur la productivité dans le monde rural, se pose aussi ce problème en ville: l’accueil des migrants ruraux grossit les bidonvilles et les emplois précaires… et ruralise l’espace urbain aussi.Révolution dans l’électrification et les télécoms puisque presque la moitié des ménages sont connectés alors qu’il y a dix ans seulement 9,7% des foyers pouvaient se targuer d’avoir des branchements électriques. Malgré ces évolutions qui présagent d’une standardisation des modes de vie, la pauvreté sévit bien plus à la campagne qu’en ville. Si la pauvreté a baissé de 16,5 à 14,2% en dix ans, il reste toujours 4,3 millions de pauvres (pauvres relatifs: moins de 11 DH en ville et moins de 9 DH à la campagne, par jour et par personne). En ville, on a perdu 2,5 points. En campagne, on a diminué la pauvreté d’un seul petit point. Depuis 1960, le taux de pauvreté a été divisé par 5,5 en ville mais seulement par 2,7 en campagne.Alors, quelle orientation le ministère de l’Agriculture prépare-t-il? La privatisation des terres de la Sodea-Sogeta prévoit une industrialisation de l’agriculture.La suppression progressive des cultures vivrières (dont les cultures céréalières) est-elle la bonne issue… Les petits agriculteurs pourront-ils vraiment porter -et supporter- ce changement?En fait, l’Etat n’a jamais eu le courage politique de remettre en question la politique agricole telle que menée jusqu’à aujourd’hui. Certains vont jusqu’à dire: «remettre en cause la politique agricole, c’est remettre en cause le règne de Hassan II»… Un peu trop facile puisque la politique des barrages est un grand actif de ce Roi-là, entre autres. Mais il est vrai que les orientations ont toujours évolué dans le sens qui dise: protégeons les ruraux, attention aux ruraux… Alors qu’en fait, en leur nom, on continue de protéger les conforts et réflexes féodaux des «urbanoïdes», dont la vision est déjà teintée de mépris… Faut-il le rappeler, un Marocain des champs moyens vit aujourd’hui avec 15 DH par jour (selon le Haut-commissariat au Plan). Ces populations-là sont celles qui sont directement concernées par l’INDH. Mais qui a eu l’idée de les mettre sur le devant de la scène? Seront-ils toujours sous «tutorat urbain»?«Depuis 1960, le taux de pauvreté a été divisé par 5,5 en ville mais seulement par 2,7 en campagne«Mouna KADIRI

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