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    Monde rural: Aux petits soins du parent pauvre

    Par L'Economiste | Edition N°:297 Le 25/09/1997 | Partager

    La campagne marocaine est très faiblement éclairée. Des efforts ont été déployés depuis 1995 dans le cadre du programme d'électrification rurale globale (PERG). En 1997, l'équivalent de 12 ans de travail avant PERG a été réalisé. Mais beaucoup reste à faire.


    Dix pour cent des foyers seulement reçoivent la lumière dans le monde rural. Qu'on se le dise: la campagne marocaine est terriblement sous-équipée en matière d'électrification.. Situation déplorable qui a poussé les pouvoirs publics à repenser leur politique dans ce domaine et accorder une attention particulière au développement de l'électrification rurale à travers notamment le programme d'électrification rurale globale (PERG) initié à partir d'août 1995.
    Le PERG vise à dépasser un taux d'électrification rurale de 80% à l'horizon 2010, soit 1.700.000 foyers. L'investissement prévu est estimé à près de 15 milliards de Dirhams constants en valeur 1995 sur 15 ans.
    En 1996, 557 villages (70.000 foyers) ont été raccordés au réseau national. Un résultat qualifié par M. Brahim Allabi, directeur de l'Electrification Rurale, d'exceptionnel. "Avant le PERG, seulement 50 villages par an étaient électrifiés. L'apport du PERG est considérable". Jusqu'à août 1997, 690 villages, soit 90.000 foyers, ont été raccordés. "Notre objectif est d'atteindre 1.000 villages (120.000 foyers) d'ici la fin de l'année et on doit réaliser la même performance en 1998".

    Le budget du PERG, qui est de 1 milliard de DH par an, est alimenté de la manière suivante: une part ONE, une part bénéficiaires de 40 DH par mois pendant 7 ans ou 2.410 DH si le versement s'effectue entièrement au moment du branchement, et par commune de 500 DH par an et par foyer à électrifier pendant 5 ans ou 2.805 DH par foyer si le paiement se fait avant le début de la réalisation.
    Dans ce cadre, 540 villages dans le Nord devront être électrifiés d'ici fin 1999. Les travaux qui ont déjà commencé vont concerner 87.000 foyers dans 12 provinces différentes. Le taux d'électrification rurale dans le Nord devrait passer alors de 8 à 40% des foyers qui seront desservis par le réseau national. Coût de l'opération 816 millions de DH.

    Le solaire comme alternative


    Le raccordement au réseau national ne saurait être la seule solution pour répondre à la demande de plus en plus pressante du monde rural en matière d'électricité. "Nous cherchons à développer au maximum l'énergie solaire dans la campagne marocaine. Pour ma part, je m'investirai à fond sur ce terrain", déclare M. Allabi, qui précise que 1.500 foyers sur 87 villages dans la région de Khouribga seront équipés de panneaux solaires d'ici la fin de l'année.
    L'ONE prendra en charge 55% du financement des kits solaires ( 10.000DH l'unité). Les 45% restants seront à la charge des clients qui doivent verser une avance de 1.440 DH et payer 60 DH par mois sur 7 ans. L'ONE va acquérir 4.000 kits solaires avant la fin de 1997 et 6.000 autres en 1998. "L'objectif est d'atteindre 10.000 foyers l'année prochaine".
    L'inconvénient de ces installations solaires est leur faible autonomie qui ne dépasse pas les trois jours et le fait qu'elles produisent une dotation énergétique moyenne, juste pour utiliser 5 ampoules et faire fonctionner un poste télé et une radio pour chaque kit solaire.

    Parallèlement à l'énergie solaire, l'ONE a entrepris dernièrement une étude de faisabilité pour le développement de l'énergie éolienne à travers les aérogénérateurs, notamment dans la région de Kelaâ Sraghna.
    L'action de L'ONE pour le développement de l'électrification rurale rencontre parfois des résistances inhérentes aux spécificités de la campagne marocaine. "Nous trouvons actuellement des difficultés pour avoir les droits de passage au niveau de certains villages. Le temps des expropriations est révolu, et il nous est difficile dans certains cas de trouver un terrain d'entente avec les propriétaires des terrains. Nous sommes obligés dans ces cas de dévier la ligne du raccordement", affirme M. Allabi. Les coûts d'exploitation étant élevés dans ce cas de figure, l'ONE se doit d'adopter une vision économique et rationnelle et opérer des sélections sur la base de considérations techniques en limitant le réseau au noyau du village. Le rôle des associations et des représentants des villageois est à cet égard très important.

    Salim LAHJOUMRI

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