×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Enquête

    Mohamed Berrada, nouveau patron de l'OCP

    Par L'Economiste | Edition N°:638 Le 15/11/1999 | Partager

    · Il prend en charge le numéro un mondial du phosphate dans une situation assainie et avec une stratégie claire
    · M. Chérif pose sa casquette-OCP et garde celle de l'ONA


    L'OCP a un nouveau directeur général. Il a été nommé hier par S.M. Mohammed VI à Marrakech. Il s'agit de M. Mohamed Berrada, ancien ministre des Finances et ancien ambassadeur du Maroc en France.
    Il succède donc à M. Mourad Chérif, ce qui met fin à la situation exceptionnelle d'avoir sous sa responsabilité le premier groupe privé et le premier groupe public du Royaume. M. Chérif avait cette double casquette depuis avril dernier, au moment où le regretté Souverain l'avait chargé de succéder à M. Fouad Filali, président de l'ONA, tout en conservant temporairement la Direction Générale de l'Office Chérifien des Phosphates (OCP). Tout en reconnaissant la valeur de l'homme, l'opinion trouvait que ce cumul ne devait pas durer. Il vient donc de s'arrêter, après des consultations rapides, faites au niveau du Palais Royal.
    M. Berrada, 55 ans, est une personnalité qui a compté dans l'évolution des mentalités économiques marocaines. Une anecdote mesure cette évolution: losqu'il est arrivé au Ministère des Finances en avril 1986, il n'était pas possible à un orateur d'employer le mot libéralisme dans un discours sans susciter des remous virulents chez les auditeurs. Comme il fallait bien que les Ministres fassent des discours, M. Berrada avait imaginé contourner le tabou en utilisant l'expression "économie libre". Il s'en est servi pendant une paire d'années avant de revenir prudemment au terme de libéralisme. L'opinion publique marocaine, qui ne faisait pourtant pas partie du glacis soviétique, n'a précédé que de très peu la chute du mur de Berlin, en 1989, pour se mettre à parler de libéralisme, avant d'en faire une quasi-pensée unique. Il quitte le Ministère des Finances en 1993, lors d'un remaniement ministériel. Mais depuis plusieurs mois, il était patent qu'il ne s'entendait guère avec son nouveau Premier ministre, M. Mohamed Karim-Lamrani, sur la conduite des finances publiques. Avec ce dernier, patron historique de l'OCP, M. Berrada avait déjà eu des différends importants dès 1986. L'OCP, entreprise publique bénéficiant d'une importante autonomie, avait deux grands projets de Maroc Phosphore, pour lesquels il lui fallait la garantie de l'Etat. Or, c'était en partie les difficultés de rentabilisations d'anciens programmes qui avaient plombé les finances publiques dans les années 80. C'est ce que reprochait M. Berrada à M. Karim-Lamrani, lequel, bien qu'il ne l'ait jamais dit, reprochait à l'Etat d'avoir largement utilisé la trésorerie de l'Office pour mener ses politiques. L'OCP s'en était trouvé affaibli. M. Fettah, qui a succédé à M. Karim-Lamrani à la tête de l'OCP a d'ailleurs passé une partie de son temps à débrouiller le tien du mien, dans les comptes de l'OCP et du Trésor.
    Enseignant et fils de M. El Ghali Berrada (une figure importante du monde des affaires et de la bienfaisance dans le monde médical), M. Mohamed Berrada devient ambassadeur du Maroc en France en 1994, poste qu'il a quitté cet été, laissant sa place à M. Hassan Abouyoub.
    En arrivant à l'OCP, il trouve une maison redressée et considérablement renforcée. Après M. Fettah, M. Mourad Chérif avait changé l'orientation stratégique de l'Office. Laissant les grands projets difficilement finançables à cause des raccourcissements de conjoncture, il s'est rabattu sur des séries de programmes de plus petite envergure financière et sur la multiplication des partenariats étrangers. Au total, l'OCP arrive presque aux mêmes niveaux de production qu'avec les grands programmes, mais avec des investissements inférieurs de moitié. Dans le même temps, le numéro un mondial du phosphate n'est plus l'homme à abattre du secteur, mais au contraire, le partenaire que recherchent les chimistes mondiaux. M. Berrada arrive dans une maison très disciplinée mais peu habituée à l'exubérance et aux contacts sans protocole de l'ancien ministre des Finances. Le mariage va être passionnant à observer pour les spécialistes des ressources humaines.

    Nadia SALAH

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc