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    Culture

    Mohamed Bariz, gardien du temple de la tradition orale

    Par L'Economiste | Edition N°:923 Le 25/12/2000 | Partager

    . Prestidigitateur de la parole, le conteur maîtrise les jeux de la langue et sait jongler avec les motsUne scène, un conteur et une longue histoire d'amour entre un lieu et un personnage devenus inextricablement liés par une fatalité qui s'appelle le conte. Le personnage en question s'appelle Mohamed Bariz, éternel comédien de l'immortelle place «Jamâa El Fna«.Il était une fois un enfant de sept ans, prématurément passionné par la scène, qui fait l'apprentissage de l'art du conte sur la très célèbre place marrakchie «Jamâa El Fna«. Un jour, Mohamed Bariz se retrouve au centre d'un cercle de gens qui commence, petit à petit, à se refermer sur lui. Ne pouvant plus faire marche arrière, il reste planté au milieu de la scène. Pris au piège, il ne peut qu'assumer son rôle. C'est ainsi qu'il devient conteur, celui qui enchante rien que par son corps. Aujourd'hui, vous pouvez lire sur sa carte de visite «récitateur de contes« et au-dessous, en arabe, «hakawati«. Ceux qui l'ont vu dernièrement sur la scène de la Fondation Actua ont certainement senti cette magie qui se dégage de ce personnage exceptionnel. Ses histoires, puisées aussi bien dans le grand livre d'histoire que dans les mythes, sont tantôt épiques tantôt comiques. Elles recèlent toutes une morale. Certains héros de ses contes ont bien existé, mais l'ampleur de leurs actions n'est pas tout à fait conforme à la réalité. Passant d'une histoire à une autre avec l'aisance d'un vieux routier, le conteur nous fait chevaucher les contrées de l'imaginaire. Il nous fait revivre des épopées forgées par des héros légendaires.C'est que ce prestidigitateur de la parole maîtrise les jeux de la langue et sait jongler avec les mots. Il nous transporte dans le labyrinthe des histoires qu'il nous conte en nous entraînant dans un délicieux vertige. Il capte notre attention. Comme hypnotisés, nous suivons ses mouvements, vibrons aux intonations de sa voix, guettons ses moindres gestes sans jamais le quitter du regard. Nous sommes à sa merci, et lui, use et abuse de notre patience en nous infligeant d'interminables moments de suspense. Quand Mohamed Bariz s'éclipse dans les coulisses, le groupe musical «Amal Assaha« prend la relève. Il interprète admirablement des airs tirés du répertoire des légendaires «Nass el Ghiwan« en mettant l'accent sur les rythmes gnaouis. Quand il revient sur scène, son ubiquité est absolue et sa présence des plus dominantes. Sa grande silhouette rend ses mouvements plus souples et sa gestuelle plus imposante. En véritable comédien, il change de peau toutes les minutes au gré des personnages qu'il interprète. Son compagnon dans ce voyage sans fin est un bâton, unique accessoire théâtral. Tel est le conteur, gardien du temple de la tradition orale. De moins en moins fréquents, Mohamed Bariz est l'un de ces phénomènes en voie d'extinction. A lui seul, il est une source intarissable d'un patrimoine délaissé et dilapidé. Kenza ALAOUI

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