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    Mines : Le BRPM repense sa stratégie

    Par L'Economiste | Edition N°:221 Le 14/03/1996 | Partager

    Avec la privatisation annoncée de ses filiales, le BRPM (Bureau de Recherches et de Participations Minières) se verra privé d'une de ses sources essentielles de financement. L'établissement redéfinit son action en se consacrant essentiellement à la recherche et en poursuivant sa restructuration.


    C'est l'heure de la révision de stratégie au BRPM. Conséquence directe de la privatisation attendue de ses filiales et de la réduction des transferts financiers de l'Etat, l'organisme axera désormais sa politique sur la recherche de partenariat avec les opérateurs privés et s'impliquera moins dans l'exploitation. L'objectif est de diversifier ses sources de financement pour compenser la disparition progressive de ressources propres (les dividendes et autres produits reçus des filiales). Ces derniers couvraient jusqu'à 30-40% de son budget durant les meilleures campagnes, explique M. Assou Lhatoute, directeur général de l'établissement.
    Au Ministère de tutelle, l'objectif avoué est de tailler dans la dotation que verse annuellement le Trésor au budget du BRPM (entre 90 et 100 millions de DH). "Le Bureau devrait revenir à sa mission initiale et chercher à diversifier ses ressources pour financer son activité", confiait M. Abdellatif Guerraoui, ministre de l'Energie et des Mines à L'Economiste(1).
    "Le BRPM arrêtera le processus de recherche à la découverte des prospects, si possible, aller jusqu'à l'étude de rentabilité et lancer les appels d'offres", précise M. Lhatoute.
    Le schéma retenu dans le cadre de cette nouvelle approche de promotion de la mine consiste à céder le gisement à un opérateur, ou l'exploiter en partenariat. Selon le directeur général du BRPM, "l'intérêt de cette stratégie est de participer à l'élaboration du modèle géologique (type de gisement) et avoir accès aux données scientifiques, maintenant ainsi l'indispensable synergie pour développer les méthodes et les potentialités du Bureau". Il s'agit donc de partager les risques de l'exploitation du gisement avec des investisseurs privés.

    Une deuxième restructuration inévitable

    Trois points essentiels constitueront l'architecture des termes de l'échange de ce nouveau partenariat: à l'ouverture, l'exploitant du gisement s'acquittera d'un droit d'entrée qui tient compte du risque de recherche pris par le BRPM. Ce droit sera variable selon la taille et le contenu de la mine.
    Ensuite, l'opérateur payera une redevance-inventaire de gisement calculée par rapport au chiffre d'affaires. Le principe n'est pas nouveau, précise M. Hassan Meznoudi Haouari, chargé de la coopération et de la promotion commerciale. Le BRPM percevait déjà des redevances du même genre de ses filiales, précise-t-il.
    Enfin, tout en se consacrant à la recherche de prospects, le BRPM garderait un droit de regard dans l'exploitation du gisement à travers une participation au capital.
    Les premiers appels d'offres concernant le développement et l'exploitation du gisement aurifère d'Iourirn et des minéraux industriels (la bentonite, l'argile kaolinique et la magnésite) ont été lancés en 1995. Les résultats devraient être connus d'ici la fin du mois d'avril, assure le directeur général.
    Suivront ensuite: le gisement de la calcite de Jbel Mahdi, les sables silicieux de Dar Chaoui et la perlite située dans la région de Nador dont les appels d'offres sont en cours d'élaboration.
    Outre la réorientation de son action, le BRPM devra poursuivre sa restructuration. L'établissement qui avait déjà subi une cure d'amaigrissement drastique à la fin des années 80 en se séparant de la moitié de ses effectifs, négocie un tournant de son histoire. De 2.450 agents, ses effectifs sont passés à 1.170. Et une seconde cure pointe à l'horizon. "Face à la perspective de la diminution de ses ressources propres, le BRPM ne fera pas malheureusement l'économie d'une seconde opération d'assainissement", explique M. Lhatoute.

    Si les responsables du BRPM soulignent avoir mené le premier "dégraissage" sans heurts, cette fois-ci, la couleuvre risque d'être difficile à faire avaler au personnel dans un contexte de reprise générale de l'activité minière. Les entreprises du secteur affichent à nouveau des bénéfices, et les cours internationaux des minerais sont en hausse depuis deux ans.
    Même si la direction s'en défend, l'inquiétude est bien perceptible chez les employés. Les rescapés du premier plan social se posent des questions. "Cependant, tempère le directeur général, les prospects que le BRPM s'apprête à céder entraîneront des créations d'emplois, ce qui offre une opportunité pour le Bureau de poursuivre sa restructuration en douceur", conclut, optimiste, M. Lahtoute.
    La restructuration ne se traduira pas seulement par des réductions d'emplois. La chasse au gaspillage et la compression de coûts constituent les deux autres chantiers prioritaires de la direction.

    Abashi SHAMABA

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