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    Economie

    Milieux naturels : La dégradation atteint des niveaux inquiétants

    Par L'Economiste | Edition N°:229 Le 09/05/1996 | Partager


    Une étude réalisée par le bureau d'études français BCEOM-SECA diagnostique les milieux naturels. Le bilan de cette première étude du genre est inquiétant: la dégradation des écosystèmes et la disparition d'espèces animales et végétales se poursuivent à un rythme effréné.

    Les milieux naturels sont sérieusement menacés: un tiers des écosystèmes est très dégradé et en voie de disparition, le quart de la flore vasculaire (plantes supérieures) est en danger, 10% des espèces de vertébrés sont menacés de disparition.

    Ces constatations inquiétantes ressortent de l'étude sur "les aires protégées au Maroc" menée de 1992 à 1995 par le groupement français BCEOM-SECA en collaboration avec l'Institut Scientifique de Rabat et l'Institut de Botanique de Montpellier. Les résultats de cette étude réalisée pour le compte de l'Administration des Eaux et Forêts sur un financement de la Banque Africaine de Développement (14 millions de DH) sont officiellement présentés et débattus les 9 et 10 mai à Marrakech.

    Le phénomène de dégradation des milieux naturels est très accentué au niveau des écosystèmes forestiers: 31.000 ha disparaissent chaque année. Il entraîne dans son sillage la disparition d'animaux et de végétaux qui y vivent. L'étude a pu établir une liste d'espèces rares et menacées au Maroc: 1.663 espèces végétales et 101 espèces animales.
    Cette liste n'est pas exhaustive. Le chiffre relatif aux espèces végétales, par exemple, ne représente que le quart de la flore vasculaire marocaine. Cette limitation du nombre d'espèces à protéger se situe dans le prolongement des nouvelles théories de la conservation biologique: l'équilibre d'un écosystème repose sur la somme des interactions des espèces et non sur le maintien de la liste exhaustive des animaux et végétaux qui le composent (voir encadré).
    Les causes de disparition de ces animaux et végétaux sont différentes de celles qui existent dans les pays industrialisés.

    "Si en Europe l'extinction d'espèces a souvent pour origine la pollution ou l'industrialisation accentuées, au Maroc c'est surtout l'entropisation -action de l'homme et de son troupeau- qui provoque la dégradation des écosystèmes et par là la disparition d'espèces animales et végétales", souligne My Lahcen El Kabiri, chef de la division de la chasse, de la pêche et de la protection de la nature à l'Administration des Eaux et Forêts.

    Sites d'intérêt biologique et écologique


    Outre l'établissement d'une liste d'espèces menacées, l'étude s'était fixé d'autres objectifs. Tout d'abord l'identification d'un réseau national d'aires protégées. Celles-ci ont été repérées et classées en 168 sites d'intérêt biologique et écologique (SIBE), dont 6 parcs nationaux, 2 parcs naturels et 146 réserves naturelles.

    Un des grands apports de l'étude réside dans la proposition, pour chaque type de SIBE, de statuts juridiques de protection ainsi que de modes de gestion. Trois niveaux de priorité, en terme d'échéancier à respecter, ont été définis pour la mise en place des statuts de protection. Le niveau 1 fixe à 5 ans le délai d'entrée en application du statut de protection.

    Ce niveau concerne 51 SIBE. Pour les deux autres niveaux de priorités, qui concernent 44 et 59 SIBE, les échéanciers sont respectivement de 8 et 14 ans. Les nouveaux statuts devraient compléter les dispositions législatives qui existent actuellement, à savoir le dahir du 11 septembre1934 sur les parcs nationaux. Les budgets de sauvegarde des SIBE, ont également été estimés: 40 à 50 millions de DH/an pour les SIBE de niveau 1.

    L'étude sur les aires protégées a en outre permis de constituer une importante base de données pour les chercheurs marocains et étrangers. En effet, 5 parcs nationaux ainsi que 86 réserves naturelles ont pu être cartographiées, à partir de fonds de cartes officiels, sur logiciel Autocad 12. Par ailleurs, une bibliographie de 3.500 titres, spécifiques au contexte marocain et traitant des thèmes abordés dans l'étude, a été élaborée, chacun des titres ayant fait l'objet d'une fiche indexée et consultable sur un logiciel créé à cet effet.

    Les enjeux de la protection des sites naturels sont importants. Tout d'abord eu regard à la richesse et à la diversité de la nature du pays. L'étude l'a d'ailleurs confirmé: la biodiversité marocaine se situe parmi les plus élevées du Bassin méditerranéen, occupant la seconde place derrière la région anatolienne (Turquie). D'autres enjeux, d'ordre écologique, économique et sociologique existent également. Au niveau économique, l'un des rôles les plus importants des aires protégées est leur rôle de conservateur des potentiels productifs. En effet, l'agriculture, qui contribue en grande partie au PIB du pays, dépend étroitement de l'approvisionnement en eau et en fertilisants. "Or ces cycles se forgent et se dynamisent au sein des écosystèmes en amont, le plus souvent forestiers...", note l'étude.

    Mohamed BENABID

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