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    Entreprises

    Microcrédit: Al Amana renforce l'offre

    Par L'Economiste | Edition N°:292 Le 07/08/1997 | Partager

    En attendant la mise en place d'un cadre institutionnel, le microcrédit élargit progressivement son assise. Nouvellement créée, Al Amana a déjà pris la mesure du terrain. Zoom sur l'activité.


    LE microcrédit a le vent en poupe. L'AMSED (Association Marocaine pour la Solidarité et le Développement) l'a lancé, la Fondation Zakoura l'a légitimité, Al Amana(1) a l'ambition de lui donner une large audience. De création récente, cette structure est chargée de mettre en uvre le programme AFM (Activités de Financement des Microentreprises) élaboré conjointement par le Maroc et l'USAID et dont l'objectif consiste à «élargir la participation à l'économie par la mise des services financiers à la disposition de ceux qui ne peuvent pas accéder aux prêts bancaires classiques». Pour ce faire, l'Agence américaine a mis à la disposition du Maroc une enveloppe de 15,5 millions de Dollars.
    Outre la mise en place d'Al Amana, ces ressources sont essentiellement destinées au financement des microentreprises. L'Association bénéficie au démarrage de l'assistance technique de VITA (Volunteers in Technical Assistance), une ONG américaine chargée de sa création et du lancement du projet dont la première phase (18 mois) devra être bouclée en janvier prochain.
    Suivra alors la deuxième phase prévue sur 4 autres années au terme desquelles VITA sera défi-nitivement suppléée par une équipe de l'Association. L'objectif des initiateurs du programme consiste en fait à mettre en place «une structure financièrement viable et capable de s'autogérer», rappelle M. Abderrahim Bouazza, écono-miste à l'USAID.

    Pour l'instant, les premières réalisations indiquent que VITA a bien pris la mesure du terrain. Al Amana vient d'ouvrir une troisième antenne à Marrakech, après Fès et Essaouira. D'autres antennes pourraient être installées sur d'autres villes d'ici la fin décembre. A fin juillet, l'Association avait financé 545 projets pour un montant de près de 1,5 million de Dirhams, note M. Jamal Dadi, responsable du projet Micro-Finance à l'USAID. Les concours sont individualisés. Ils sont cependant consentis à des groupes de solidarité composé de cinq personnes qui se garantissent mutuellement mais travaillant dans des domaines différents.

    Accès au crédit


    Au départ, Al Amana proposait des prêts allant de 1.000 à 3.000 DH. Cependant, «en raison de la différence des activités financées et du niveau des besoins, les responsables ont décidé, à la demande des porteurs de projets, de mettre en place des instruments mieux adaptés», explique M. Dadi. Outre la baisse du plancher à 500 DH, l'Association propose désor-mais deux variantes de prêts.
    Le premier, dénommé Tijari, est destiné aux personnes pouvant investir rapidement et réaliser un profit dans un bref délai. Il s'agit notamment de petits commerçants. Le crédit Tijari doit être remboursé à raison de 8 échéances de 2 semaines. Pour illustration: un prêt de 500 DH requiert un rem-boursement de 549. Ce montant comprend un prélèvement pour le Fonds de Solidarité de 2,5 DH, un prélèvement pour le Fonds de Garantie de 22,5 , 7 échéances de 70, une de 59, 17 d'intérêt et 32 de frais.
    Quand au prêt Hirafi, seconde variante, il s'adresse aux projets pour lesquels le retour sur investissement court sur une période plus longue.
    Le remboursement s'étale sur une période de 16 mois avec un différé de quatre semaines. Pour un emprunt de 500 DH, le rembourse-ment devra s'élever à 592 répartis entre le Fonds de Solidarité (2,5 DH), le Fonds de Garantie (22,5 DH), 16 échéances de 37 DH, les intérêts (28 DH) et les frais (64 DH).

    Il est souligné que les clients ayant normalement remboursé leur premier emprunt peuvent accéder à des prêts jusqu'à 5.000 DH.
    Al Amana applique le taux du marché pour tous les dossiers. La notion de taux est en fait peu importante pour ce genre de service, d'autant que les revenus d'un investissement peuvent, en un temps relativement court, couvrir très vite la mise initiale. Mieux, l'activité de financement permet de démocratiser un peu plus l'accès au crédit.
    Le microcrédit trouve son ferment dans la structure socio-économique même de la population. Les besoins sont encore énormes. Il s'agit toutefois pour les différents intervenants, association, donateurs et pouvoirs publics, de coordonner au mieux leur activité pour toucher le maximum de candidats.

    Alié Dior NDOUR

    (1) Voir L'Economiste N° 292 du 31 juillet 1997.

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