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    Economie

    Marrakech: La reprise bénéficie aux 4 étoiles

    Par L'Economiste | Edition N°:292 Le 07/08/1997 | Partager

    Si l'on en juge par les indicateurs des six premiers mois, la région semble retrouver des niveaux d'activité dignes des meilleures campagnes. Les 4 étoiles réalisent la meilleure opération avec près de 2/3 des nuitées. Reste à stabiliser des marges rongées par la surenchère tarifaire.


    Sur les six premiers mois de l'année, les chiffres de l'activité touristique sur Marrakech confirment la dynamique déjà perceptible au printemps. Ils confortent surtout les prévisions des opérateurs qui prédisaient un boom de la demande des séjours sur leur ville. Le Maroc étant surtout une destination d'hiver, les performances de Marrakech renseignent sur les tendances du secteur au plan national. La région enregistre une amélioration sensible de ses clignotants touristiques: +11,8% pour les arrivées tandis que l'occupation moyenne des hôtels gagne 4 points, à 45%.
    Au total, plus de 455.000 visiteurs ont séjourné dans le deuxième pôle touristique du pays, soit 11,8% de plus par rapport à la même période de 1996.
    Le regain de la demande des séjours est visible au départ des principaux marchés émetteurs, à savoir la France, l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne. Elle aura surtout bénéficié à l'hôtellerie 4 étoiles et, dans une moindre mesure, aux 5 étoiles. Sur ces deux segments se concentrent en effet 66% des arrivées et 62% des nuitées.

    La plus forte hausse est à mettre sur le compte du marché français, bastion traditionnel des opérateurs de Marrakech. Les Français arrivent en tête avec 41,5% de la demande et réalisent près d'une nuitée sur deux (47% du total). Les flux des vacanciers en provenance de l'Hexagone sont en augmentation de 11% et les nuitées de 7,75%.
    En deuxième position, on retrouve l'Allemagne avec 10% du flux de touristes et 9% des nuitées. Ils étaient près de 45.000 Germaniques à avoir visité Marrakech au cours du premier semestre, soit 9,3 % de plus qu'en 1996.
    A noter aussi le retour remarquable des touristes italiens, tout comme le maintien des Espagnols. Sur ces deux marchés, le volume des voyageurs progressent respectivement de 33 et 32%, alors que les nuitées enregistrent 26 et 43% d'augmentation.
    Quant à la clientèle des résidents, elle représente le cinquième du total et réalise 17,7% du total des nuitées. A noter l'exception de l'hôtel Atlas (filiale de la RAM), sa clientèle étant constituée majoritairement de résidents.

    Surenchère commerciale


    Cette reprise sur la région cache néanmoins une faiblesse de taille: l'excessive concentration de la clientèle sur la France. En mettant tous leurs oeufs dans un même panier, les opérateurs de la région prennent un grand risque. Ils se condamnent de facto à subir la conjoncture de leur principal pourvoyeur de touristes et encais-sent de plein fouet les répercus-sions du moindre retournement de conjoncture dans l'Hexagone. Cette focalisation des ventes sur un seul marché témoigne surtout de la frilosité des efforts d'ouverture à d'autres marchés, en dépit des discours officiels. Sur bien des marchés porteurs, tels que les Etats-Unis, le Bénélux, la Scandinavie ou la Suisse, la région réalise de piètres performances. A sa décharge, il est vrai, un produit (les séjours d'hiver) qui ne s'adresse qu'à 20% du marché. Alors que l'essentiel de la demande mondiale de voyages (80%) se dirige vers des stations balnéaires en été.
    Impressionnants aussi les scores de remplissage réalisés par l'hôtellerie. La plupart des établissements ont vu leur taux d'occupation sensiblement au-gmenter. En moyenne semestrielle, celui-ci s'élève à 45,01%, contre 41,42% , soit une progression de 4 points par rapport à l'année dernière.

    A souligner cependant qu'af-ficher une bonne occupation n'implique pas systématiquement un bon compte d'exploitation. "Tout dépend des tarifs auxquels les chambres sont vendues aux TO", explique un hôtelier. Pour avoir généralisé les discounts, bien des hôtels, y compris les plus grands, tout en affichant un excellent remplissage, présentent des comptes déficitaires.
    Globalement, on estime qu'une demi-pension en 4 étoiles revient entre 330 et 400 DH par jour en haute saison. Il n'est pas rare de la trouver à 250DH.
    La surenchère commerciale est arrivée à des situations telles que des 5 étoiles sont vendus moins cher que les 4 étoiles, voire en dessous du tarif club de vacances auprès des TO étrangers. Résultat: malgré une fréquentation en hausse, la marge, elle, évolue peu ou prou. Entre-temps, les banquiers, eux, guettent sur les échéances.

    Abashi SHAMAMBA

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