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    Economie

    Maroc-UE un an après : La nébuleuse du privé, l'avarice de l'UE

    Par L'Economiste | Edition N°:260 Le 26/12/1996 | Partager

    Le débat entre le Maroc et l'UE se poursuit sur la nature des nouvelles relations suite à l'accord d'association. Le secteur privé doit apprendre à préciser clairement ses demandes.


    «La globalisation est bien dans les esprits, mais c'est tout», a affirmé le Pr. Abdelali Benamour, lors du séminaire «Maroc-UE: Un an après» sous la présidence d'honneur de SAR le Prince Héritier Sidi Mohammed. (Ce séminaire a été organisé à la grande satisfaction du public le 19 décembre, par le Cercle d'Amitié Franco-Marocaine avec le soutien de la CGEM et de L'Economiste, à l'hôtel Tour Hassan et a été suivi d'un déjeuner offert gracieusement par KTH).
    Cette phrase résume assez bien l'état d'esprit des relations entre le Maroc et l'UE. A quelques jours de l'entrée en vigueur de l'accord d'association, le «pont vers le Sud, après la destruction du mur de l'Est», tant souhaité par M. Jacques Chirac, semble encore fragile. «En fait, depuis la chute du Mur de Berlin, la croissance des échanges entre l'Europe et le Maroc s'est atténuée», s'inquiète M. Mohamed Kabbaj, ministre des Finances et des Investissements Extérieurs. Pourtant, il est clair que des sentiments et des intérêts communs unissent les deux rives de la Méditerranée, avec en filigrane la crainte nouvelle de voir le Maroc s'éloigner de l'Europe. «Le Sud doit être une zone de stabilité et de croissance pour l'Europe», rappelle M. Kabbaj.

    Près d'un an après la signature de l'accord d'association, le débat reste toujours ouvert. «Depuis Barcelone, beaucoup de réunions ont eu lieu, un peu trop sans doute», indique M. Lucio Guerrato, ambassadeur de l'Union Européenne à Rabat. Globalement, le dialogue en Méditerranée progresse. En matière de coopération technique et financière, «ce sont avant tout les rapports bilatéraux qui primeront», précise-t-il. «Mais l'appel au fonds MEDA reste une course contre la montre où le premier arrivé est le premier servi», explique M. Guerrato à qui veut bien l'entendre.
    Il n'y a pas de recette miracle, pas plus que de doctrine d'intervention. La demande doit être exprimée d'une façon précise. C'est à ce niveau que se pose réellement le problème. Le secteur privé est une véritable «nébuleuse». «Comme bailleur de fonds, j'ai des difficultés à saisir ce qu'il veut», indique-t-il.
    De son côté, M. Kabbaj donne une vision new-look des relations entre l'UE et le Maroc. Un bilan interne mi-figue mi-raisin, mais jugé plutôt positif, et une Europe qui devrait revoir sa conception des relations. Pour cela, M. Kabbaj formule six propositions.

    La première, plutôt timide après les réactions européennes, concerne «une augmentation du soutien de l'UE conformément aux promesses effectuées». L'aide ne représente actuellement que 5,5 Écus par an et par habitant. Cette augmentation est nécessaire si «l'on veut être efficace et aller vite». M. Guerrato rétorque que cette aide est passée de 440 à 450 millions d'Écus, mais l'intégration du Maroc est conditionnée avant tout par une croissance économique interne soutenue. Le débat stérile qui s'est installé entre l'UE et le Maroc sur le montant de l'aide se poursuit mais d'une manière plus atténuée.
    Le ministre estime que l'intervention de la BEI demeure plutôt «conservatrice». «Elle se situe actuellement à 700 millions d'Écus, niveau plus bas que celui prévu initialement». Il souhaite donc que l'aide de la BEI soit revue.
    Difficile d'envisager le libre-échange sans lever les restrictions agricoles. M. Guerrato fait la sourde oreille à cette troisième proposition.

    La quatrième proposition concerne l'encouragement aux investissements au Maroc. «Le partenariat demeure une finalité et non un moyen», rétorque M. Guerrato. Le ministre souhaite également voir transformer certains domaines de désaccord en centres de coopération. «Dans l'agriculture comme dans la pêche par exemple, il faut commencer à réfléchir en terme de coopération et non de conflit», souligne M. Kabbaj.
    La dernière proposition vise à faire de la dette, près de 9 milliards de Dollars, un ressort pour la coopération et l'investissement au Maroc.

    Fatima MOSSADAQ.

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