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    Politique

    Maroc-Espagne: Le Parlement veut une révision des relations avec Madrid

    Par L'Economiste | Edition N°:3418 Le 06/12/2010 | Partager

    . Députés et conseillers l’ont réclamée à l’unanimité. Des responsables espagnols tentent de faire baisser la tension Les deux chambres du Parlement ont appelé le gouvernement à procéder à une réévaluation globale des relations maroco-espagnoles. La Chambre des représentants, réunie vendredi en début de soirée, et la Chambre des conseillers, qui a tenu une réunion similaire samedi, ont suivi en cela l’appel du gouvernement énoncé jeudi par Khalid Naciri, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, estimant que «les circonstances requièrent une réévaluation de l’ensemble des relations entre le Maroc et l’Espagne dans tous les domaines». Estimant que la motion de la Chambre basse du Parlement espagnol, adoptée jeudi matin, entre dans le cadre de manœuvres et de complots visant le Royaume du Maroc, le Parlement marocain est entré en ligne. Il «appelle instamment le gouvernement à procéder, dans les plus brefs délais, à une révision et à une réévaluation globale des relations maroco-espagnoles, et avec l'ensemble des institutions à tous les niveaux, politique, économique, sécuritaire, social et culturel».Le ton adopté par les deux chambres est on ne peut plus clair. Les déclarations de hauts responsables dans le gouvernement espagnol ne sont donc pas arrivés à atténuer des tensions qui sont de plus en plus aiguës entre Rabat et Madrid. La ministre espagnole des Affaires étrangères, Trinidad Jiménez, a, en effet, affirmé vendredi que les gouvernements espagnol et marocain entretiennent «une relation permanente et continue». «Je dois dire que je représente l'exécutif espagnol et c'est dans ce sens que j'entretiens avec le gouvernement marocain une relation permanente et continue, cherchant toujours à surmonter toutes les situations qui se présentent», a-t-elle déclaré. Pour sa part, le ministre espagnol de la Présidence, Ramon Jauregui, a affirmé que le gouvernement espagnol continuera d'oeuvrer pour le maintien des relations «excellentes» avec le Maroc. Les «relations privilégiées» unissant l'Espagne et le Maroc sont bénéfiques pour les deux pays, dans la mesure où elles permettent de résoudre les problèmes conjoints, a ajouté Jauregui. Il a insisté sur le fait que l'exécutif espagnol «tient beaucoup» au maintien de l'état actuel des relations entre le Maroc et l'Espagne, ajoutant que son pays «n'a aucune intention de créer un conflit» avec le Royaume. Il n’a pas non plus oublié de mettre en exergue l'importance au niveau international de l'espace géopolitique partagé par l'Espagne et le Maroc. Evoquant la question du Sahara, Jauregui a souligné que la solution à ce conflit doit être «durable et sous les auspices de l'Organisation des Nations unies».Seulement, ces déclarations de bonne intention, aussi sincères soient-elle, n’ont pas atténué d’un iota le mécontentement qui s’est installé chez les représentants de la Nation. Ils ont d’ailleurs exhorté le gouvernement «à prendre toutes les mesures nécessaires pour aller de l'avant dans le processus de recouvrement de l'intégrité territoriale du Royaume du Maroc et la récupération des villes de Sebta et de Melilia et des Iles Jaâfarines occupées». Certes, cette revendication ne date pas d’hier, mais c’est, peut-être, la première fois que le Parlement demande officiellement au gouvernement, après les deux séances plénières de ses deux chambres, d’activer encore plus le processus pour la récupération de ces territoires.L'Espagne doit se rendre compte, et aujourd’hui plus que jamais, que la réévaluation globale des relations avec le Maroc aura des retombées néfastes sur toute la région de la Méditerranée. En suivant la motion adoptée par la deuxième chambre de son Parlement appelant à «privilégier» les relations avec un Etat fantoche (Rasd), au lieu de les consolider avec un Etat de droit, séculaire et stable, le gouvernement espagnol fera preuve d’un manque caractérisé de lucidité politique et stratégique. Certes, l’on n’en est pas encore là, mais les prémices d’un tel revirement sont apparentes. Les députés du Parti populaire espagnol (PPE) et leurs pairs du Parti socialiste (PSOE), qui dirige le gouvernement, ne sont-ils donc pas conscients des dangers qui menacent la région et qui ont pour noms terrorisme, crime organisé, trafic de drogue et d’êtres humains… Il est établi, et cela on le sait, depuis belle lurette que le PPE tente de monter certains milieux sociaux et politiques espagnols contre le. D’ailleurs, Rabat ne manque pas de souligner la responsabilité particulière du PPE dans le revirement de la position de certains milieux sociaux et politiques espagnols qui se sont transformés en des adversaires directs et farouches du Royaume. Pour quelles raisons et dans quels desseins? Les raisons ne peuvent avoir pour cause que les penchants coloniaux hérités du passé. Les desseins ont, quant à eux, un objectif étroitement lié aux raisons: imposer la tutelle sur une région que le Maroc a libérée de l'occupation espagnole. Tiens, donc, ce n’est plus seulement l’Algérie mais aussi l’Espagne qui veut un pied dans le Sahara marocain. Drôle de bon voisinage! En effet, en oubliant les efforts constructifs déployés par Rabat pour développer les relations de coopération et de partenariat avec Madrid, conformément aux dispositions du Traité d'amitié et de bon voisinage de 1991, dans un climat de confiance et de respect réciproques, les députés espagnols cultivent un esprit d'animosité que certains n’hésitent pas à qualifier de «morophobie». Les partis politiques espagnols ont-ils donc oublié qu’ils n’ont pas le droit, que ce soit en vertu du droit international, des conventions bilatérales, des standards démocratiques ou d'autres motifs, de s'ingérer dans les affaires d’un Etat souverain?.


    Suspendre la coopération

    Tous les groupes parlementaires ont appelé le gouvernement à la suspension de tous les programmes de coopération conjointe avec l'Espagne dans les domaines de l'immigration clandestine et de lutte contre le trafic de drogue et le terrorisme. L'approche colonialiste de l'Espagne demeure présente avec force, notent-ils, malgré le fait que le Maroc ait fait de ce pays un partenaire privilégié et a toujours considéré que le partenariat avec le voisin du Nord est absolument nécessaire et que le niveau de ce partenariat doit évoluer en permanence.L'Espagne est «la partie perdante» lorsqu'elle est hostile au Maroc, avancent-ils, ajoutant que Madrid est le premier bénéficiaire de la coopération économique avec le Royaume.Jamal Eddine HERRADI

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