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    Politique

    Maroc-Espagne: Fin de l’orage?

    Par L'Economiste | Edition N°:3346 Le 24/08/2010 | Partager

    . Long tête-à-tête entre les deux ministres de l’Intérieur . Premier contact bilatéral direct et officielFini les zones de turbulences pour le Maroc-Espagne? Le déplacement de Alfredo Perez Rubalcaba, ministre espagnol de l’Intérieur, à Rabat, hier, est destiné à remettre dans la normalité les relations entre les pays. La rencontre des deux ministres, qui avait démarré par un long tête-à-tête, sera suivie par une réunion élargie aux autres responsables sécuritaires. L’ordre du jour était chargé: terrorisme, migration illégale, trafic de drogue et les questions d’intérêts communs. D’ailleurs, ce rendez-vous a été préparé par une séance de travail entre les services de sécurité des deux pays une semaine auparavant.A l’heure où nous mettions sous presse, la réunion n’était pas terminée. De toute façon, aucune conférence de presse conjointe n’était programmée. Cependant, Rubalcaba devrait rencontrer les médias espagnols à l’ambassade de son pays. Côté marocain, on se limiterait à un communiqué laconique. En attendant, force est de constater que les relations dans le couple Maroc-Espagne sont passionnelles. Il y a encore moins de quinze jours, on avait frôlé la rupture diplomatique. Le Maroc avait protesté à plusieurs reprises contre l’agression de plusieurs ressortissants marocains en transit, via Melilia, par la police espagnole. Autre point sombre au tableau, l’abandon de 8 émigrés subsahariens en détresse au large des côtes marocaines. Face à ce que Rabat qualifie de «dérives racistes», celle-ci avait appelé l’Espagne à fournir des réponses précises. Dans un premier temps, Madrid avait opté pour le silence radio, avant la réaction du chef du gouvernement. Mais, c’est l’intervention des deux souverains qui a permis de remettre de l’ordre dans la maison commune. Donc place au dialogue. La visite de Rubalcaba est aussi une prise de contact avec son homologue marocain qui a été nommé à ce poste il y a à peine quelques mois. Taïeb Cherkaoui est en effet ministre de l’Intérieur depuis janvier dernier, un département sensible où les relations personnelles sont décisives pour traiter certains dossiers avec les capitales qui comptent pour le Maroc. Avec Rubalcaba, c’est le premier contact bilatéral direct et officiel. Des relations personnelles qui devront rendre fluides les contacts au plus haut niveau, sans passer par les canaux diplomatiques ou les services concernés. Les sujets de préoccupation et de réaction au quotidien ne manquent pas pour les deux ministres-clés dans les relations entre le Maroc et l’Espagne. D’autant que Rubalcaba est un homme politique de premier plan dans le gouvernement de Jose Luis Rodrigues Zapatero dont il a l’oreille.


    Chronologie des incidents
    16 juillet: Cinq citoyens marocains résidant en Belgique sont «violentés physiquement» par les forces de l’ordre espagnoles, au poste-frontière de Béni Nsar. «Les policiers espagnols ayant constaté qu’ils avaient dans leur voiture un drapeau national marocain». Rabat a dénoncé dans un communiqué ces «dépassements graves et contraires à toutes les règles de déontologie et d’éthique», tout Marocain ayant le droit de détenir et de se déplacer avec l’étendard national vers son lieu de résidence. 29 juillet: Karim Lagdaf, un Marocain accompagné de sa mère, aurait subi «des violences» au poste-frontière à Melilia.Le 2 août: «l’incident de la sardine»: Rabat exprime sa forte indignation en dénonçant «le recours à la violence physique» contre Mostapha Bellahcen, un étudiant franco-marocain de 30 ans battu par des policiers espagnols alors qu’il tentait d’introduire 1,5 kg de poisson à Melilia.6 août: Rabat met en cause les garde-côtes espagnoles pour avoir abandonné huit Subsahariens en état critique dans une barque au large de Melilia. Sauvés par les garde-côtes marocains, la presse marocaine publie des photos des victimes soignées à l’hôpital de la province M’Diq-Fnideq. 7 août: un nouveau communiqué du Maroc condamne des violences subies dans la nuit du 4 au 5 août par Ibrahim Abana «giflé en dehors de la ligne de démarcation à la frontière», il aurait ensuite véritablement été passé à tabac. Le même jour, Mohamed Hamdaoui, résidant à Nador, aurait également été «matraqué, laissé avec une fracture au bras et plusieurs bleus» . 12 août: des militants marocains bloquent l’entrée de produits frais -poisson, fruits et légumes- à Melilia, en protestation contre les abus de la police espagnole.18 août: - les militants renoncent à reconduire le blocage de marchandises, s’engageant à respecter une trêve et à laisser passer les camions jusqu’à la fin du Ramadan, pour permettre aux musulmans de Melilia de jeûner sans encombre.- l’ancien chef du gouvernement conservateur José Maria Aznar effectue une visite à Melilia, déclarant aux médias espagnols que l’enclave est «à l’abandon» face à un «harcèlement» du Maroc et apportant son «soutien» à la population de l’enclave.21 août: une nouvelle agression à l’intérieur de l’enclave de deux jeunes Marocains Afodadi Mostafa et Bouzarda Ahmed, par la garde civile espagnole. Ils auraient été victimes d’«insultes racistes, violences physiques et vol».23 août: le ministre espagnol de l’Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba est en visite à Rabat pour y rencontrer son homologue marocain Taïeb CherkaouiM. C.
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