×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Maroc-Argentine: A la recherche d'un second souffle

    Par L'Economiste | Edition N°:298 Le 02/10/1997 | Partager

    Les relations commerciales maroco-argentines sont encore très faibles. Une délégation commerciale argentine vient de séjourner au Maroc pour les sortir de la léthargie. Beaucoup d'intention en attendant les gros contrats.


    Du point de vue des relations économiques, tout est encore à faire entre le Maroc et l'Argentine. A fin 1996, les échanges commerciaux entre les deux pays s'établissaient à 1,3 milliard de DH, soit moins de 1% du commerce extérieur marocain. Au total, le Maroc avait réalisé un chiffre d'affaires de 135 millions de DH sur le «pays des Gauchos» et en importait pour un montant de près de 1,2 milliard de DH. Les achats sont surtout dominés par les produits d'origine végétale et animale, entre autres du maïs, du blé, de la viande et des huiles. Ils concernent également quelques équipements industriels. L'offre marocaine était, quant à elle, constituée, pour l'essentiel, de produits chimiques (engrais) et de conserves de poissons et de légumes.
    Faible volume, peu de diversification: le niveau de développement des deux pays et la distance qui les sépare n'expliquent pas tout. L'atonie des échanges peut surtout être interprétée comme la résultante d'une insuffisante prise de conscience du potentiel dont ils disposent. La dernière visite au Maroc de M. Carlos Menem, président de la République d'Argentine a «sonné le réveil». Ce pas politique vient d'être suivi par une démarche purement économique qui s'est traduite par la visite, dans le pays, d'une importante délégation commerciale argentine conduite par M. Antonio Seward, sous-secrétaire d'Etat aux Relations Economiques Bilatérales. Outre les rencontres officielles, cette délégation, dont quelques membres ont prolongé leur séjour jusqu'au 30 septembre, a tenu des séances de travail avec la CGEM (Confédération Générale des Entreprises du Maroc).

    L'objectif est clair: sortir les relations commerciales de la léthargie. Ces réunions devraient également permettre de trouver les moyens de «combler ou réduire le déficit commercial du Maroc vis-à-vis de l'Argentine», a souligné M. Jorge Arguindegui qui représentait la Chambre de Commerce d'Argentine dans cette délégation. En effet, précise M. Martin Vigier de Centenary SA, une société de négoce international, «notre souci n'est pas seulement de vendre, mais de chercher des produits qui intéressent le consommateur argentin» . Et de poursuivre: «J'encourage nos partenaires marocains à venir nous rendre visite pour mieux identifier les opportunités».

    Tremplin vers le Mercosur


    A ce jour les phosphates et l'huile d'olive intéressent particulièrement les hommes d'affaires argentins qui proposent en retour des pièces détachées, des produits sidérurgiques. L'offre englobe également les infrastructures portuaires et le génie-civil.
    Pour le volet coopération, l'Argentine met en avant son expérience en matière de privatisation et dans le domaine bancaire.
    Dans les faits, aucun gros contrat n'a été signé au cours de la visite. De même, les perspectives d'échange sont plus portées sur le commerce pur. Les investissements directs dans le secteur productif ne sont pas encore à l'ordre du jour. Pour M. Vigier, «les relations économiques doivent être envisagées dans une optique de long terme», soulignant au passage, «nous sommes en train de semer, et la récolte viendra ensuite». Il faut espérer que les deux parties dépassent effectivement le stade des comités mixtes souvent inertes et l'euphorie des lendemains de voyages d'affaires. M. Arguindegui est toutefois très optimiste. Il fait remarquer que «la conjugaison de deux éléments, les bonnes relations politiques et la globalisation vont permettre d'améliorer les échanges». A son avis, les deux pays sont obligés d'entreprendre la diversification de leurs partenaires en raison de la globalisation. Dans cette optique, le Maroc et l'Argentine constituent l'un pour l'autre «un tremplin vers le Maghreb et le Mercosur». Avec 300 millions de consommateurs, cette zone de libre-échange, formée de pays émergents, peut constituer un intéressant débouché pour le Maroc. Reste à définir une stratégie bien ciblée pour y mettre solidement pied. C'est là une autre paire de manches.

    Alié Dior NDOUR

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc