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    Economie

    Maîtrise de l'énergie : Le GEM fait des petits

    Par L'Economiste | Edition N°:237 Le 04/07/1996 | Partager


    Touchant à sa fin, le projet GEM prépare sa succession. Le marché de la maîtrise de l'énergie est encore jeune et a du mal à percer. C'est d'ailleurs un reproche qui est fait au projet. La nécessité de mise à niveau des entreprises devrait stimuler la demande.


    Le projet GEM (gestion de l'énergie dans les entreprises marocaines) meurt, après avoir donné naissance à de "petits GEM" dont GEMTECH. Initié en 1989 par l'Agence Américaine pour le Développement International (USAID), avec le Ministère de l'Energie et des Mines, le projet touche à sa fin. Un séminaire sur "la maîtrise de l'énergie dans les secteurs public et privé: l'émergence d'un marché", organisé les 25, 26 et 27 juin, tout en sensibilisant les opérateurs à cette question, devait permettre de faire le bilan du projet. Un bilan fortement controversé par l'Association Marocaine de la Gestion de l'Energie (AMGE) qui estime que les résultats sur le terrain sont insignifiants par rapport au budget de 10 millions de Dollars alloué à ce projet.

    Les promoteurs, de leur côté, affirment qu'ils ont entrepris "une série d'actions ayant eu un impact aussi bien sur la demande que sur l'offre au niveau de ce marché".

    55 audits dans l'industrie


    Côté demande, depuis son lancement, le projet a conduit des actions de communication et de sensibilisation sur la maîtrise de l'énergie aussi bien auprès des secteurs public que privé. Il a également permis le développement de l'assistance technique à travers des audits, des opérations de réglage de chaudières, des opérations d'optimisation de la redevance électrique...
    Côté offre, les activités se sont surtout orientées vers la formation.

    En se proposant de développer et de renforcer l'expertise marocaine, principalement avec les sociétés de conseil et d'ingénierie, "le projet s'est concentré tout d'abord sur trois secteurs cibles, l'agro-industrie, les matériaux de construction et les hôtels, auxquels il ne s'est pas limité".

    En termes de résultats, 55 audits couvrant tous les secteurs de l'industrie ont été réalisés. Le gain total est estimé à 105 millions de DH. A cela s'ajoutent de nombreuses opérations de réglage de chaudières qui ont abouti à une économie annuelle en combustible de 4 millions de DH.

    A titre d'exemple, de 1989 à 1995, le projet GEM a réalisé 17 audits énergétiques dans les hôtels. "L'énergie et l'eau représentent le 3ème poste de dépenses au niveau de l'hôtellerie. Le total des gains sur la facture énergie et eau est de 7,6 millions de DH/an. Le besoin en investissement moyen par hôtel est de 400.000DH pour un temps de retour d'un an", souligne M. Saïd Guemra, intervenant au séminaire.

    Manque de crédit


    Le principal objectif de la survie latente de ce projet demeure la création d'un marché pour les services de maîtrise de l'énergie et pour les équipements à haute efficacité énergétique. "Il faudra s'attendre à l'émergence d'un marché qui est actuellement à ses débuts. Il a besoin d'être stimulé", souligne M. Gilbert Richard, chef de mission du projet GEM. La création d'un tel marché garantirait la pérennité du projet.

    Hormis la survie du projet, un marché potentiel favoriserait l'arrivée d'entreprises privées sur ce créneau. L'ONE, d'ailleurs dans le cadre de sa restructuration, s'intéresse à cette activité, entraînant une vague de protestations de la part des "successeurs" du projet. Montré du doigt lors du séminaire, l'Office a rappelé que les audits d'électricité qu'il opérait n'avaient pas pour objectif de concurrencer le secteur privé. "En outre, il encourage les entreprises à effectuer des audits énergétiques, d'autant plus nécessaires qu'elles doivent contribuer à leurs mises à niveau", explique M. Oussama Oudghiri, directeur marketing à l'Office.

    En fait, lors des audits effectués par le projet GEM, des obstacles au développement de ce marché ont été recensés, donnant lieu à une série de recommandations. Ces obstacles ont été groupés en 3 catégories: techniques, financiers et structurels.

    Les barrières techniques concernent l'insuffisance de disponibilité des équipements d'économie d'énergie sur le marché marocain.

    Les barrières financières sont le manque de disponibilité de crédit pour les PME et les droits de douane élevés sur les équipements énergétiques.

    Enfin, les barrières structurelles sont constituées par une mentalité encore récalcitrante des entreprises. Durant les périodes de délestages, celles-ci ont préféré s'équiper en groupes électrogènes plutôt que de réaliser des projets d'économie d'énergie. L'énergie représente 6 à 16% des coûts de production dans la plupart des entreprises auditées. Les marges bénéficiaires sont élevées et les entreprises préfèrent investir dans l'extension de leur capacité de production plutôt que de s'attaquer aux problèmes de consommation énergétique.

    Fatima MOSSADAQ.


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