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    M Luc de Wulf, économiste principal à la Banque Mondiale : Marché financier: Une vision très optimiste pour l'an 2000

    Par L'Economiste | Edition N°:237 Le 04/07/1996 | Partager


    M. Luc de Wulf développe une analyse très optimiste pour le secteur financier à l'an 2000. Il s'agit, selon son expression, d'une "vision" tirée de l'observation d'autres pays émergents. Le détail de sa pensée.


    Doté d'une solide expérience des marchés des capitaux, M. Luc de Wulf semble être plus optimiste que les concepteurs de la réforme financière. L'espoir de voir naître en l'an 2000 une place financière dynamique et efficiente est basée sur l'observation des pays émergents qui étaient au même stade que le Maroc aux cours des dernières années. Il estime que des éléments prometteurs se font jour: les réformes sont en cours et il existe "une plus grande conscience dans la prise de décision aussi bien au niveau du public que du privé". Mieux, les équilibres macro-économiques se maintiennent et la reprise s'annonce au niveau mondial. Sa "vision" est consignée en 10 points.

    1- A l'an 2000, le taux d'épargne domestique passera de 16% actuellement à 25%. Les entreprises auront un financement diversifié. Les investissements directs évolueront de 2% du PIB à 4%. Ce sont des niveaux qui sont réalisés dans les pays émergents. Il estime toutefois qu'il faudra encourager le système de concession avec à l'appui un environnement institutionnel approprié.

    2- Les investissements en portefeuille atteindront 80% de la capitalisation boursière.

    3- Cette capitalisation avoisinera 40% du PIB pour un montant total de 180 milliards de Dirhams, à la condition que le privé fasse preuve d'audace face à la transparence. De 50 entreprises cotées actuellement, la bourse devrait enregistrer entre 150 à 200 en l'an 2000.

    Les caisses de retraite


    4- Le financement non garanti par l'Etat sera beaucoup plus important. Les obligations devraient constituer 30 à 40% des ressources des grandes entreprises. Il y aura un peu plus de grandes entreprises et un peu moins de petites. Le marché hypothécaire devrait par ailleurs être actif dans cinq ans.

    5- Un marché monétaire (marché secondaire des Bons du trésor et marché des titres de créances négociables) vivant est attendu. Ce qui permettra au privé d'avoir des ressources moins chères et au Trésor de financer son déficit de façon beaucoup plus économique.

    6- M. de Wulf s'attend à ce que les investisseurs institutionnels participent beaucoup plus activement à la mobilisation de l'épargne. Il souligne toutefois que la CNSS et la CMR doivent rapidement être restructurées. Au passage, il rappelle qu'il est conscient que la CMR ne dispose pas de réserve(1). La CNSS en revanche en a. Ces réserves doivent cependant être éclatées en deux: celles qui sont dues à la caisse de retraite et celles relevant de la caisse d'allocations familiales. Toutes les deux disposent de ressources mais le paiement des pensions est plus élevé que les recettes. Par conséquent, les disponibilités sont en train de s'épuiser. La réforme est nécessaire pour rendre possible la continuité du paiement des pensions, mais aussi pour utiliser efficacement ces réserves. A cet effet, il considère que le Trésor doit se dégager de ces ressources captives dont il profite via la CDG, "un constat qui n'est pas nouveau", souligne-t-il.

    M. de Wulf fait noter que "le problème doit être réglé avec beaucoup de diligence" . Et d'ajouter: "ce n'est pas seulement une question de financement, mais il s'agit d'assurer aux fonctionnaires une pension qui leur permet de vivre et non de vivoter" . Pour lui, le salaire doit être évalué de manière raisonnable. Explication: une grande partie du revenu des fonctionnaires est distribuée sous forme d'avantages sur lesquels il n'y a pas de contribution. Il faudra essayer de les intégrer dans les salaires de base sur lesquels les versements à la CMR sont assis.

    Les assurances devraient aussi bénéficier de la liberté des prix. Le rôle des OPCVM devrait augmenter. En six mois il ont mobilisé 1 milliard, ils pourront en collecter 15 en l'an 2000.

    7- Le développement de la Caisse d'épargne est prévu. Elle mobilise 24% de l'épargne en Espagne. Le Maroc doit pouvoir atteindre ce score, indique-t-il.

    8- Les banques d'affaires vont s'installer. Il devraient y avoir plusieurs pour conseiller les entreprises et les aider à trouver des financements.

    9- Les banques étrangères auront aussi leur place. Elles ont été dynamiques sur les autres places financières. Elles amèneront de nouveaux produits et de nouvelles techniques de gestion.

    10- En l'an 2000, il y aura un marché des capitaux ouvert qui permettra aux Marocains de choisir entre l'investissement local et les placements à l'étranger. Cette situation imposera plus de discipline aux décideurs. Ils devront assurer une politique macro-économique qui donne confiance aux investisseurs.
    Pour réaliser ces performances, il faut une transparence dans l'information. "Elle ne doit pas être dominée par les rumeurs", précise M. de Wulf.

    Alié Dior NDOUR



    (1) Un malentendu avait fait croire au cours de son exposé qu'il avait cité la CIMR.

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