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    Politique Internationale

    L'Orchestre Philharmonique a pris de l'assurance

    Par L'Economiste | Edition N°:310 Le 25/12/1997 | Partager

    A pas tout à fait un an, l'Orchestre Philharmonique du Maroc a déjà pris de la bouteille. Il a été tout simplement magistral avec Tschaïkowsky et brillant avec Offenbach.


    Créé depuis à peine une année, l'Orchestre Philharmonique du Maroc vient d'offrir deux concerts publics de musique classique les 17 et 18 décembre, précédés d'un troisième, le 16 décembre à Casablanca, mais qui n'était pas ouvert au grand public. Au programme, les musiciens ont présenté les pièces de Mozart, Mendelssohn, Verdi, Tschaï-kowsky, Grieg et Offenbach.
    L'objectif de l'Orchestre et des ses sponsors est de rapprocher ce type de musique, réputée difficile, voire "barbante", de l'oreille marocaine, en pariant sur la "magie de l'orchestre". Il s'agit en fait de faire goûter la grande différence entre écouter un enregistrement et aller au concert. A tous les coups, la magie fonctionne. Elle a fonctionné: il y avait beaucoup plus de monde à la deuxième série de concerts qu'à la première, il y a quelques mois. En outre, les musiciens ne sont pas le moins du monde des snobs qui voudraient garder leur musique pour une petite élite. Au contraire, ils savent attirer avec des "solutions musicales simples et faciles à l'écoute", indique M. Jean-Charles Biondi, chef d'orchestre. En clair, ils choisissent des morceaux qui sont déjà familiers des oreilles marocaines. Tout le monde les a déjà entendus, à la radio, chez lui, et même dans les magasins. Cette familiarité permet d'entrer plus facilement dans l'espace coloré de la musique, de ressentir plus profondément les émotions que provoquent les sons. A partir de cette base familière, la magie de l'orchestre fonctionne à plein. A partir de là, venir une fois au concert, c'est y revenir toujours.

    Pour M. Fouad Bensaïd, président de l'orchestre, le Maroc doit disposer au même titre que d'autres pays du monde d'un orchestre au vrai sens du terme. L'ouverture et la mise à niveau économique passent également par une ouverture culturelle, explique-t-il.
    Pour constituer cet orchestre, il fallait recruter des musiciens valables. Des examens ont été alors lancés. Les candidats devaient présenter des symphonies "derrière les rideaux". De l'autre côté, les juges attribuaient des notes sans connaître les interprètes. Ceci afin d'éviter d'influencer les membres du jury.

    80 musiciens


    L'orchestre est composé aujourd'hui de plus de 80 musiciens assistés par une dizaine de techniciens. Ces musiciens ne sont pas exclusivement attachés à l'orchestre. Donc il faut bien les inciter à participer aux séances de répétition et aux différents concerts, note M. Bensaïd. Un système de rémunération motivant a été alors mis en place. De même, un cadre réglementaire et disciplinaire a été instauré.
    Les fondateurs de l'orchestre ont fait appel aux sponsors. Ils ont pu avoir comme partenaires officiels six grandes entreprises (2M, Groupe Afriquia, Crédit du Maroc, L'Economiste, Mondial Assistance et Royal Air Maroc). Ces dernières contribuent à travers des participations financières ou des aides en nature (billets d'avion pour invités étrangers, insertions publicitaires, conception publicitaire, frais d'impression...). Pour sa part l'orchestre s'engage à mettre en valeur les logos des sponsors sur les affiches et sur les lieux des concerts. Par ailleurs, l'Association bénéficie de l'aide d'une trentaine d'autres entreprises. Les recettes de billetteries , quant à elles, ne représentent que 20% du budget. L'orchestre fait aussi appel à des entreprises qui l'aident plus ponctuellement. Compte tenu des résultats obtenus lors de la dernière série de concerts, l'orchestre mérite d'être davantage soutenu: il est en passe de devenir brillant. Il a pris de l'assurance au fur et à mesure que sa maîtrise du travail commun s'est accrue.

    De manière inattendue, c'est sur des morceaux contenant des passages techniquement difficiles, comme le Capricio Italien, Tschaïkowski, que l'orchestre et son chef ont donné la mesure de leur progrès.
    Ils ont été splendides, ciselant et mettant en relief le moindre détail. Ils ont été brillants dans Orphée aux enfers (plus connu sous le nom du Cancan de Paris) de Offenbach. Morceau archi-couru, archi-entendu, le piège était d'en donner une interprétation banale. C'est justement ce qu'ils ont brillamment évité et réinventé le plaisir de l'oreille.

    Hicham RAÏQ & Nadia SALAH

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