Economie

L'OMC parvient à un compromis agricole

Par L'Economiste | Edition N°:2174 Le 19/12/2005 | Partager

. Les pays développés importeront sans droits de douane. Elimination des subventions à l’exportation fin 2013 Les pays les moins développés ont-ils obtenu gain de cause à la réunion de Hong Kong de la conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (du 13 au 18 décembre 2005)? Le texte de compromis proposé, hier dimanche, aux participants le laisse croire. Il engage, en effet, «les pays développés à importer sans droits de douane ni contingent jusqu’à 97% des produits des pays les moins avancés (PMA) à partir de 2008». Au dernier jour de leur réunion, les membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) se rapprochaient donc d’un compromis sur une avancée dans la libéralisation des échanges et un soutien aux pays les plus pauvres. Le projet d’accord devait être examiné dans la soirée par les négociateurs des 149 pays membres, qui pouvaient l’amender.C’est donc un nouveau projet d’accord qui a été mis sur la table par l’Organisation mondiale pour réduire les subventions agricoles des pays riches qui pénalisent les producteurs du Sud. Elle propose ainsi l’élimination des subventions à l’exportation fin 2013, date que l’Union européenne s’est dite prête à négocier. Les pays émergents du G20, par la voix du chef de la diplomatie brésilienne, Celso Amorim, déclarent accepter ce compromis. «En tant que coordinateur du G20, je suis autorisé à accepter le document sur l’agriculture tel qu’il est», a affirmé Amorim.Le compromis a fait l’objet d’âpres négociations depuis mardi dernier, jour d’ouverture de la conférence. Il vise à permettre aux 49 pays les plus pauvres de participer plus activement au système commercial mondial, où leur part de marché n’est aujourd’hui que de 1%. Cependant, certains pays développés ont souhaité maintenir des «garde-fous» pour protéger des produits sensibles. Les Etats-Unis, par exemple, veulent protéger leurs importations de textile du Bangladesh ou du Cambodge, alors que le Japon tient à limiter ses importations de riz, taxées actuellement à plus de 700%. Le texte de compromis leur permet de protéger pas moins de 150 produits.Lors des consultations dans le cadre de cette 6e Conférence ministérielle de l’OMC, le ministre du Commerce extérieur, Mustapha Mechahouri, a exhorté les membres «à converger vers des positions communes, à trouver des compromis qui permettraient l’aboutissement du cycle de Doha et à placer les questions de développement au centre de tous les débats». «Il appartenait aux membres de l’OMC de saisir l’occasion de la conférence de Hong Kong pour accélérer la libéralisation, ainsi que l’accès aux marchés relatifs au secteur agricole, aux produits industriels non  agricoles et au secteur des services», a souligné le ministre. Les négociations du cycle de Doha, rappelons-le, ont été lancées en 2001 et doivent  traiter notamment des questions liées à l’agriculture, aux  produits industriels et aux services. Elles achoppent actuellement, surtout, sur les subventions agricoles.  Le Maroc appelle à une dimension de développement opérationnelle à travers une asymétrie sur tous les aspects des négociations notamment en matière de réductions tarifaires  entre pays développés et pays en développement, a dit le ministre. Il a également réitéré l’attachement du Royaume au système commercial multilatéral et aux principes de l’Accord de Marrakech instituant l’OMC, qui demeurent «le référentiel de la politique commerciale marocaine». Le Maroc reste aussi attaché au respect des engagements contractés au cours de la 4e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale visant à traiter l’ensemble du Programme de travail de Doha sous une approche globale et équilibrée, qui reflète les intérêts légitimes de l’ensemble des membres et qui intègre la dimension «développement» comme élément fondamental.Concernant le volet agricole, Mustapha Mechahouri a indiqué que «le Maroc apprécie fortement l’ampleur des efforts fournis par les membres de l’OMC pour le renforcement des échanges agricoles». Renforcement qui se fera par le biais notamment de l’amélioration de l’ensemble des conditions d’accès aux marchés, le retrait de toutes les formes de subventions à l’exportation et la mise en place d’un système de soutien interne réduisant les effets de distorsion au commerce. Le Royaume demeure, en outre, favorable à l’utilisation d’une approche de réduction tarifaire basée sur une formule non linéaire s’agissant de l’accès aux marchés des produits non agricoles. Formule qui permettra la distinction entre membres développés et membres en développement ainsi que la consolidation de la prévisibilité de l’environnement commercial.Accès aux marchés également pour les secteurs et modes de fourniture de services revêtant un intérêt pour les pays en voie de développement (PED). Le ministre du Commerce extérieur a estimé que le principe du traitement spécial et différencié doit être pris en considération en vue de permettre la participation croissante des PED au commerce mondial des services.Reste cependant à définir un échéancier. Ce dernier est appelé à donner davantage de visibilité sur les travaux de l’année prochaine et de cadrer dans le temps les objectifs escomptés pour conclure le programme de travail de Doha, avant la fin de l’année 2006.Jamal Eddine HERRADI

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