×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    L'ODI "squatté"

    Par L'Economiste | Edition N°:1 Le 31/10/1991 | Partager

    “L'Administration traite plus mal ses salariés que ne le fait le privé”. Tel était cette semaine le commentaire, à Casablanca, sur les péripéties vécues par le personnel de l'ODI, à Rabat. L'Office pour le Développement Industriel vient en effet d'être rattaché au nouveau ministère chargé des investissements La décision a été prise au cours du week-end du 20 Octobre, mais n'a pas fait à ce jour Projet d'une communication officielle.

    Depuis la nomination de M. Belkhayat en tant qu'ambassadeur aux Etats-Unis, l'Office n'avait pas de Directeur général en titre. Ces fonctions étaient remplies par le Secrétaire Général, M. Belhassen (voir notre rubrique Managers, en page 2). Au cours de l'été, M. Mossadeq a été nommé Directeur Général, poste dont il est encore titulaire en attendant le règlement des questions administratives, bien qu'il soit retourné au Ministère du Commerce et de l'Industrie.

    Bien au-delà des problèmes d'affectation, l'Office a souffert, durant ces dernières années, du texte sur la privatisation.

    Celui-ci interdit en effet la “respiration du secteur public ”, terme inventé en France pour qualifier les opérations de cessions, achats, recompositions, associations, ... chez les entreprises publiques. L'absence de Directeur général en titre a rendu impossibles les prises de décisions qui n'auraient pas été strictement conformes à la lettre du texte sur la privatisation. C'est l'interprétation qui prévalait durant cette période, à l'ODI même.

    Or, composé d'entreprises industrielles, le portefeuille de l'Office avait besoin de “respirer”. Le Secrétaire général et les cadres ont plusieurs fois, et y compris auprès de la presse, tenté sans grand succès d'attirer l'attention sur ce besoin.
    Parallèlement, des études étaient lancées au niveau du ministère de tutelle pour évaluer les opportunités de réorienter l'ODI, puisque les privatisations allaient réduire ce groupe à sa plus simple expression. Aucune n'a donné suffisamment satisfaction pour que ses promoteurs la sortent des cartons.

    Enfin une remarque d'ordre général, valable pour tout le secteur public: il faut de fortes personnalités ou des hommes par ailleurs puissants pour donner corps à une stratégie. Sa valeur intrinsèque ne suffit pas dans des systèmes où la sanction commerciale n'est pas perceptible.
    L'idée de confier l'ODI au nouveau ministère chargé des investissements extérieurs a été dans un premier mouvement perçue comme une bonne idée. La vocation initiale de l'Office, tout comme une partie de ces missions aujourd'hui, est précisément la promotion de l'investissement.

    En effet, à son arrivée à l'Office, M. Mossadeq a repris en main les projets de réorientation et en concertation avec l'encadrement, a défini les premiers axes. Ceux-ci devaient être par la suite soumis au ministère de tutelle. Le principe de base était un service public d'assistance à investissement industriel, au Maroc et à l'étranger. Devait être réduit l'aspect “groupe” de l'ODI, toujours selon les premiers axes. Ceci aurait signifié, au-delà des cessions prévues, que l'Office se cantonne à des portages courts en matière d'assistance financière. Que ce soit dans le cadre de la privatisation ou dans celui de la réorientation, se posait le préalable de l'assainissement des entreprises.

    Selon nos sources, les principes que veut appliquer l'équipe de M. Alaoui Medaghri sont proches de ceux que M. Mossadeq avait mis à l'étude.

    Le personnel “en état de choc”

    Pour “l'entreprise ODI”, ces propositions représentent néanmoins des changements considérables, même si les proches du ministre qualifient de hâtives les hypothèses sur la disparition pure et simple de l'Office.

    Au cours des dix derniers jours, le personnel se disait en “état de choc”, quel que soit le rang hiérarchique. Il a immédiatement mesuré qu'un éventuel retour au statut d'administration poserait inévitablement des questions d'ordre salarial. Les salaires sont plus élevés dans les établissements publics que dans l'Administration, dans des proportions qui peuvent aller jusqu'au tiers. Ensuite, le personnel s'est senti, à tort ou à raison, “envahi”, “investi”, “squatté” ou encore “agressé”, suivant nos interlocuteurs. Une réunion de cadres avait été convoquée, lundi 21, par le Directeur général, pour annoncer son départ et l'arrivée de la nouvelle équipe. Cette arrivée n'a pas été préparée sur le plan matériel, si bien que les relations avec le personnel de l'ODI en ont été compliquées. Se sont posés des problèmes de bureaux, de rangement, de téléphone, ... Témoin des incertitudes, les rumeurs les plus fantaisistes couraient l'un bureau à l'autre sur le départ du Secrétaire général et sur d'éventuelles “charrettes”. La moindre hypothèse devenait une vraie histoire, dûment référencée, à partir de laquelle démarraient d'autres hypothèses, ...

    Les proches de M. Alaoui Medaghri ont tenté de rassurer leurs interlocuteurs, tant à l'intérieur de l'Office qu'à l'extérieur. Mais la masse des demandes était souvent trop forte pour être satisfaite sans que le doute s'installe.

    N.S.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc