×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    L'OCP s'engage vers la transparence

    Par L'Economiste | Edition N°:289 Le 17/07/1997 | Partager

    L'OCP a tenu son conseil d'administration le vendredi 11 juillet 1997, lequel a approuvé les comptes de 1996 et donné son accord pour la stratégie 1998-2002.


    «Nous confions au cabinet international Ernst&Young la certification de nos comptes, cela devra être fait dans deux ans», annonce M. Mourad Chérif, directeur général de l'Office Chérifien des Phosphates. Pour l'Office, la certification des comptes mettra fin à des décennies d'opacité et de difficultés pour évaluer les performances réelles de l'entreprise.
    En attendant, c'est la politique des petits pas qui continue en matière de transparence.
    Au lieu de s'en tenir aux simples données physiques, l'Office révèle certaines de ses données financières, pas toutes loin s'en faut. De même, ces données financières sont globales, pour le groupe, mais ne détaillent pas les résultats par entité juridique. Les résultats ne sont pas consolidés. Ne figurent pas les 50% détenus dans Prayon qui fait, lui 500 millions de Dollars de CA dans le monde. Le périmètre pris en compte dans les résultats tels que présentés aujourd'hui comprend l'OCP lui-même, les Maroc Phosphore (qui sont des SA vouées à la chimie lourde des phosphates), Phosboucraa (SA exploitant le phosphate saharien) et Marphocéan (la compagnie de navigation vouée au transport de phosphate).

    En revanche, Fertima, privatisable, ne fait pas partie de l'ensemble, pas plus que la filiale de transport SOTREG, le laboratoire CERPHOS, le bureau d'études SMESI.
    Le Conseil d'Administration a entériné un résultat net positif de 557 millions de DH, soit celui qui avait déjà été rendu public au début de l'année(1). Néanmoins, l'Office ne distribuera pas de dividendes pour autant à son actionnaire, l'Etat, car l'OCP a perdu plus que son capital dans le passé et doit reconstituer une situation nette qui est encore négative. M. Chérif estime que l'Office aura effacé ses pertes passées en l'an 2000 ou 2002. Il ne veut pas se montrer très précis, car «sur les marchés de matières premières comme le phosphate et ses dérivés, les situation se retourne très vite».
    En tout état de cause, le comportement du marché pour l'année en cours reste bon, voire très bon. Sur le premier semestre, l'OCP annonce un chiffre d'affaires de 700 millions de Dollars contre 1,348 milliard pour l'ensemble de l'année 1996. L'OCP pense terminer l'année 1997 sur un chiffre d'affaires de l'ordre de 1,5 milliard de Dollars. Ceci représenterait une amélioration de 15% et probable-ment des résultats nets en hausse au moins de la même proportion. En effet, la politique actuelle est au désendettement: les grands projets des années 80 ont été abandonnés au profit de petits investissements, souvent en joint-venture, qui accroissent la rentabilité mais pas l'endettement. Le Conseil d'Admi-nistration a approuvé cette stratégie en l'étendant sur les cinq prochaines années.

    Les investissements 1998-2002


    A plusieurs occasions et récemment devant la Chambre Française de Commerce et d'Industrie du Maroc, l'OCP a marqué son intention de faire travailler les entreprises installées au Maroc sur ses programmes de travaux et d'investissements(1). Le programme sur 1998-2002 est le suivant:
    - Mines: augmentation de la capacité de calcination de Youssoufia de 2,5 à 3 millions de tonnes/an; laverie de 2,7 millions de tonnes/an à Khouribga; criblage-convoyage-séchage à Boucraa-Laâyoune.
    - Transformation chimique: nouvelle unité d'acide sulfurique de 2.300 tonnes/jour à Safi; augmentation de capacité pour les unités phosphoriques de Maroc-Chimie 1 et Maroc Phsophore 1; nouvelle ligne avec l'Indien Birla (1.000 tonnes/jour); revamping des lignes existantes à Safi.
    - Transport maritime: trois navires phosphatiers pour Marphocéan.
    - Usine d'engrais au Pakistan avec le groupe Al Noor.
    (1) Cf L'Economiste du 5 juin 1997: «L'OCP fait son marché».

    (1) Cf L'Economiste du 30 janvier 1997: «L'OCP gagne de l'argent».


    Une deuxième usine OCP-Prayon


    L'OCP et son partenaire belge, Prayon-Rupel, ont rendu publique cette semaine leur décision du 24 juin 1997 de construire ensemble leur deuxième unité chimique à Jorf Lasfar.
    Il s'agit d'un projet de STPP, tripolyphosphate de soude, produit utilisé pour la fabrication de détergents phosphatés. Réalisé à part égale entre l'OCP et Prayon, l'investissement sera d'environ 30 millions de Dollars pour une capacité de 50.000 tonnes/an de STPP, laquelle sera ensuite portée à 100.000 tonnes/an. M. Mourad Chérif, directeur général de l'OCP, n'a pas précisé la date d'entrée en fonction de ce projet. Il a indiqué néanmoins que «ce genre de projet prend entre 18 mois et 2 ans». Selon lui, les études de faisabilité seront terminées avant la fin de cette année.
    Le mouvement écologique contre les lessives phosphatées s'est atténué au cours des dernières années après avoir fait rage à la fin des années 80-début 1990. Les scientifiques ne sont toujours pas d'accord sur les effets des lessives phosphatées sur l'environnement. Ils ne sont pas d'accord non plus sur les effets que peuvent avoir les produits de substitution.

    En annonçant leur intention de construire une unité de STPP, les deux chimistes prennent une option sur ce marché. L'annonce sert à prévenir des projets concurrents qui seraient en gestation auprès d'autres chimistes. Le monde de la chimie des phosphates est en effet très petit dans le sens où, malgré les investissements élevés, le nombre d'acteurs est réduit. Aussi, pour éviter des concurrences mortelles, les acteurs ont-ils pris l'habitude d'annoncer leurs intentions. Au Maroc, même les importations de STPP sont de l'ordre de 35.000 tonnes par an. Elles sont le fait des deux grands fabricants de détergents, IMM et Lever. Il existe aussi une consommation de STPP dans la céramique, mais à des échelles nettement plus petites.
    Pour l'OCP, cette unité sera donc le deuxième pas en dehors de la chimie de l'acide phosphorique, après le programme d'acide purifié.
    Montée avec Prayon Rupel (que l'OCP contrôle maintenant à hauteur de 50%) l'unité d'acide phosphorique purifié sera opérationnelle dès cette année. L'usine traitera 130.000 tonnes d'acide phosphorique (P2O5). L'investissement était de 50 millions de Dollars. Une place a été faite l'année dernière à l'Allemand Chemische Fabrik Budenheim.
    L'acide purifié sert principa-lement dans l'industrie agro-alimentaire, notamment pour la conservation des aliments, spécialités qui sont présentes dans le groupe allemand.

    Nadia SALAH





    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc