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    Economie

    L'investissement direct étranger : Les privatisations: Produits d'appel pour multinationales

    Par L'Economiste | Edition N°:248 Le 03/10/1996 | Partager

    Les compagnies multinationales ont augmenté leurs investissements à l'extérieur en 1995. Elles ont participé dans de nombreuses privatisations et ont multiplié les fusions et les acquisitions. Pour la première fois, le volume des investissements dépasse celui du commerce.


    Le commerce est surclassé par l'investissement direct étranger (IDE). Selon le World Investment Report 1996 édité par les Nations Unies, l'IDE a atteint en 1995 un niveau inédit. Après la baisse enregistrée en 1993, l'IDE a crû de 9% en 1994, atteignant 226 milliards de Dollars. En 1995 la croissance a été de 40%. Le montant des entrées de capitaux a atteint 315 milliards de Dollars et celui des sorties 318 milliards, soit 38% de plus qu'en 1994. En comparaison, la croissance des exportations de biens et de services n'a été que de 18%.
    Le rapport explique l'explosion de l'IDE par trois phénomènes: la croissance mondiale, le comportement des firmes multinationales (FMN) suite au développement technologique et la compétition mondiale, auxquels s'ajoute l'effet des privatisations.
    Ce sont les pays développés qui ont le plus participé au développement de l'IDE. Ils ont reçu 203 milliards de Dollars en 1995, soit 53% de plus qu'en 1994. Leurs investissements à l'extérieur ont crû de 42%, se situant à 271 milliards de Dollars. A eux seuls les Etats-Unis ont reçu 60 milliards de Dollars et investi 90 milliards dans le reste du monde.

    Des investissements moins concentrés

    Quant aux pays en développement, ils ont vu leur part dans les entrées de capitaux reculer à 32% du total, bien qu'en termes absolus, l'IDE a enregistré chez eux aussi des records avec 10 milliards de Dollars (+15%). Les firmes originaires de ces pays ont de leur côté investi à l'extérieur 8 milliards de Dollars.
    Les flux vers les 48 pays les moins avancés (PMA) continuent à être infimes, totalisant 1,1 milliard de Dollars en 1995, en hausse de 29% par rapport à 1994.
    Le rapport des Nations Unies note une baisse de la concentration des entrées de capitaux. Les dix premiers bénéficiaires qui recevaient 70% de l'IDE en 1985 n'en ont reçu que 68% dix années plus tard. Durant cette même période, la part des pays en développement (y compris les PMA) a crû de 1%.
    En revanche, les investissements réalisés par les cinq plus grands investisseurs, les Etats-Unis, l'Allemagne, le Japon, la Grande-Bretagne et la France ont vu leur part augmenter à deux tiers des investissements globaux.
    Le développement de l'IDE est dû aux firmes multinationales des pays industrialisés mais aussi à des firmes de pays en développement, qui cherchent de nouveaux marchés et de nouvelles opportunités de coûts avantageux afin de constituer des réseaux internationaux de production. Les moyens les plus utilisés ont été les fusions et les acquisitions auxquelles revient l'essentiel des flux de l'IDE en 1994 et 1995.

    Le Japon se reprend

    Ce mouvement a été favorisé par les politiques de privatisation entreprises par plusieurs pays et surtout par les pays en développement. Les investissements drainés par les privatisations de ces pays sont passés de 198,2 millions de Dollars en 1989, soit 0,7% de l'investissement direct étranger, à 5 milliards de Dollars en 1994 (les chiffres de 1995 n'ont pas été communiqués), représentant 5,9% de l'IDE. La région qui en retire le plus d'avantages est l'Amérique latine qui a reçu 3,6 milliards de Dollars en 1994. L'Asie du Sud et la région du Pacifique sont la deuxième destination des fonds de la privatisation avec 982 millions de Dollars, suivis par l'Afrique subsaharienne (262 millions de Dollars). Quant à l'Afrique du Nord, elle a reçu en 1994 121,1 millions de Dollars contre un million en 1989.
    La valeur totale des fusions et acquisitions opérées à l'extérieur s'est élevée à 229 milliards de Dollars en 1995, soit deux fois le niveau atteint en 1988.
    Les firmes américaines ont dépensé 38 milliards de Dollars en fusions et acquisitions. Les plus nombreuses ont concerné le secteur pétrolier. En revanche, la valeur des acquisitions réalisées par des firmes étrangères sur le territoire des Etats-Unis a atteint 49 milliards de Dollars en 1995. Les plus importantes opérations ont été réalisées par l'Allemand Hchst qui a racheté Marion Marrell Dow à 7,1 milliards de Dollars et le Canadien Seagram qui a acquis MCA pour 5,7 milliards de Dollars.
    Le Japon, après avoir reculé en 1993 à la cinquième place dans le classement des pays qui investissent le plus à l'étranger, a vu ses investissements directs étrangers progresser de 20% en 1994 et de 15% en 1995. Les firmes japonaises ont investi à l'extérieur 21 milliards de Dollars en 1995.


    Hakim ARIF


    Explosion dans les médias

    Les transactions internationales sous forme de fusions et d'acquisitions ont porté sur un montant global de 229 milliards de Dollars en 1995, enregistrant ainsi une progression de 45% par rapport à 1990 (112 milliards de Dollars).
    Une tendance ressort du rapport sur l'investissement dans le monde. Les firmes multinationales investissent moins dans le secteur secondaire et accroissent leurs interventions dans les secteurs primaire et tertiaire.
    Ainsi, 46% des capitaux sont allés au secteur des services. Ils ont drainé 107 milliards de Dollars en 1995, contre 72,5 milliards en 1990 et 45% du total des flux. Le secteur primaire, agriculture, sylviculture et pêche, auxquels le rapport a ajouté le gaz et le pétrole, a lui aussi augmenté sa part, qui est passée de 8% avec 13,7 milliards de Dollars en 1990 à 16,5% et 38 milliards de Dollars en 1995. Cette évolution est due pour l'essentiel au gaz et au pétrole qui représentent à eux deux 99% des investissements directs étrangers dans le secteur primaire.
    Bien que les fusions et les acquisitions dans le secteur secondaire aient augmenté en volume, passant de 71,8 milliards de Dollars à 83,5 milliards, leur part, elle, est tombée de 45% à 36%. Trois secteurs attirent la plus grande part des flux de capitaux: le secteur de la chimie-parachimie a été le plus sollicité. 25 milliards de Dollars lui ont été destinés, soit 40% de plus qu'en 1990. L'industrie alimentaire a reçu quant à elle 25 milliards de Dollars en 1995 contre 15 milliards en 1990. Elle est deuxième en importance. En troisième position vient l'industrie électrique et électronique qui a drainé 13,7 milliards contre 11,4 milliards en 1990.
    Dans les services, c'est le secteur bancaire et financier qui a le plus bénéficié de l'essor de l'IDE. De 9 milliards de Dollars en 1990, les fonds qui lui sont destinés sont passés à 20 milliards, soit 45% de plus. L'engineering a recueilli également une bonne part des investissements. Se reprenant après une longue période de recul (3,3 milliards seulement en 1993), il a totalisé 10,9 milliards de Dollars en 1995, soit le même niveau que celui de 1988. Quant aux investissements dans les médias, ils ont proprement explosé, passant de 670 millions de Dollars en 1988 à 12,8 milliards en 1995.
    L'assurance paraît moins intéressante pour les multinationales. Elle n'a reçu en 1995 que 2,6 milliards de Dollars d'investissements contre 10 milliards en 1994, marquant une baisse de 74%.

    H.A.


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