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    Economie

    L'expérience du pollueur-payeur à méditer

    Par L'Economiste | Edition N°:310 Le 25/12/1997 | Partager

    Pour sensibiliser l'entreprise à l'environnement, il faut lui tenir un langage économique. Un expert français s'explique.


    L'Association Marocaine de Gestion de l'Energie et de l'Environnement (AMGEE) clôt son programme annuel sur une note environnementale. Elle a invité M. Jean-Claude Oppeneau, conseiller à la Direction Générale de l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME). «Il n'y a pas séparation entre l'énergie et l'environnement», indique d'emblée ce dernier. Pour appuyer son idée, M. Oppeneau développe le concept de management de l'environnement, également valable pour les autres secteurs.
    «Pour sensibiliser l'entreprise, il faut lui tenir un langage économique», conseille M. Oppeneau. Comme toutes les autres, les entreprises marocaines sont condamnées à tenir compte de l'environnement. «Celles qui n'auront pas inclus la donnée environnementale se trouveront tout simplement exclues du circuit commercial au moment de l'ouverture», explique-t-il. A titre d'exemple, il cite le secteur automobile. Désormais, la concep-tion d'une voiture doit tenir compte, non seulement de son usage, mais aussi de ce que l'on va en faire après son usage. Il faut déterminer ce qui va pouvoir être recyclé, réutilisé, composté...

    Les pays développés ont l'avantage de pouvoir prendre le problème à la base.
    En France le principe adopté est celui du pollueur-payeur. Une taxe est prévue en effet sur la pollution de l'air, sur les déchets... En fait, dans ce domaine, le pays est en avance et prévoit même d'ici 2002 de réduire le nombre de décharges. L'objectif est de traiter en quasi-totalité les déchets par la récupération, le recyclage et leur valorisation.
    Concernant les déchets industriels, ils sont traités en partie par l'entreprise qui les utilisent à des fins énergétiques. Les méthodes sont multiples et doivent souvent être adaptées à la nature des déchets eux-mêmes. Elles vont de l'incinération à la thermolyse en passant par la neutralisation éventuelle des déchets dans les décharges publiques.
    La thermolyse est un procédé astucieux qui permet de transformer les déchets en charbon ou naphta. Il est bon de savoir que tous les sachets d'emballage qui se trouvent dans la nature peuvent par le biais de ce procédé se transformer en combustible.

    Les Allemands vont même plus loin en matière de protection de l'environnement. Ils préconisent d'ici 2020 le facteur 4. Celui-ci signifie produire avec 4 fois moins d'énergie et 4 fois moins de matière.
    Le Maroc, lui, accuse un retard important. Le cadre juridique jusqu'à il y a quelques années répondait aux besoins ponctuels. Il était lourd à gérer et souvent inadapté faute d'une vision globale. Actuellement, les textes sont réactualisés et une nouvelle législation est en cours d'adoption. Le dernier texte en date est le décret sur le contrôle lors de la visite technique des tuyaux d'échappement.
    «La législation dans le domaine de l'environnement est évolutive», rappelle un fonctionnaire du Ministère de l'Environnement.
    Au niveau de l'entreprise, la réglementation est plus timide. A l'exclusion du texte sur les établissements classés, les droits et obligations des entreprises en matière de protection de l'environ-nement sont peu nombreux.


    Carte visite


    L'ADEME existe depuis 5 ans. C'est un outil technique du Ministère français de l'Environnement. Elle est néanmoins sous la tutelle également des Ministères de l'Industrie et de la Recherche.
    L'Agence est gérée sous la forme d'établissement public à caractère industriel et commercial. C'est l'interface avec l'entreprise et le consommateur, et entre la France et les autres pays.
    Elle tourne avec un budget de 1,6 milliard de Francs français prélevé sur les taxes recueillies sur le principe du pollueur-payeur. Elle emploie 600 personnes.
    Sa mission entre dans le cadre de la maîtrise de l'énergie, le développement des énergies renouvelables, les économies sur la consommation de matériaux entre autres.
    L'Agence s'occupe des déchets et de leur stockage, de la pollution des sols et de l'air. Elle est également en charge de limiter les émissions acoustiques.

    Fatima MOSSADEQ

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