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    Economie

    L'Etat paie aux riches 2,5 fois ce qu'il donne aux pauvres

    Par L'Economiste | Edition N°:919 Le 19/12/2000 | Partager

    . Les subventions des produits de base pour l'exercice budgétaire 1998-1999 représentent 2% du PIB. Une étude de l'Inspection Générale des Finances fait le point sur le système de compensationLa réforme du système de compensation s'impose. Le système actuel connaît de nombreux dysfonctionnements. C'est ce qui ressort d'une étude réalisée par l'Inspection Générale des Finances.L'étude s'attarde tout d'abord sur les dysfonctionnements structurels du système. Ces derniers sont inhérents notamment aux effets pervers de la consommation. Au Maroc, le niveau de consommation par habitant et par an de sucre (33,7 kg) et d'huile de table (13,5 litres) est parmi les plus élevés sur le plan mondial. Aussi, l'augmentation continue de la consommation des produits compensés a-t-elle pour effet de grever les ressources publiques. Les subventions pour l'exercice budgétaire 1998-1999 ont représenté 2% du PIB. A ce niveau, le document note «qu'un tel effort financier, bien qu'en partie débudgétisé, mérite d'être optimisé et canalisé vers des actions sociales plus ciblées et profitant exclusivement aux couches démunies de la population«. L'étude établit également que les ménages sont inégaux devant la subvention: 20% des personnes les plus aisées profitent d'une subvention de 240,3 DH par personne et par an pour les produits soutenus contre seulement 95,3 DH pour une personne appartenant aux 20% les plus pauvres. «Ce qui veut dire que l'Etat paie aux ménages aisés 2,5 fois de ce qu'il débourse aux familles nécessiteuses, soit 2 fois pour le sucre, 3,02 fois pour les huiles de graines et 3,23 fois pour le gaz domestique«, note l'étude. Outre les dysfonctionnements structurels, l'étude se penche également sur les problèmes spécifiques aux secteurs compensés. C'est le cas du marché de pain de sucre qui connaît de fréquentes pénuries. Celles-ci sont dues selon l'étude à l'attachement du consommateur à ce produit, surtout en milieu rural. S'ajoute le monopole exercé par la Cosumar au niveau de la production. A ce niveau, le document signale que «les grèves répétées du personnel de cette entreprise conjuguées à la vétusté de la technologie correspondante et son caractère non renouvelable (puisqu'elle a disparu sur le plan international ce qui lamine toute possibilité d'investissement dans ce secteur) constituent le soubassement logique de cette tension«. A l'origine de cette situation aussi le contrôle de la distribution et des prix par des spéculateurs et intermédiaires. Autre handicap relevé, l'inélasticité de l'offre des produits agricoles face à la demande. Pour les cultures sucrières, une baisse a été enregistrée au niveau des superficies cultivées. Elles sont passées de 84.200 ha au cours de la campagne de 1992-1993 à 74.000 ha en 1996-1997, soit un recul de 12%. Les difficultés agricoles du secteur sont dues notamment à la qualité hétérogène du sol, aux aléas climatiques, à l'apparition de maladies qui touchent les plantations sucrières et la parcellisation excessive des exploitations.


    Imposer les ménages qui profitent

    Parmi les recommandations de l'étude figure la mise en place d'un meilleur ciblage de la population nécessiteuse. Ce ciblage pourrait s'opérer soit de manière directe par l'octroi de cartes d'indigence pour les plus démunis, soit par une décompensation totale ou partielle des produits soutenus en visant indirectement les populations nécessiteuses. Et ce, à travers le redéploiement des sommes économisées vers des projets ou fonds sociaux. Mais dans le cas où ces deux méthodes s'avèrent inapplicables, l'étude suggère «l'imposition des ménages qui profitent indûment de la subvention pour restituer les sommes perdues«. K. M.

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