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    Courrier des Lecteurs

    Les voies de la croissance s'éclaircissent

    Par L'Economiste | Edition N°:289 Le 17/07/1997 | Partager

    Les conditions d'une économie saine sont en train de s'installer progressivement. Les autorités monétaires se sont fixé des objectifs raisonnables pour 1997. Les résultats à mi-chemin.


    MM. Mohamed Kabbaj, Ministre des Finances et des Investissements Extérieurs, et Mohamed Seqat, gouverneur de Bank Al-Maghrib, sont très soudés sur un point: la bride ne sera pas lâchée. Leur objectif: maintenir le taux d'inflation à un niveau inférieur à 3% pour l'année en cours. Les résultats sont même très flatteurs au terme des cinq premier mois: +0,2% par rapport à la même période de l'année dernière.
    Ce faisant, la bataille sera d'abord menée sur deux fronts au plan intérieur: la limitation de la création monétaire «aux seul besoins d'un sain financement de l'économie» et la poursuite de la rigueur budgétaire.
    Sur le premier point, M. Seqat espère que les objectifs de croissance de la masse monétaire pour 1997 seront respectés. Le taux de progression devrait se situer comme prévu à 7% ou 14 milliards de DH, étant entendu que le PIB non agricole augmenterait de plus de 3%. Au vu des résultats des cinq premiers mois, le cap est bien maintenu. Le gouverneur considère que le taux de progression attendu implique une hausse des crédits à l'économie de 10% ou 10 milliards de DH, pour répondre à la fois aux besoins de financement de l'économie et de renforcement des réserves de changes. Il a cependant précisé: «Le respect de cette norme est subordonné au maintien d'un recours modéré du Trésor aux ressources de fi-nancement à ca-ractère moné-taire».

    De cet appel à la sagesse transparaît la nécessité de continuer sur le chemin de la rigueur. M. Kab-baj est d'ailleurs resté très strict sur ce point. Pour l'exercice bud-gétaire 1997-1998, le déficit du Trésor ne devrait pas dépasser 3%, contre près de 2,5% pour le précédent. Selon le ministre, la progression des recettes serait de 12%, soit pratiquement un point de plus que les prévisions initiales.
    Côté dépenses, il a été enregistré une légère progression de 2%, «et ce malgré l'impact des augmentations de salaires décidées dans le cadre du dialogue social». A l'origine de cette évolution, une réduction des intérêts servis au titre de la dette extérieure et un recul des dépenses d'investissement. Ce dernier paramètre, présenté comme une performance, est jugé alarmant par nombre d'économistes.
    Toutefois, cette tendance à l'équilibre intérieur a permis au Trésor de rationaliser de mieux en mieux son mode de financement. Il a «en totalité eu recours aux ressources non bancaires d'origine intérieure, aussi bien pour combler son déficit que pour faire face aux flux nets négatifs de ressources externes estimées à 4,5 milliards de DH», a indiqué M. Kabbaj.

    Pour l'instant, les comptes exté-rieurs affichent une bonne tenue. Au terme du premier semestre, les ex-portations ont progressé de 8,6% par rapport à la même période de 1996, à 30,7 milliards de DH. Les importations ont en revanche crû à un rythme moins soutenu, passant de 35,47 milliards de DH à 36,7 milliards. Le solde commercial a ainsi reculé de 2,1%, à 13 milliards de DH et le taux de couverture s'est amélioré de 2,2 points, à 70,2%.
    Quant aux transferts, ils ont évolué de manière divergente. Les recettes voyages et RME ont respectivement reculé de 2,1 et 11,6%, à 5 et 7,7 milliards de DH. Les investissements et prêts privés étrangers ont pour leur part explosé, s'élevant à 5,4 milliards de DH au lieu de 1,5 milliard pour l'égale période de l996. Outre les privatisations, cette expansion est expliquée par la concrétisation de quelques gros projets d'investis-sement et les opérations de conversion de la dette extérieure privée.
    En définitive, le déficit du compte courant de la balance des paiements devrait se maintenir à 1,6% à fin 1997 et les avoirs extérieurs couvriraient 5 mois d'importa-
    tions.
    Le tableau est globalement satisfaisant. Reste à atténuer l'impact du facteur climatique pour aboutir à une croissance forte et durable.


    A suivre


    · Le GPBM s'est engagé à respecter la convention relative aux admissions temporaires signée avec l'Administration des Douanes en juin dernier. Les comptes seront apurés au plus tard le 31 décembre 1997 (M. Benjelloun).
    · Le GPBM mettra en place prochainement de nouvelles pro-cédures de centralisation des incidents de paiement, de manière à prévenir et lutter contre les chèques sans provision. Les chantiers concernant l'interopérabilité et la compensation électronique sont bien avancés. Ils devraient être opération-nels en 1998.
    · Le président du GPBM affirme que le taux d'intérêt n'est pas le seul déterminant de l'investissement. Il annonce la mise en place d'un comité de réflexion sur ce thème. "Nous ferons très prochainement part aux autorités monétaires de la position des banques à ce sujet, avec comme objectif une détente des taux".
    · M. Benjelloun a réitéré sa demande d'alignement du taux de l'IS appliqué aux banques sur le taux normal (35% au lieu de 39,6%).
    · Le GPBM invite les autorités monétaires à réfléchir ensemble
    sur les moyens de développer
    les ressources longues et stables
    pour les banques et, plus particulièrement, pour les anciens OFS (BNDE, CIH et CNCA).
    · Le GPBM souhaite la poursuite de l'harmonisation des taux offerts par le Trésor avec ceux des banques et son élargissement à la CDG et à la Caisse d'Epargne Nationale.
    · Un cadre juridique destiné à réglementer l'activité de gestion pour compte de tiers et la création des OPCVM monétaires est en cours d'élaboration (M. Kabbaj).

    · Un montant de 200 millions de DH sera versé dans les prochains mois au Fonds de Solidarité destiné à couvrir les dettes des cinq compagnies d'assurances liquidées. Un premier montant de 100 millions de DH avait déjà été débloqué.
    · Un fonds de 100 millions de DH destiné à aider les industriels à intégrer des actions de dépollution et de protection de l'environnement dans leurs investissements est mis en place. La gestion est confiée à la CCG.
    · La technique d'assimilation est une nouvelle fois reportée pour septembre. Elle permettra d'élargir le marché secondaire des Bons du Trésor. Les transactions sur ce compartiment ont porté sur plus de 12 milliards de DH durant le premier semestre 1997.
    · Le rating du Maroc sera effectué par Moody's et Standard & Poors avant la fin du mois courant.

    Mouna KABLY & Alié Dior NDOUR

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