×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Politique Internationale

    Les scientifiques au chevet des jeûneurs

    Par L'Economiste | Edition N°:310 Le 25/12/1997 | Partager

    Les scientifiques se mobilisent à l'approche du Ramadan. Un point de presse a été donné le lundi 15 décembre par la Fondation Hassan II, quelques jours après la clôture du Congrès international à Istanbul sur le Ramadan.


    «Ça fait plus de 14 siècles que les Musulmans font le Ramadan, et à peine quelque 300 études y sont consacrées» , a déclaré le professeur de cardiologie Nacer Chraïbi. Le comité des scientifiques de la fondation Hassan II pour la Recherche Scientifique et Médicale est conscient de l'effort qu'il faut déployer.
    En effet, le Ramadan est un thème d'étude nouveau dont il convient de cerner les retombées sur les jeûneurs. «Parmi les actions positives du Ramadan figurent la baisse du nombre de cigarettes fumées par jour chez les fumeurs et la diminution, voire la suppression, de l'utilisation d'alcool sans pour autant provoquer le syndrome de sevrage chez les alcooliques chroniques», c'est ce qui ressort de la communication du deuxième Congrès International sur le thème «Santé et Ramadan», organisé à Istanbul du 1er au 3 décembre par la Fondation Hassan II.
    Il faut souligner par ailleurs qu'avec l'organisation de ce congrès la Fondation Hassan II s'est attribué une vocation internationale, et partant, elle a préparé le terrain pour une mobilisation à plus grande échelle pour la recherche en la matière.

    Le mois de Ramadan mérite en effet que des études y soient consacrées et ce, au regard des changements dans les habitudes alimentaires qu'il provoque ainsi que la perturbation du cycle veille/sommeil qu'il occasionne. Et c'est dans ce cadre que plusieurs études ont été effectuées par la Fondation Hassan II. Deux d'entre elles ont été effectuées par le Centre psychiatrique et universitaire de Casablanca pour mettre en évidence l'influence du jeûne sur l'humeur et l'irritabilité. L'essai a concerné 100 personnes volontaires sains. Cet échantillon a accepté de répondre à un questionnaire relatif à leur condition socio-démographique et à leurs habitudes de vie, au sommeil et à la consommation d'excitants. Sur le registre des changements comportementaux, le Dr Moussaoui, professeur de psychiatrie, a rappelé que «l'irritabilité et l'anxiété sont augmentées durant le mois de Ramadan, surtout à la fin du mois de jeûne, comparativement aux périodes en dehors du mois de Ramadan. Ceci est surtout observé chez les personnes jeunes qui fument». L'irritabilité augmente en effet de manière significative chez quatre populations: les fumeurs, les jeunes, les personnes mariées et ceux qui consomment le plus d'excitants.

    Un autre sondage a été effectué auprès de 200 personnes résidant à Casablanca, afin d'évaluer la survenue de céphalée (mal de tête) au cours des premiers jours du Ramadan. Les résultats montraient que 50% de fumeurs, 82% de buveurs de café et 95% de buveurs de thé figurent parmi l'échantillon qui présente des céphalées sévères, alors que 22% de fumeurs, 58% de buveurs de café et 58% également de buveurs de thé appartiennent au groupe qui ne présente pas de céphalée.
    Autre composante de cette étude, la vigilance. Les résultats ont montré qu'il y a une diminution de la vigilance dans la journée, particulièrement durant les après-midis. Alors que dans la nuit, c'est à dire à 20 et 22h, il y a une amélioration de la vigilance. «Il n'existe pas d'adaptation au cours des quatre semaines du Ramadan; bien au contraire, certaines performances sont plus détériorées à la fin du mois de Ramadan», a conclu l'étude relative à la vigilance.
    D'autres études ont été faites , notamment sur la relation entre les troubles gastro-intestinaux et le jeûne du Ramadan ainsi que sur l'impact du jeûne sur le patient ulcéreux duodénal.


    Une cohabitation harmonieuse


    LA Fondation Hassan II pour la Recherche Scientifique et Médicale a été créée en mai 1993. Elle est financée à hauteur de 90% par un don royal, de l'ordre de 500.000 DH ainsi que par des donateurs et des sponsors, tels le dictionnaire Vidal France, Sanofi, Wafabank, l'ISESCO, Laboratoire MAPHAR...
    Le comité des scientifiques qui travaillent à la Fondation s'associe avec les «Oulémas» de la «Charia» pour adopter une approche unifiée, à la fois scientifique mais procédant des instructions de la religion islamique. Une cohabitation harmonieuse.

    Hassan BOUCHACHIA

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc