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    Les grands procèsLa saga judiciaire du CIH dans l'hôtellerie

    Par L'Economiste | Edition N°:926 Le 29/12/2000 | Partager

    . Durant trois ans, les affaires opposant la banque à deux chaînes hôtelières, Dounia et Salam, ont défrayé la chronique. Sur le dossier Dounia, le CIH a préservé ses intérêts en lui apportant un soutien décisif dans l'ultime phase du redressement judiciaireLes affaires qui ont opposé le Crédit Hôtelier Immobilier (CIH) aux opérateurs hôteliers auront été parmi les procès les plus retentissants de ces dernières années. Tout commence à l'automne 1997, deux ans et demi après la mise en place d'un cadre global de rééchelonnement des dettes en avril 1995 pour aider le secteur hôtelier, touché de plein fouet par les conséquences de la crise du Golfe. A l'époque, le président du CIH, Moulay Zine Zahidi, avec l'onction des pouvoirs publics, tape du poing sur la table, constatant que «malgré les sacrifices financiers consentis par sa banque, ses grands comptes dans le secteur touristique ne réglaient toujours pas leurs échéances«. Le CIH est d'autant plus déterminé que ses comptes se détériorent au point de menacer son existence. Etaient directement visés, les chaînes Salam Hôtels et Dounia Hôtels ainsi que Les Jardins de la Palmeraie. Ce dernier groupe parvient quelques jours après à un accord à l'amiable pour le règlement d'une partie de son passif. Restent les deux premières chaînes avec lesquelles la banque ouvrira un long bras de fer devant les tribunaux. Pour recouvrer ses créances, le CIH va activer un dispositif redoutable dit de mise en possession, prévu par l'article 59 du Décret Royal du 17 décembre 1968. Au terme de longues joutes judiciaires, la plupart des unités hôtelières de Dounia et Salam Hôtels tombent les unes après les autres dans son escarcelle. Le site du complexe du Palais des Congrès et de l'Hôtel Mansour Eddahbi ainsi que la résidence Ménara (5 mars 1998) d'abord, puis quatre jours plus tard (9 mars), l'Hôtel Riad Salam à Casablanca connu sous le nom du Lido. Dans les mois qui suivirent, la douzaine d'établissements appartenant aux deux chaînes seront mis en possession, malgré la guérilla des procédures et la résistance de leurs équipes de défense. Au mieux, celles-ci ne réussiront qu'à retarder l'échéance sur certains (Le Palais Salam de Taroudant, le Medina Palace et le Club Salam ou encore, le Karam Palace à Ouarzazate, à Erfoud et Zagora). Mais elles obtiendront tout de même un succès lorsque dix huit mois plus tard, la cour d'appel du tribunal de commerce inflige une première défaite au CIH sur l'affaire du Lido. Dans une décision du 19 octobre 1999, le juge lui intime l'ordre de quitter les lieux, car, estime-t-il, la procédure de mise en possession est incompatible avec le redressement judiciaire dont fait l'objet la société New Salam (propriétaire de l'hôtel). Le management du CIH qui redoute que la décision prise à Casablanca n'inspire d'autres juges dans les régions, monte au créneau. Il mobilise alors les avocats de la banque qui se pourvoient aussitôt en cassation. L'hôtel est toujours placé sous la responsabilité d'un syndic. Ces affaires s'avèrent d'autant plus compliquées, car les protagonistes, le CIH et ses clients, ne sont pas d'accord sur le montant de la créance de la banque. Il s'ensuit alors, y compris par presse interposée, une bagarre sur les chiffres. Dounia Hôtels, auquel le CIH réclame 820 millions de DH, ne reconnaît que 293 millions, se fondant sur le résultat de l'expertise ordonnée par le tribunal. Salam Hôtels aussi conteste les estimations de son créancier. Celui-ci chiffre à 460 millions de DH le montant de sa créance alors que la chaîne affirme avoir réglé, jusqu'à fin 1996, 180 millions de DH sur les 220 que lui avait prêtés la banque. Le CIH deviendra malgré lui, dans l'habit de gestionnaire d'hôtels, un métier bien éloigné de son activité de base, celle de financer les entreprise. Pendant plusieurs mois, ses cadres piloteront, avec plus ou moins de succès, la gestion des unités hôtelières prises en possession (Le Palais des Congrès à Marrakech, le Lido à Casablanca, le Palais Salam à Taroudant, etc.). Mais gérer les hôtels n'est pas la vocation du CIH, martèlent à plusieurs reprises ses dirigeants, assaillis par les plaintes de professionnels du tourisme qui les soupçonnent de vouloir les écarter de la course à la reprise de ces hôtels (gestion pour compte). Entre-temps, une vive compétition oppose quelques groupes internationaux en quête de terres d'expansion à une période où la demande reprend de plus belle sur le marché international du tourisme. Faute de gérer lui-même, le CIH ne pouvait que faire appel à des sociétés dont le métier est de gérer les hôtels pour se faire rembourser sa créance.Décryptant le discours des autorités qui veulent attirer les majors afin de tirer le secteur, les Westin (Etats-Unis), Sol Melia (Espagne) et Accor (déjà implanté un an plutôt) se livrent à un concours de beauté pour reprendre le plus convoité de tous les établissements à l'époque, le complexe du Palais des Congrès et l'Hôtel Mansour Eddahbi de Marrakech. Sur le Riad Salam de la Corniche à Casablanca, le Français Accor aurait même pris une option avec à la clé, une efficace campagne de relations publiques. A cette bagarre, vont se mêler des sociétés de gestion locales sans grand succès. Finalement, c'est le groupe français qui décrochera le morceau sur le Palais des Congrès, coiffant sur le poteau tous ses concurrents. Accor prend les clès du complexe le 1er janvier 1999 fort d'un contrat de gestion de cinq ans conclu avec le CIH. La multinationale qui cherche à développer son activité ne pouvait rêver meilleur outil pour étoffer son portefeuille. Elle intègre le Palais des Congrès dans son segment haut de gamme, le Sofitel.


    Neutralité des autorités

    La mise en possession n'a pas mis fin pour autant aux actions des autres créanciers. C'est d'ailleurs à l'initiative d'un tout petit d'entre eux (Aga Chimie) que fut ouvert le redressement judiciaire à l'encontre de Dounia Hôtels le 8 avril 1999. Dans l'ultime phase de la procédure, après l'examen du rapport du syndic, le juge se prononça le 20 avril dernier pour le plan de continuation de Risma aux dépend de ceux d'Arbel et du CIH. La décision maria également Risma à Dounia Hôtels à hauteur de 51-49%. Mais le procureur fit appel à la demande d'un concurrent (Arbel) tout comme Dounia, qui dit alors «préserver ses intérêts«. L'épilogue de cette affaire n'est intervenu que la semaine dernière lorsque le juge a validé un plan de continuation présenté par Dounia Hôtels avec l'appui du CIH. En s'alliant à son client, la banque a changé de stratégie dans le traitement des grands dossiers litigieux. Elle espère pouvoir appliquer le même schéma à d'autres dossiers en difficulté. Pendant toute cette saga judiciaire, les pouvoirs publics ont observé une neutralité qui a été saluée par tous les protagonistes.Abashi SHAMAMBA

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