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    Economie

    Les femmes dans la confection : Bas salaires et harcèlement sexuel

    Par L'Economiste | Edition N°:237 Le 04/07/1996 | Partager

    La situation de la femme travaillant dans l'industrie du textile à Casablanca vient de faire l'objet d'une enquête réalisée en avril-mai 1996 par la Ligue Démocratique des Droits de la Femme (LDDF) en partenariat avec la fondation Friedrich Ebert. Résultats.


    Après le débat qu'elle a lancé en février 1994 sur les droits de la femme travailleuse et l'élaboration du "mémorandum de revendications féminines en vue de l'amendement du code du travail" qu'elle a présenté au Parlement et au gouvernement, la LDDF a rendu publics le 26 juin 1996 les résultats de l'enquête portant sur le travail des femmes dans la confection. Selon elle, les résultats "corroborent les constatations des composantes de ce mouvement quant aux infractions aux droits de la femme au travail.

    Selon l'enquête, la jeunesse est la caractéristique principale de la main-d'oeuvre féminine employée dans la confection dans le Grand Casablanca. 75% des femmes parmi les 330 faisant partie du panel de l'enquête sont âgées de moins de 32 ans et 50% ont moins de 24. Plus encore, la confection emploie souvent des ouvrières dont l'âge se situe entre 12 et 16 ans. A ce titre, il est à rappeler la polémique causée par une grande marque internationale de vêtements en filmant une usine à Meknès qui employait des enfants. La multinationale a alors utilisé ce document pour inciter les investisseurs à ne pas délocaliser au Maroc.
    Il ressort également de cette enquête que les ouvrières sont célibataires dans 73,9% des cas et que les femmes mariées ont en moyenne 1,5 enfant.

    Formation sur le tas


    Concernant le niveau de scolarité, il a été constaté que 71,8% des ouvrières ont été à l'école mais 50% ont arrêté leurs études au niveau du primaire. Quant à la formation professionnelle, elle reste très marginale puisque presque 80% des femmes interrogées ont appris leur métier à l'usine. Sur le chapitre des fonctions, c'est la couture qui concentre le plus grand nombre d'ouvrières avec 53,9% du total, devançant de loin les autres fonctions, 11,21% pour la finition 11,2% pour le contrôle. L'emballage, le repassage, les courses, la coupe viennent ensuite, suivies des fonctions de piqueuse et de la presse.

    En général, les ouvrières ne sont pas anciennes. La durée moyenne de leur présence dans l'entreprise est de 3,1 ans. 67,9% d'entre elles exercent depuis moins de 4 ans et 22,01% occupent leur place depuis moins d'un an. Pour celles-ci, la stabilité de l'emploi est inférieure à 5,3 mois. Cette forte instabilité est à mettre en relation, dit le rapport d'enquête, avec le fait que 87,3% des femmes interviewées n'ont pas de contrat de travail.

    Concernant le temps de travail, l'enquête a révélé que les ouvrières de la confection passent en moyenne 9 heures par jour à leur poste et que 20% dépassent cette moyenne. A ceci s'ajoutent les mauvaises conditions de travail dont se plaignent 60% des ouvrières. La position assise est signalée dans 30,8% des cas, suivie des changements de poste avec 27,8%, la position debout (23,3%) et les mauvaises odeurs (20,6%). En outre, le rapport d'enquête signale que 12% des femmes interrogées manipulent des matières dangereuses. Par ailleurs, les ouvrières se plaignent des mauvais traitements qui leur sont infligés par le chef et qui se traduisent notamment par la diminution des heures de travail et donc de la rémunération, citée par 42,7% des ouvrières interrogées, les insultes (31,2% des cas) et le harcèlement sexuel (7% des cas).

    Insultes et insécurité


    La rémunération du travail des ouvrières interrogées se fait au taux horaire de 6,47 DH, alors que le SMIG est fixé actuellement à 7,26 DH l'heure. D'autre part, 16,7% des ouvrières ont déclaré qu'elles ne sont pas rémunérées pour les heures supplémentaires, 31,1% ne sont pas payées pour les jours fériés et 41,8% reçoivent pour le travail de nuit la même rémunération que pour les heures de jour. Quant à la prime d'ancienneté et à la promotion interne, 50,3% des travailleuses déclarent ne pas bénéficier de la première et 64,2% n'ont pas connu la deuxième dans leur poste actuel.

    Par ailleurs, 27,9% des travailleuses ne disposent d'aucun système de sécurité sociale, 81,2 % n'ont pas de mutuelle et 64,2% ne sont pas couvertes en cas d'accident de travail. 14,8% seulement des ouvrières interrogées disposent d'un système de retraite.
    En plus, 57% de l'ensemble des cas récusent les mauvais traitements que leur inflige le chef. 12% des ouvrières ne se sentent pas en sécurité. Néanmoins, 50,3% parmi les 330 travailleuses concernées tiennent à leur poste à cause de la rareté de l'offre de travail.

    Si les ouvrières de la confection paraissent sous-payées et maltraitées, elles restent malgré tout peu syndiquées. 98,5% ne font partie d'aucun syndicat.

    H. A


    Fiche technique de l'enquête


    L'enquête a porté sur un échantillon de 330 femmes travaillant dans 60 entreprises de confection réparties sur 13 quartiers du Grand Casablanca (Oulfa, Beauséjour, Mâarif, Bourgogne, Médina, Hay Mohammadi, Hay Moulay Rachid, Sidi Maârouf, Lissasfa, Bouskoura, Roches Noires et Aïn Sebaâ). La méthode d'échantillonnage adoptée est celle des itinéraires. Toutes les entreprises sélectionnées sont des entreprises structurées.

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