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    Entreprise Internationale

    Les Espagnols en plein «big bang»

    Par L'Economiste | Edition N°:297 Le 25/09/1997 | Partager

    De notre correspondante à Madrid, Pascale BOURGAUX

    La concurrence extérieure, notamment du Maroc, oblige un secteur important pour l'économie espagnole à s'adapter et se rénover. Les experts du Centre d'Information du Textile et de la Confection (CITYC) analysent les facteurs de la légère reprise et les causes structurelles de la crise.


    Principalement due à la baisse de la consommation interne, à la forte concurrence et à la détermination des prix, la tourmente qui s'était abattue sur le secteur textile espagnol semble aujourd'hui s'éloigner. D'après le rapport élaboré par le CITYC, plusieurs facteurs sont à l'origine de cette soudaine éclaircie.
    En premier lieu, figure le réveil de la consommation des foyers espagnols -«matérialisée par une tendance lente mais positivement croissante». D'après le rapport, «ce réveil s'est fait ressentir dans les commerces pendant l'automne-hiver 1996-97 et la saison actuelle de printemps-été, avec des résultats supérieurs à ceux des mêmes saisons de l'année dernière». Mais si cette récupération est bien réelle, les statistiques du CITYC montrent aussi que la confection a perdu du poids dans le budget familial: «les loisirs, les voitures et certains équipements domestiques sont prioritaires, tandis que le vêtement et l'alimentation perdent de l'importance». Un deuxième facteur qui a amélioré la situation du textile est le changement dans le secteur de la distribution. «Suivant la tendance remarquée dans d'autres marchés plus avancés, expliquent les experts du CITYC, les commerces multimarques perdent du terrain face aux réseaux de distribution, dits «organisés», tels les chaînes, les franchises, les hipers- qui ont une capacité finan-cière et organisative nettement supérieure. Toutefois, cette ten-dance se stabilise suite à la réaction des détaillants -amélioration de leur image- et la saturation du marché intérieur -les franchises et chaînes se tournent vers l'extérieur».
    Le troisième facteur de crise et des constants efforts d'adaptation du secteur est, selon le rapport du CITYC, la concurrence étrangère qui, elle, ne cesse de croître.

    Anecdotiques avant 1986, les importations d'articles vestimen-taires sont devenues une réalité permanente dans le marché espagnol, atteignant, cette année, plus de 380 milliards de Pesètes. En 1996, cette balance commerciale était déjà en déséquilibre puisque les importations d'articles de confection s'élevaient à 200 milliards et de mailles à 150 milliards de Pesètes, tandis que les exportations se chiffrent respec-tivement à 95 milliards et 65 milliards pour la même période.
    D'après le CITYC, l'incidence de le concurrence extérieure varie fortement en fonction du type d'article et du segment de marché visé (bas, moyen ou haut) ainsi que la présence et la «spécialisation» de certains pays producteurs -l'Italie pour les produits bon prix-bonne qualité et la Chine pour les produits de bas de gamme. Aucune mention n'est faite au Maroc où de nombreuses entreprises espagnoles se sont installées ces dernières années. D'un ton relativement alarmiste, les experts évoquent le danger des pays aux coûts de production moindre: «Il est prévisible qu'à court terme les courants libéralisateurs au niveau mondial génèrent dans notre marché une nouvelle pression en provenance de pays en voie de développement, ce qui va accélérer la reconversion du secteur à la recherche de niveaux de compéti-tivité plus élevées».

    Or, ces dernières années, les industriels du textile espagnols ont déjà opéré des adaptations substantielles au nouveau contexte mondial, et ce dans trois directions. L'internationalisation des entrep-rises espagnoles en est une.
    Obstinément tournées vers le marché intérieur, celles-ci ont compris qu'il fallait adapter leur stratégie commerciale et profiter de l'ouverture du marché européen, par exemple. C'est ainsi que plusieurs boutiques espagnoles, Zara, Mango ou Adolfo Domin-guez, ont aujourd'hui pignon sur rue dans les avenues chics de la plupart des capitales européennes -Paris, Bruxelles, etc- et mondiales -New York...
    D'après le CITYC, les deux autres domaines sont la flexibilité organisative à l'intérieur de l'entreprise et l'innovation. «Les entrep-rises adaptent leurs produits aux nécessités du consommateur».

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