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    Economie Internationale

    Les disparités riches-pauvres se creusent

    Par L'Economiste | Edition N°:296 Le 18/09/1997 | Partager

    Comme chaque année, le CNUCED, la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement, publie son rapport sur l'état du Commerce et du Développement dans le monde. Pour l'organisme, les échanges extérieurs profitent surtout aux nations riches.


    Divise en deux grandes parties, le rapport englobe pratiquement tous les aspects des économies de tous les pays répartis en régions et sous-régions, donne une image globale de leur situation et leur prodigue conseils et recommandations. La première partie dresse un tableau de l'économie mondiale avec ses performances et ses perspectives pour les années futures. Elle aborde également les questions liées aux marchés financiers internationaux et aux dettes externes des pays en développement en mettant l'accent sur les décisions prises au cours de la conférence mixte du FMI et de la Banque Mondiale d'octobre 1996. La seconde partie parle de la globalisation, de la distribution et de la croissance, l'ensemble étant divisé à son tour en six chapitres chacun abordant en détail les problèmes liés à l'inégalité, la libéralisation, la distribution des revenus et la promotion des investissements.
    Les auteurs du rapport passent en revue les grandes lignes de la croissance mondiale, des échanges internationaux et de l'évolution des prix des matières premières durant les années 94, 95, et 96 avant de faire des projections sur leur situation en 97. Ils donnent une image complète de tous les pays, des plus puissants, USA et Japon, aux plus pauvres regroupés en régions et sous-régions. Cette partie n'apporte pas grand-chose aux observateurs de l'économie mondiale car elle reprend ce qui s'est passé en 96 avant de faire une projection rapide mais très exacte sur 1997 avec quelques commentaires sur les risques qui subsistent d'ici à la fin de l'année.

    Le deuxième chapitre s'intéresse lui aux marchés financiers internationaux et aux dettes contractées par les pays en voie de développement étudiés région par région. Il s'attarde sur les réponses que certains ont donné aux flux de capitaux qui étaient injectés dans leurs économies et achève son analyse sur les problèmes liés à la renégociation des dettes et à leur allégement conformément aux mesures prises par le FMI et la Banque Mondiale en accord avec les grandes puissances mondiales. Plusieurs tableaux provenant de sources variées apportent un peu d'air à ce qui ne pourrait être qu'un rapport de plus parmi la pléthore qui sont à la disposition de toutes les personnes, administrations, compagnies privées ou publiques intéressés par le sujet.
    Divisée en six chapitres, cette partie est plus intéressante car elle revoit en détail des sujets globaux qui intéressent dirigeants politiques, économiques et milieux d'affaires, comme la redistribution des richesses, la libéralisation ou encore la croissance et la promotion des investissements. Ce dernier sujet est d'ailleurs appliqué à un exemple significatif car couronné de succès celui de l'Asie du Sud-Est. Mais ce qui est notable dans cette partie c'est le ton relativement alarmant du rapport. En effet, souligne-t-il, si l'économie mondiale d'aujourd'hui est arrivée à un tel degré d'intégration ce n'est pas sans avoir creusé des fossés profonds entre nations pauvres et riches. De nombreuses disparités économi-ques et sociales sont apparues entre et dans beaucoup de pays dont le taux de croissance bien que soutenu n'est pas assez fort pour les endiguer, à court et à moyen terme.

    D'autant que la précarité des emplois et l'érosion des revenus ont donné naissance à une nouvelle classe moyenne qui vit dans l'insécurité permanente et qui peut être à l'origine d'un retour de balancier politique «pouvant venir aussi bien du Nord que du Sud», d'après les propres termes des auteurs du rapport. Il est clair que si ces prévisions pessimistes se réalisaient, elles seraient de nature à remettre en cause les réformes positives mise en oeuvre au cours de dix dernières années tant dans les pays développés que dans ceux en développement. Et ceci n'irait pas sans un possible recul de certaines réalisations obtenues grâce à l'intégration économique.
    Les conclusions du rapport sont semblables à celles des économistes du monde entier, universitaires, chercheurs, ou travaillant dans les sociétés boursières des grandes places financières internationales. SI la bataille contre l'inflation est pratiquement gagnée dans la plupart des pays, notamment ceux qui en avaient à deux et trois chiffres dans les années 80, ce succès ne s'est pas accompagné par une croissance plus rapide. Or si celle-ci à atteint globalement des taux de 6% dans les pays en développement, les nations les plus riches ne dépassent pas 2 ou 3% dans les meilleurs des cas.

    Levée de l'embargo


    Sous embargo jusqu'au 15 septembre, ce rapport était simultanément diffusé dans plusieurs pays membres de la CNUCED. Plusieurs conférences de presse ont été animées par les représentants régionaux de l'organisation.
    Pour l'Afrique, c'est le Pr Benno Joseph Ndulu, Directeur exécutif de l'antenne de recherche de l'économie appliquée qui a tenu un point de presse à Nairobi, la capital kényanne.
    En Amérique Latine, c'est M. Angel Escudero Paz, directeur du Centre d'information des Nations Unies et M. Arturo O'Connell, directeur du centre d'économie internationale du Ministère argentin des Affaires Etrangères qui en ont assuré la présentation.

    Fayçal BENHSSAÏN

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