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    LES CAHIERS DE L’EMERGENCE
    Butane: L’impossible décompensation

    Par L'Economiste | Edition N°:3430 Le 23/12/2010 | Partager

    . Le gouvernement l’envisage comme un préalable à la libéralisation . La refonte de la structure des prix devient obligatoire Envisagée mais difficile à mettre en place. La décompensation du butane fait l’objet d’une étude lancée par le très hermétique ministère de l’Energie et des mines. Pour autant, rien ne garantit que le gouvernement ira jusqu’au bout. Car si elle est susceptible d’alléger les charges de l’Etat, elle pourrait nuire au pouvoir d’achat d’une frange importante des ménages les plus pauvres. Aujourd’hui, la consommation du butane se poursuit sur un rythme de 5 à 6%. A fin octobre 2010, elle a atteint 1,4 million de tonnes contre 1,366 million comparativement à la même période que l’année dernière. Une consommation satisfaite à plus de 96% par les importations. Et sur une enveloppe de 6,9 milliards de dirhams consacrée à la subvention des produits pétroliers en 2009, 5,1 milliards de dirhams ont été consacrés au butane. Dans le schéma qui se dessine, l’option du ciblage semble avoir les faveurs du gouvernement qui s’inspire des expériences menées par des pays d’Amérique Latine qui ont instauré le système du transfert monétaire conditionné. Le dispositif est similaire à celui de Tayssir visant l’encouragement de la scolarisation des enfants dans les zones rurales. Pour le butane, le gouvernement pourrait mettre en place un dispositif similaire en réaffectant une partie des ressources générée par la décompensation à des allocations directes aux ménages pauvres. Car le constat est que la subvention du butane est déviée de son objectif principal. Elle profite à hauteur de 10% seulement aux populations démunies. Au lieu d’être réservée à un usage domestique, la bouteille de butane, est également utilisée dans le pompage d’eau et par certaines industries. Une étude commanditée par le Premier ministre a relevé «qu’une partie du pouvoir d’achat transféré, par le biais des subventions aux ménages, se trouve, in fine, capturée par les multiples intermédiaires sur les marchés de distribution à travers les prix de vente et/ou la fraude sur les quantités et sur la qualité». La décompensation du prix du butane, si elle est mise en place, constituera un premier pas vers la libéralisation des prix. Ce qui pourrait assurer une utilisation rationnelle de ce produit. Mais auparavant une mise à niveau de tout le secteur s’avère nécessaire. La première étape importante reste l’actualisation de la structure des prix. Les opérateurs la réclament puisqu’elle n’a pas bougé depuis 1995. « Les marges assurées dans le cadre de la structure des prix n’ont pas évolué depuis plusieurs années. En parallèle, les coûts des entreprises sont en augmentation », observe Tawfiq Hamoumi, directeur général délégué du pôle Gaz à Akwa Group. Dans ce secteur stratégique, l’Etat coordonne l’ensemble des opérations. La tarification en amont est certes indexée sur le marché international mais, en aval, l’Etat fixe les marges de commercialisation à tous les stades: marge d’emplissage, marge de distribution, marge dépositaire et marge détaillant. Surtout que la chaîne de commercialisation de la bouteille de gaz est caractérisée par la multiplicité des intervenants. Aujourd’hui, le marché compte 16 sociétés de distribution dont certaines exercent au niveau régional. Elles distribuent le gaz conditionné via des dépositaires auxquels elles sont liées par contrat. Au total, l’on compte près de 500 dépositaires. Deuxième étape importante, la refonte de la réglementation en vigueur. Celle-ci étant jugée «veillotte» et dépassée. C’est le cas par exemple de l’âge d’écrasement des bouteilles de gaz. « Certaines conditions sont draconiennes. Par exemple, en France la bouteille de gaz n’a pas d’âge. Elle doit réussir des tests et des contrôles réguliers», explique Hamoumi. Le parc de bouteille est estimé à près de 34 millions de réservoirs dont 13 millions de 12 kg et 20 millions de 3 kilos. Dans cette activité, les sociétés de distributions sont tenues de posséder un minimum de 30.000 bouteilles répartis dans trois dépôts. Leur vérification incombe aux centres emplisseurs. L’écrasement des bouteilles étant fixé à 40 ans pour les bouteilles de 12kg et 30 ans pour celles de 3kg.


    Stockage

    Une nouvelle politique de stockage est prônée. Les pouvoirs publics encouragent ainsi la réalisation de centres emplisseurs à travers tout le pays. Ce qui permettra aussi d’assurer une répartition équilibrée des stocks sur l’ensemble du territoire. Actuellement, le Maroc dispose de 158.000 tonnes de capacité de stockage dont 110.000 tonnes au niveau de Somas, 6.000 tonnes au niveau du terminal de Nador et 42.000 tonnes par les centres emplisseurs. Des investissements sont réalisés au niveau de Jorf Lasfar et permettront d’augmenter cette capacité. Khadija MASMOUDI

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