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    Enquête

    Le projet de fonds de pension remet sur le tapis la réforme des régimes de retraite

    Par L'Economiste | Edition N°:687 Le 21/01/2000 | Partager


    · Si elle aboutissait, la mesure annoncée par le ministre des Finances devrait permettre de redynamiser le marché financier

    L'annonce faite dernièrement par M. Fathallah Oualalou sur le projet de fonds de pension a apporté du baume au coeur des opérateurs de la place financière. Si le projet se concrétise, ce sera sans doute un des meilleurs moyens pour redynamiser le marché. Les fonds de pension, qui sont des systèmes de retraite par capitalisation, constituent un outil privilégié d'épargne institutionnelle. A cet égard, et bien qu'il reste encore à faire en matière de transparence et de contrôle, la réforme du marché des capitaux initiée en 1993 offre de meilleures opportunités de placements.
    L'idée d'examiner la faisabilité des fonds de pension avait germé du temps de l'ex-ministre des Finances, Mohamed Kabbaj, à l'issue du fameux rapport Bossard & Mazars sur le développement de l'épargne institutionnelle. M. Oualalou ne fait donc que réactiver un projet amorcé par ses prédécesseurs. A l'époque, le thème était même devenu à la mode puisqu'il a fait l'objet de séminaires sur le miracle chilien (qui l'est de moins en moins) ou encore sur l'expérience des pays d'Europe occidentale.
    Mais attention, ce serait une erreur que de limiter les initiatives sur les retraites à une simple affaire de fonds de pensions comme la déclaration du ministre pourrait le laisser croire. Ce serait mettre la charrue avant les boeufs. Il serait en effet hasardeux de mettre en place un système, qui redynamiserait le marché financier certes, mais qui viendrait compliquer le puzzle des retraites et se greffer sur une pléthore de régimes en proie à une série de dysfonctionnements. Les experts sont d'avis que le dossier doit être abordé dans sa globalité. Car les menaces sont nombreuses.
    Les défis que les systèmes de retraite doivent relever tiennent à plusieurs contraintes. La première a trait au vieillissement de la population. Cette tendance est universelle. Dans la plupart des pays de l'OCDE, l'augmentation la plus marquée de la tranche de la population âgée de 65 ans et plus doit se produire après 2010 (Rapport de l'OCDE pour l'année 1996). Le Maroc est également concerné. En 2014, près de 9 personnes sur 100 seront âgées de 60 ans et plus (estimations du Centre d'Etude et de Recherches Démographique) contre 7 sur 100 en 1997. A elles seules, les villes compteront plus de 2,2 millions de personnes.

    Flou juridique


    L'importance de ce chiffre pose inéluctablement la question du financement des caisses de retraites, en particulier qui fonctionnent par répartition, et où ceux qui travaillent cotisent pour ceux qui sont à la retraite. La deuxième contrainte est liée au raccourcissement de la vie professionnelle, notamment avec l'apparition de la retraite anticipée. Ce qui là aussi contribue à la dégradation du rapport actifs/inactifs.
    Au Maroc, la réforme des systèmes de retraite, si réforme il y a, ne se justifie pas uniquement par ces aspects démographiques ou encore ces questions d'emploi. Les experts marocains et internationaux n'ont cessé de le répéter: la pléthore de régimes existants sont confrontés à de nombreuses difficultés. A commencer par le flou juridique qui règne au sein de certains établissements, l'absence de normes comptables ou encore le manque de coordination. Dans le privé par exemple, la CIMR qui gère plusieurs milliards de DH pour les salariés du privé a toujours le statut d'association. Dans le publique, la plupart des régimes sont sous-capitalisés. Au-delà, il s'agit aussi de s'engager sur des aspects aussi variés que la représentativité des salariés ou encore le contrôle financier des institutions de protection sociale. Deux thèmes d'actualité, si l'on juge d'après le mouvement de lobbying qui semble gagner les affiliés de la CIMR ou encore la réactivation de la procédure judiciaire autour de malversations supposées au sein de la CNSS (Cf notre édition du 7 janvier). L'on rappellera qu'un projet prévoit d'autoriser la Cour des Comptes à contrôler les organismes sociaux. C'est de bonne guerre. Car l'opacité qui entoure la gestion de plusieurs institutions, qu'il s'agisse de caisses autonomes ou des régimes publics, n'est pas pour rassurer.

    Mohamed BENABID

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