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    Economie

    Le prix du fuel industriel flambe en catimini

    Par L'Economiste | Edition N°:3331 Le 02/08/2010 | Partager

    . Le gouvernement a décidé une augmentation de 592 DH la tonne. La mesure effective depuis le 16 juillet selon le ministère de l’Energie. Les industriels pas au courant LA mesure est passée inaperçue. Le prix du fuel industriel a augmenté de 592 DH la tonne. Les industriels devront donc payer 3.698 DH la tonne contre 3.086 DH auparavant pour ce produit dont la consommation atteint 1 million de tonnes. Une hausse qui permettra d’atténuer les charges de la compensation pour le fuel industriel: il sera subventionné à hauteur de 1.000 DH la tonne contre près de 1.600 DH accordés durant ces derniers mois, précise-t-on auprès du ministère de l’Energie et des mines. La décision prise en commun accord entre le ministère de l’Energie et celui des Affaires générales du gouvernement est effective depuis le 16 juillet dernier, affirme le cabinet de Amina Benkhadra, ministre de l’Energie. Dans cette «poussée» des prix, le fuel destiné à l’ONE est exclu évitant certainement une hausse des tarifs de l’électricité. Cette augmentation intervient à un moment où les charges deviennent trop importantes pour la Caisse de compensation. Celle-ci décaisse mensuellement près de 2 milliards de DH en subvention de produits pétroliers surtout avec la hausse des prix du pétrole ayant marqué les derniers mois. La situation est telle que la Caisse de compensation est quasiment à sec. En tout cas, le ministère des Finances avance que près de 12,8 milliards de DH sur les 14 milliards budgétisés au titre de la loi de Finances 2010 ont été engloutis. A lui seul, le différentiel de TVA sur les produits pétroliers pris en charge par l’Etat (via la Caisse de compensation) nécessite 1,7 milliard de DH. Car, même si elle a été adoptée dans la loi de Finances 2010, l’augmentation de la TVA de 7 à 10% sur les produits pétroliers n’a pas été répercutée sur le consommateur final. Une décision qui pourrait être revue, mais rien n’est encore tranché. Dans tous les cas, la charge de la compensation relance vivement le débat sur l’urgence de la réforme du système en place. «Il faut que le Maroc cesse de se comporter comme un pays producteur de pétrole», soutient une source sous couvert de l’anonymat. C’est connu, le système actuel profite beaucoup plus aux couches de populations aisées qu’aux plus démunies qui justifient l’effort budgétaire consenti par l’Etat. Il est même devenu insoutenable en termes de charge budgétaire eu égard à l’évolution erratique et volatile des cours mondiaux, notamment ceux des produits pétroliers. L’augmentation du prix du fuel ne serait donc qu’un premier pas d’une série de mesures que le gouvernement concocte et qui s’ajouteraient à celles lancées depuis plusieurs mois (Tayssir par exemple). Pour l’heure, les industriels contactés par L’Economiste ne sont pas au courant de cette hausse du prix du fuel. Pour autant, elle soulève les contestations surtout durant cette période caractérisée par la flambée des prix des matières premières. Dans le textile, par exemple, le prix du coton a pratiquement doublé. «Compte tenu de la hausse des prix des matières premières, les pouvoirs publics auraient pu agir sur d’autres leviers. La compétitivité des entreprises étant déjà mise à rude épreuve», déclare Karim Tazi, directeur général de l’Amith. David Toledano, président de la Fédération des industriels de matériaux de construction, craint que cette augmentation ne pousse certaines industries à basculer vers le butane, un produit fortement subventionné par l’Etat (près de 40% du prix). «Au niveau de la fédération, il n’y a pas eu de préavis à l’annonce de cette augmentation. Mais le risque avec une telle hausse est que les gens basculent vers une autre énergie telle que le butane grevant ainsi les charges de l’Etat». Khadija MASMOUDI

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