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    Le premier réacteur nucléaire dans deux ans

    Par L'Economiste | Edition N°:297 Le 25/09/1997 | Partager

    Le Maroc est le seul pays du pourtour méditerranéen à ne pas avoir son réacteur nucléaire. Le Centre d'Etudes Nucléaires de Maâmora attend toujours une autorisation de construction pour voir le jour. Pendant ce temps-là, le pays a pris beaucoup de retard.


    Le Centre d'Etudes Nucléaires de Maâmora (CEN) tarde à être réalisé. Le démarrage des travaux de construction, normalement prévu pour 1996, a été retardé à plusieurs reprises. Les responsables avancent cette fois la date de janvier 1998 pour les premiers coups de pioche. Le retard par rapport aux prévisions s'explique par le fait que le Centre National de l'Energie, des Sciences et des Techniques nucléaires(CNESTEN) n'a pas encore réussi à décrocher l'autorisation de construire. Le projet de décret instituant cette autorisation est maintenant soumis à l'avis consultatif des différents départements ministériels concernés: l'Energie et les Mines, l'Environnement, l'Equipement... etc. La signature du décret devrait intervenir dans un délai ne dépassant pas les deux mois d'après les responsables du CNESTEN.
    Le Centre de Maâmora qui est situé à 22 km de Rabat a été choisi en 1986 sur la base de sa proximité du tissu scientifique et industriel de l'axe Casa-Kénitra, de critères géologiques, sismiques et géotechniques. Le CEN, qui devra être opérationnel dans deux ans, est une réalisation complexe intégrant des activités scientifiques et techniques variées sur une superficie globale de 25 ha. Il permettra le développement de trois grandes catégories d'activités:
    *La production de radio-isotopes à usage médical et industriel et les prestations de services en matière d'analyse nucléaire et de métrologie des rayonnements au profit des secteurs des mines, de l'environnement, de l'hydrologie...

    *Les activités dites de support, qui regroupent la gestion des déchets radioactifs, la maintenance et l'instrumentation nucléaire et l'assistance technique en radioprotection.
    *La recherche scientifique et appliquée dans le domaine des sciences et des techniques nucléaires en coopération avec les universités et les organismes intéressés.
    Le Centre disposera d'un réacteur nucléaire Triga Mark II ( le fournisseur du réacteur est la société américaine General Atomics) de puissance 2 mW qui sera le coeur de son activité pour la production dans un premier temps des radio-isotopes et des radiopharmaceutiques.
    Dans l'avenir, le CEN ambitionne d'assurer au pays la maîtrise du savoir- faire en matière de technologie nucléaire, nécessaire pour la matérialisation d'un programme de production de l'électricité par l'énergie nucléaire.
    D'autres applications pourront également bénéficier de ces acquis, à savoir le dessalement de l'eau de mer par l'énergie nucléaire, la conservation des aliments et la stérilisation des produits industriels par irradiation.

    L'option électronucléaire


    Le Maroc a démarré timidement le développement de cette source d'énergie. Durant la décennie 1960, les applications de cette nouvelle technologie ont été diffusées dans plusieurs secteurs: enseignement, agriculture, mines, médecine, hydrologie et biologie. En 1967 fut créée la commission interministérielle de l'énergie atomique chargée de promouvoir tout programme d'utilisation de l'énergie atomique.
    A partir de 1970, l'Etat a accordé plus d'attention à ce secteur à travers la mise en place d'un accélérateur de neutrons à la Faculté des Sciences de Rabat, d'une dizaine de laboratoires de physique nucléaire dans les autres facultés du pays et d'un certain nombre de laboratoires de recherches dans différents départements ministériels.
    Le choc pétrolier de 1973-74 a été le point de départ d'une réflexion des pouvoirs publics sur l'option électronucléaire. Dans ce contexte, et afin de préparer les infrastructures de base de cette nouvelle option énergétique, il a été procédé à la création en 1986 du Centre National de l'Energie, des Sciences et des Techniques Nucléaires. La réalisation du Centre de Maâmora devrait être la concrétisation sur le terrain de cette option pour l'électronucléaire.

    Salim LAHJOMRI

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