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    Le paradoxe de l'an I de la nouvelle CGEM : Deux tiers des cotisations en souffrance chez les adhérents

    Par L'Economiste | Edition N°:237 Le 04/07/1996 | Partager


    De l'assemblée générale du patronat réunie le 27 juin dernier, l'on retiendra que plusieurs adhérents ne sont pas en phase avec la dynamique de la Confédération. L'action du patronat risque la paralysie en raison des arriérés de cotisations accumulés par ses membres.


    L'assemblée générale de la CGEM (Confédération Générale des Entreprises Marocaines), réunie jeudi 27 juin, au lendemain de l'accord "historique" conclu avec le gouvernement, a été l'occasion pour le patronat et son président, M. Abderrahim Lahjouji, d'étaler la montée en puissance et la "belle forme" de la Confédération.

    Commentant ce deal, M. Lahjouji estime qu'il doit "être considéré comme une première ébauche constructive qui permettra l'adoption de mesures positives tendant à encourager les investisseurs. Cet accord, poursuit-il, devrait servir de levier afin d'accélérer les procédures administratives et opérer un toilettage de tous les textes récents ou anciens qui entravent encore, directement ou indirectement, la bonne marche des affaires".

    C'est donc devant une assistance dopée par cette nouvelle que le président de la Confédération patronale a exposé le bilan de l'an I de la "nouvelle" CGEM.

    Manifestement ravis du punch qu'affiche désormais leur Confédératon, les 426 membres présents (le patronat en compte 1.395 cette année contre 792 en 1995) ont entériné comme un seul homme le rapport d'activité présenté par M. Lahjouji. Et ce dernier d'insister auprès de ses pairs sur l'impératif de maintenir le même élan. Pour ce faire, dit-il, il faut des moyens (allusion claire aux arriérés de cotisations accumulés par les membre). Les contributions en souffrance représentent à ce jour près de 4 millions de DH, soit les deux tiers du total des cotisations dues.

    Statut d'utilité publique


    Paradoxalement, il semble que de nombreux membres (qui accumulent des retards de paiement) ne sont pas en phase avec la nouvelle dynamique de la Confédération. Si dans l'immédiat l'action du patronat n'est pas menacée de paralysie, M. Lahjouji n'en a pas moins tiré la sonnette d'alarme: "si nous voulons une institution forte, il faut lui donner des moyens en respectant nos obligations". C'est dans cette optique que l'organisation patronale annonce avoir entrepris des démarches en vue d'obtenir le statut d'utilité publique. Grâce au régime fiscal attaché à ce statut, la CGEM espère ainsi mobiliser ses membres qui auront la possibilité d'imputer leur contribution dans les charges d'exploitation de leurs entreprises. Le patronat pourra également bénéficier des dons déductibles de l'assiette imposable du donateur.

    Pour le reste, la Confédération a rappelé ses positions sur les dossiers qui ont été abordés au cours de la dernière rencontre avec le gouvernement: liberté syndicale, revalorisation des salaires, couverture sociale, etc... Concernant la liberté syndicale, le patronat réaffirme qu'il privilégie le délégué du personnel, "la seule institution élue démocratiquement. Il faut sortir de la logique conflictuelle".

    Retraite anticipée


    Pour la CGEM, le vrai défi aujourd'hui est celui de la mondialisation et de ses conséquences. La concurrence n'a plus de frontière, tout comme la globalisation n'est pas un mot creux, précise M. Lahjouji. La Confédération se défend de transformer ces jargons en alibi pour ne pas concéder d'efforts en matière salariale. "A priori, on n'est pas contre, mais les situations ne sont pas les mêmes". Manière de dire qu'une amélioration du bulletin de paie n'est pas l'ennemi de la compétitivité. "Mais toute la problématique est de concilier justice sociale et contrainte de compétitivité". Par conséquent, toute généralisation en la matière serait contre-productive, explique le président de la CGEM. Pour y arriver, le patronat veut relancer les conventions collectives, en veilleuse actuellement, "seul instrument capable de déterminer les vraies conditions économiques de chaque secteur". Il ne faut pas se leurrer, renchérit un intervenant, c'est de l'amélioration de la productivité que découle toute augmentation des salaires.

    Aux syndicats, la Confédération suggère d'être plus réalistes en se référant au critère de rendement plutôt que d'avancer des propositions "démagogiques". La CGEM se dit en revanche favorable à la généralisation de la couverture sociale. De même que les patrons ne trouvent aucun inconvénient à la revalorisation des retraites. Au cours de la réunion avec les pouvoirs publics, la
    Confédération est également revenue sur sa revendication constante de l'élargissement de la sécurité sociale à l'économie souterraine et de sa fiscalisation. Elle a également fait une proposition sur la retraite anticipée à 55 ans, "qui permettrait de libérer des places pour les jeunes en quête d'emploi".

    Abachi SHAMAMBA

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