×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Le numéro de charme de Telefonica et France Télécom

    Par L'Economiste | Edition N°:310 Le 25/12/1997 | Partager

    La valse des propositions s'est enclenchée, pour de bon cette fois-ci. Devant une assistance de plus de 600 personnes, Telefonica et France Télécom ont plaidé pour leurs propositions respectives: Chacun des deux opérateurs se présente comme étant le meilleur partenaire stratégique d'IAM.


    «C'est à un véritable numéro de danse du ventre que se sont livrés les deux grands opérateurs internationaux des télécommunications». C'est du moins ce qu'ont retenu les participants aux 3èmes journées des télécommunications des présentations de France Télécom et de Telephonica. L'enjeu est de taille: il s'agit de la future entité d'Itissalat Al-Maghrib (IAM) dont le capital sera ouvert et des alliés stratégiques que le Maroc est amené à choisir dans cette opération.
    Evidemment, le moment pour exécuter ce numéro de danse était bien choisi, notamment en présence de M. Abdessalam Ahizoune, directeur général de l'ONPT mais surtout ministre des Postes et Télécommunications dont le département est impliqué dans l'orchestration du processus de libéralisation.
    Pour le grand patron de France Télécom, M. Jacques Bon, «le passage du public au privé est difficile. Nous pensons apporter à IAM quelques outils pour réussir ce passage». A ce niveau, M. Bon met en avant l'expérience de l'opérateur français en tant qu'organisme public avant son ouverture à la concurrence.

    C'est clair, France Télécom manifeste sans détours son intérêt pour la participation dans le capital de l'opérateur marocain. Pourtant, à l'occasion de la conférence de presse qu'il a tenue le 26 novembre dernier(1), le groupe français est resté très discret quant à une éventuelle participation au capital d'IAM. «Nous ne pouvons pas spéculer sur les décisions du gouvernement». En revanche, il avait exprimé son souhait de devenir le deuxième opérateur GSM au Maroc. Pour ce faire, il a conclu un partenariat avec Wafabank par la création d'une société mixte, futur noyau d'une entreprise ouverte à d'autres investisseurs. Aujourd'hui, les données auraient-elles changé? France Télécom aurait-elle eu des assurances de la part du gouvernement marocain?, s'interrogent des observateurs.

    6 décrets au prochain Conseil de Gouvernement


    On ne peut occulter le hasard du calendrier qui a fait coïncider la tenue de ces journées avec la visite du Premier ministre français.
    Dans tous les cas, s'exclame un participant, l'opérateur français semble décidé à «tirer sur tout ce qui bouge dans les télécoms marocaines». Somme toute, pour M. Bon, «cela n'est guère contradictoire». Mais cela ne reviendrait-il pas à remplacer un monopole par un autre?
    Quant à Telefonica, elle n'y est pas allé par quatre chemins. Elle a déjà présenté publiquement sa stratégie(2): être partenaire d'IAM. Le groupe espagnol souhaite prendre une participation minoritaire dans le capital d'IAM. Dans sa stratégie, le Maroc sera choisi comme plate-forme pour pénétrer le reste du marché nord-africain et du Moyen-Orient.

    Telefonica se propose donc de créer une filiale marocaine dans laquelle seront représentés des opérateurs nationaux. Et c'est cette filiale qui interviendra dans le processus de privatisation.
    La cour à IAM ne fait donc que commencer. En attendant, l'Administration joue la coquette en ne laissant rien filtrer sur ses intentions. Cependant, M. Ahizoune a affirmé que l'élaboration des décrets d'application sur IAM, les tarifs d'interconnexion et autres volets est presque achevée. «Je ferais tout pour que ces décrets soient examinés lors du prochain Conseil de Gouvernement».
    Par ailleurs, à l'occasion de la réception par la CGEM du Premier ministre français M. Lionel Jospin, M. Driss Jettou, ministre des Finances, du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat, a annoncé pour 1998 la concrétisation des deux principales opérations: l'attribution de la 2ème licence GSM et l'ouverture du capital d'IAM. Cela étant, avancer 1998 comme calendrier demeure vague. Les professionnels attendaient l'annonce d'un échéancier plus précis, notamment à l'occasion de ces 3èmes journées nationales des télécommunications

    Badra BERRISSOULE

    (1) Cf l'Economiste n°307.
    (2) Cf L'Economiste n°306.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc