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    Economie

    Le MSP veut réduire du quart la mortalité maternelle

    Par L'Economiste | Edition N°:298 Le 02/10/1997 | Partager

    Plus de sept femmes meurent chaque jour en donnant la vie ou en cours de grossesse. A l'origine, les défaillances de l'infrastructure sanitaire, mais aussi des facteurs socio-culturels.


    «C'est honteux et intolérable pour un pays d'un tel niveau de développement affiche des taux aussi alarmants en matière de mortalité maternelle». Pour le Pr Amina Balafrej, chef de la Division Information, Education et Communication à la Direction de la Population au Ministère de la Santé Publique (MSP), la sonnette d'alarme est bien tirée. Plus de sept femmes meurent chaque jour de grossesse, d'accouchement ou des suites d'accouchement. Ainsi, chaque jour, un événement heureux tourne au malheur pour 7 à 8 familles.
    «C'est énorme. Le chiffre est équivalent à celui enregistré par les accidents sur la voie publique», s'indigne M. Mustapha Tyane, directeur de la Population au MSP. Pour 100.000 naissances, 332 femmes meurent chaque année. En milieu rural, ce taux atteint 362 femmes.
    La stratégie arrêtée pour l'an 2000 par le Ministère de la Santé Publique vise à réduire de 25% le taux de la mortalité maternelle, de 50% la mortalité maternelle intra-hospitalière et de 30% la mortalité néonatale.
    A côté, la Tunisie, est plutôt en bonne santé: 170 femmes décèdent pour 100.000 naissances. L'Europe perd 19 femmes. Selon le Dr Abdelwahab Zerari, de la Direction de la Population, ces comparaisons doivent être commentées avec prudence. L'enquête réalisée en Tunisie aurait été menée au niveau uniquement de l'hôpital.

    L'indicateur de mortalité maternelle est récent. Le problème avait été soulevé pour la première fois à la conférence de Nairobi il y a dix ans. Jusqu'à cette époque, la bonne santé d'un pays se mesurait par la mortalité infantile. Or, une relation évidente existe entre les deux indicateurs.
    Les taux de mortalité néonatale et infantile ne sont pas en effet meilleurs. Les chiffres de 1995 font état de la mort de 37 bébés pour 100.000 naissances. Quant à la mortalité infantile, elle est de 61 enfants sur 100.000.
    Hémorragie, hypertension de grossesse, infection puerpérale ou encore rupture utérine: ce sont des problèmes maîtrisables si la femme consultait régulièrement un médecin. Cependant 32% seulement des femmes font une consultation prénatale. De même, en 1992, sept femmes sur dix accouchaient à domicile. Seule une minorité bénéficie d'une assistance médicale. Les disparités entre milieux urbain et rural sont très grandes. Si, dans les villes, une femme sur deux accouche en milieu surveillé, en milieu rural, seule une femme sur huit en a la chance. Les interventions obstétricales majeures ou césariennes ne représentent que 2,4% (0,55% pour le rural), soit un déficit de 2,5% par rapport à celui de l'Organisation Mondiale de la Santé (5%). Ces femmes présentant des complications sont donc livrées à elles-mêmes.

    Les raisons sont d'abord socio-culturelles, notamment le refus de se faire suivre par un homme. Mais, même si les femmes sont conscientes des risque qu'elles courent, encore faut-il que les infrastructures soient suffisantes. Or, il existe seulement 130 maternités hospitalières et 200 maisons d'accouchement en milieu rural. Pour ce qui est du personnel formé, ils sont seulement 230 gynécologues obstétriciens, soit un gynécologue pour 200.000 femmes. «Le comble, c'est que des sages-femmes sont en chômage faute de poste budgétaire alors que nous avons formé cette année autant de personnes (200 sages-femmes) que nous n'avons eues en 30 années», indique M. Zerari.
    La stratégie du Ministère à ce niveau se veut multifactorielle. Elle associe plusieurs acteurs des professionnels de la santé, des psychologues et des journalistes afin de sensibiliser le public à la nécessité de la surveillance médicale en cours de grossesse, la planification familiale et l'accouchement assisté. Une pièce théâtrale, réalisée par Farida Belyazid, constitue une première expérience à ce niveau. Sur le thème de la surveillance médicale en cours de grossesse, la pièce a emprunté les sentiers les plus inaccessibles. Khlat Eddar, de son nom, a visité 12 villes et 14 villages.

    Malika EL JOUHARI

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