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    Economie Internationale

    Le Monde arabe en quête d'une croissance plus forte

    Par L'Economiste | Edition N°:292 Le 07/08/1997 | Partager

    Les pays arabes doivent relever le défi de la croissance et s'intégrer rapidement dans l'économie mondiale. Une étude récente du FMI trace la voie à suivre.


    SI les pays arabes souhaitent renouer avec une croissance plus forte, il est essentiel qu'ils relèvent le niveau et l'efficacité de leurs investissements intérieurs, et qu'ils mobilisent une source plus importante et plus stable de financement des investissements. C'est l'idée motrice d'une récente étude réalisée par le Département Moyen-Orient du FMI.
    Examinant les chiffres passés de la croissance de la région, les auteurs ont noté qu'après la forte croissances des années 70 et du début des années 80, les résultats se sont dégradés, car les mesures prises ont été insuffisantes pour contrer l'évolution défavorable de l'environnement extérieur: La croissance a chuté, le taux d'accumulation du capital a régressé et les efforts déployés pour mobiliser l'épargne intérieure ont échoué. Aussi, par comparaison aux autres régions regroupant des pays en développement, la région arabe n'a-t-elle pas suffisamment mis à profit les chances que lui offrait l'évolution économique inter-nationale, en particulier la mon-dialisation. Les pays arabes qui ont continué d'appliquer des réformes et des mesures de stabilisation en ont cependant récolté les fruits: Leur croissance a dépassé la moyenne et leur inflation a été faible.

    Quatre facteurs clés


    L'exemple de la Jordanie est à cet égard très éloquent. Ce pays enregistre un taux de croissance moyen annuel de 6% (depuis 1990), une baisse de l'inflation ainsi qu'un dynamisme notable des exporta-tions sous l'effet de l'application ferme et soutenue des mesures de réforme.
    Le FMI appelle à une plus grande et à une promotion sur des investissements, tant intérieurs qu'étrangers.
    Les résultats décevants de la période de faible croissance et d'investissement plus élevés (1986-95) confirment les limites des stratégies de remplacement des importations et de repli sur soi. Ils montrent que la baisse des investissements a entravé l'accès de la majorité des pays arabes au progrès technologique. Il est donc «vital» que les économies arabes permettent la croissance continue de leur stock de capital et qu'elles fassent en sorte que le financement de leurs investissements soit à la fois accru et stabilisé.

    Pour changer durablement, de façon à atteindre des taux de croissance élevés, l'étude du FMI précise que les économies du monde arabe devraient établir un climat économique et financier qui favorise des investissements élevés et efficaces en ressources physiques et humaines.
    Quatre facteurs clés permettront à la région de relever le défi de la croissance et de s'intégrer dans l'économie mondiale.
    Il s'agit de maintenir des conditions macro-économiques stables, d'accélérer les réformes structurelles qui élargissent et intensifient le rôle du secteur privé dans une économie de plus en plus orientée vers l'extérieur, de renforcer les institutions et développer les flux d'informations qui aident à prendre les décisions d'investissement les plus optimales et enfin de relever le niveau et la qualité des investissements.

    Intervention étatique


    Sur un autre registre, les auteurs de l'étude déplorent le fait que les pays arabes ne se sont pas bien intégrés dans l'économie mondiale, qu'ils n'ont pas bénéficié de l'essor récent des investissements directs étrangers et des flux de capitaux vers les pays en développement et qu'ils risquent de se voir margina-lisés.
    Le rôle du secteur public est une question critique pour les économies arabes. Les gouvernements assurent un rôle direct et étendu dans la gestion des affaires économiques et financiers.
    Les écarts entre les résultats obtenus par les différents pays arabes s'expliquent en partie par la différence dans la nature et la qualité des interventions de l'Etat pendant les phases traditionnelles de la stratégie de développement fondée sur le remplacement des importa-tions et plus encore par les dif-férences dans la façon dont les gouvernements se sont adaptés aux crises.
    Aussi, des analystes soutiennent-ils que les écarts entre les résultats obtenus dans le monde arabe et dans les autres régions tiennent en partie à l'attitude hostile au secteur privé qu'ont adopté des pays au début de leur développement. Les pays arabes reconnaissent toutefois la nécessité d'adopter une stratégie de développement axée sur le secteur privé et plusieurs d'entre eux prennent déjà des mesures à cet effet. La voie est toute indiquée.

    Salim LAHJOUMRI

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