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    Le marché marocain croît de 10 à 15% mais se prépare à l'onde de choc : Informatique : perturbations et restructuration mondiale

    Par L'Economiste | Edition N°:1 Le 31/10/1991 | Partager

    IBM international pourrait finir l'exercice en perte, pour la première fois depuis 1946 et annoncer 20.000 suppressions d'emploi. Le leader incontesté de l'informatique et du gros système a conclu un accord avec Apple, pionnier du micro et avec Toshiba et... Toyota. Il n'est pas le seul à avoir tapé aux portes de l'automobile, puisque Cap Gemini Sogeti, premier groupe français de conseil a ouvert son capital à Daimler-Benz. Le premier groupe américain de conseil, EDS, appartenant à la General Motors s'est associé, lui, à Compaq qui avait supprimé 1440 emplois et annoncé des pertes importantes.


    Au Maroc, des rumeurs de vente ont couru sur un grand constructeur, alors que 5 distributeurs annoncent leur regroupement et que Digital Equipment arrive.
    Au milieu de la tourmente, Bull-Maroc, installé depuis 1950 multiplie son capital social par quatre et semble s'enraciner comme l'arbre de son logotype.
    Luc Saint-Jeannet, promu directeur général récemment nous a fait part de son analyse sur la crise qui secoue l'informatique au niveau mondial, des incidences sur le marché marocain et de la stratégie de Bull pour l'avenir.
    "L'industrie informatique vit un traumatisme. L'épicentre est aux USA, l'Europe est déjà touchée et l'onde de choc atteindra le marché marocain", reconnaît Luc Saint-Jeannet.
    Il explique ces bouleversements par la montée de nouveaux constructeurs asiatiques, alors que les Américains, ne pouvant plus se contenter de leur marché interne saturé, cherchent de nouveaux débouchés en Europe. Bull, Olivetti et Siemens qui avaient développé des domaines de compétence différents, étudient déjà les possibilités de faire front commun, de coordonner leur potentiel de recherche.

    Le marché marocain : 10 à 15% de progression;

    Le Maroc ne restera pas en marge de ces bouleversements mondiaux, même si ce marché s'accroit de 10 à 15% par an : "C'est un marché en croissance avec explosion sur les postes de travail micro, volonté manifeste des PME de s'équiper en mini, et tassement léger au niveau des systèmes centraux", rassure Luc St Jeannet qui a vécu deux ans sur le terrain marocain en tant que directeur commercial. Néanmoins, il jouera la carte maghrébine, et se raccorde au marché algérien et tunisien où Bull possède des filiales dont la synergie évolue. "Cette vision offre au secteur des volumes et des perspectives en progression". Cette stratégie implique une mobilité des ingénieurs des différents pays, du transfert de compétence et de savoir", pense-t-il.
    Il faut rappeler que la compagnie encourage l'internationalisation de ses cadres : 3 Marocains on rejoint la filiale française et occupé des postes de responsabilité commerciale. Deux y sont toujours.
    En plus des possibilités de synergie offertes par l'UMA, le réseau Maghripac va bientôt ouvrir des perspectives sans précédents au secteur informatique et à ses clients. Maghripac est un réseau public, appartenant à l'Office National des Postes et Télécommunications. Il permettra à des abonnés de faire transiter de l'information au niveau national et même international, même si leurs équipements sont hétérogènes, grâce à des commutateurs. La redevance sera calculée en fonction du volume d'informations transportées.

    Des entreprises et des administrations multiplieront leurs postes de travail sur tout le territoire pour la diffusion ou la remontée de l'information.
    Des changements qualitatifs s'annoncent aussi sur le marché marocain. Les fournisseurs offraient jusque là des machines qu'ils mettaient en marche, s'arrêtant au matériel et au logiciel de base. Désormais la demande tend vers l'interlocuteur unique, capable d'assumer la totalité des rubriques, un maître d'oeuvre engagé sur la totalité du système d'information, sur sa mise en place. Les sociétés de conseils dont le niveau est appelé à s'améliorer, seront chargées de calibrer les réponses des fournisseurs, d'émettre une évaluation professionnelle. L'attitude simpliste du client qui ne regarde que le prix sera dépassée par un avis professionnel sur la solution informatique, sa qualité, sa fonctionnalité.

    Les racines et les branches

    Bull-Maroc, peut être inspiré par l'arbre qui lui sert de logotype, fera face à ces mutations par l'enracinement d'une part et par l'assouplissement de ses branches, de ses circuits de distribution. Il a commencé par multiplier son capital social par quatre pour rassurer ses partenaires commerciaux et financiers.
    Développant la communication institutionnelle, "la compagnie organise des séminaires de culture informatique top-managers. Il faut faire comprendre les enjeux d'un système d'information, présenter les alternatives techniques pour que lorsque l'informatique monte un dossier, les décideurs aient un référentiel culturel pour se prononcer", affirme Luc Saint Jeannet.
    Bull a ensuite annoncé ses engagements technologiques sur les années à venir à ses clients et ses partenaires. Son Distributed Computing Model ou D.C.M., issu d'un important effort de recherche est sa nouvelle architecture de système d'information. S'appuyant sur les normes internationales, il rassure les clients.

    Enfin Bull-Maroc veut se positionner désormais comme un intégrateur, capable de satisfaire une demande globale et variée. Pour cela, il développe:
    - des compétences en amont capable de réaliser des diagnostics, des schémas-directeurs;
    - la réalisation clés en main du système, de la salle machine, du câblage qui permet au client de connecter toutes les nouveautés, les extensions, pour bâtir des immeubles intelligents;
    - la capacité de proposer des solutions en direct aux clients, en matière de matériel, de logiciel, d'analyse, de formation, d'application.
    Pour réaliser certaines applications, Bull-Maroc a passé des accords de partenariat avec des sociétés de services spécialisées. Par ces accords de partenariats, Bull-Maroc introduit une certaine flexibilité dans ses canaux de distribution.
    Les "prestataires agréés" réalisent, dans le sillage de Bull, des applications sur lesquelles ils se sont spécialisées, ou sont devenus leaders.
    Les distributeurs agréés distribuent le matériel informatique avec une valeur ajoutée sur la formation, l'application... et proposent des solutions standardisées pour des secteurs (confection, textile) ou des activités (transit, agence bancaire). Ils sont essaimés sur le territoire national.

    Perspectives technologiques

    C'est d'ailleurs dans l'application, le logiciel que l'informatique offrira désormais des possibilités d'innovation.
    "Sur l'aspect industriel, on ne pourra plus avoir cet inventeur qui met au point le chip miracle. Les enjeux sont tels que les moyens de recherche doivent être colossaux. Je crois encore dans une sorte de Silicon Valley du Software. Sur les plates-formes matérielles mises au point par les grands groupes, des entités légères peuvent innover sur le logiciel", espère Luc Saint Jeannet.
    L'industrie informatique évoluera vers la banalisation, la facilité d'utilisation, l'amélioration de l'interface homme machine.
    Elle continuera donc à s'introduire dans nos entreprises, nos bureaux, nos foyers.

    Khalid Belyazid

    Carte de visite

    A l'origine, en 1919, Frederick Bull, ingénieur norvégien opérant dans l'assurance invente une machine à enregistrer et trier, pour traiter les statistiques. En 1931 la société Bull est créée à Paris pour fabriquer des tabulatrices. Elle met le premier calculateur électronique du monde, GAMMA 3, sur le marché. Devenue Premier producteur d'Europe et second du monde, elle intéresse les Américains. En 1964 General Electric prend le contrôle de la Compagnie, et ne le cédera qu'en 1970 à Honeywell Inc. En 1976 Bull et Honeywell fusionnent et l'Etat français y acquiert une participation majoritaire.

    Bull développe des accords avec le japonais NEC depuis 1962 et acquiert l'activité micro-informatique de Zenith en 1981.En 1990, Bull employait 44.500 personnes à travers le monde et a réalisé 6 milliards de dollars de chiffre d'affaires. Ses centres de recherche-développement et de fabrication sont répartis sur les USA , la France, la G-B., l'Italie, l'Espagne et même l'Australie et l'Inde;
    Bull Maroc a été créé en 1950, emploie 65 personnes et a réalisé un chiffre d'affaires de 100 millions de dirhams en 1990.

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