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    Politique Internationale

    Le livre à l'épreuve de la chaleur

    Par L'Economiste | Edition N°:292 Le 07/08/1997 | Partager

    Avec les grandes chaleurs et les vacances, les projets de voyages se multiplient. Le livre ne fait pas toujours partie des bagages. S'il s'y trouve, c'est souvent un polar ou une belle histoire d'amour.

    - «Vite, ma serviette, mon maillot de bain, mes raquettes, mon ballon, mes baskets... C'est bon, je crois que tout y est».
    -»Tu n'a rien oublié?»
    -»Ah oui.. mon livre!».
    Glisser un livre dans un sac de plage n'est pas encore un réflexe. En effet, l'été n'est pas vraiment la haute saison pour la lecture. «Le lecteur est plus tourné vers les romans sentimentaux et les polars, autrement dit le livre léger», affirme Mme Marchesani, des éditions Lak International.
    Seule l'arrivée des touristes et des résidents marocains à l'étranger donne un petit coup de pouce au marché du beau livre en cette période estivale (cuisine, guides touristiques, traditions, bijoux, arts...). Le livre est alors acheté en souvenir ou en guise de cadeau.
    Autre tremplin: Le Prix Grand Atlas (le 21 juin). Consacré cette année à ce segment, il a permis d'augmenter les ventes des titres primés pendant les semaines suivantes. Sur le marché étranger, Lak International explique que le fait d'avoir remporté le premier Prix et le Prix du Public «influence les ventes et donne plus de crédibilité».
    Des «livres phénomènes» se maintiennent en tête des ventes depuis l996: «L'Alchimiste» de Paulo Coelho (Ed. Anne Carrère), disponible maintenant en poche; «Le monde de Sophie» de Jostein Garder (Ed. Seuil) et «Les dents du Topographe» de Fouad Laroui, édité en France par les Editions Julliard et au Maroc par Eddif..

    Le handicap du prix


    Cela n'empêche, comme l'explique M. Benkhay du Carre-four des Livres, que le best-seller a perdu du terrain par rapport à l'été 96.
    «Il y a de plus en plus de titres, d'auteurs et d'essais.
    Le marché français connaît une surproduction qui atteint les rayons des librairies au Maroc. Le lecteur s'en trouve plus ou moins perdu. Il n'a plus de repères et ne sait plus sur quelle base choisir son livre».
    Le prix reste un facteur déterminant, il peut même être décourageant, surtout lorsque le livre est importé. «Nous achetons au Franc français, et avec la conversion en Dirhams et les frais d'import, le livre se vend au Maroc deux, voire trois fois, plus cher», explique le libraire.
    Devant ce handicap, les lecteurs qui ne peuvent se permettre de débourser des sommes allant de 180 à 300DH (souvent des étudiants), attendent que le best-seller sorte en poche. Le prix sera donc compris entre 30 et 120DH, mais cela peut prendre jusqu'à 3 ans. La production locale, elle, offre une qualité moindre et un choix plutôt restreint pour des prix avoisinant les 80DH.

    La BD et le livre pour enfants


    L'été, c'est la saison des soldes, et les librairies sont contaminées. Des étiquettes annoncent «Soldes monstres 30 et 50 DH», «3 livres de poche achetés, 1 livre offert», «3 volumes achetés, un sac de plage en cadeau»...
    Selon M. Benkhay, «c'est à la fois une façon d'encourager les jeunes à lire beaucoup plus en été et d'écouler les stocks pour pouvoir ramener des nouveautés pour la rentrée».
    Outre les romans policiers et les histoires d'amour, la courbe de la bande dessinée (BD) connaît également des pics en été.
    Les accros ont toutes les vacances pour se consacrer à leur lecture préférée. Un seul ennui cependant, le format n'est pas toujours pratique.
    Le livre pour enfants ne fait pas exception à la règle. Mais puisque ce sont en général les «grands» qui achètent, la préférence va au parascolaire. Pas question que les vacances soient un prétexte pour oublier ses leçons! Pour les faire réviser en s'amusant, les parents n'ont que l'embarras du choix entre les «Passeport maternelle», «Entraîne-toi», «Les Cahiers comp-lices»... Il y en a pour tous les âges.
    Les contes et autres histoires amusantes sont offerts à des prix accessibles, mais il faut souvent en acheter plusieurs, car les enfants s'en lassent rapidement. La barre des 300 DH est donc facilement franchie.
    La télévision, l'antenne para-bolique et autres jeux électroniques ont longtemps distancé la lecture comme passe-temps. Peut-être que si les prix baissaient...

    Le Top Ten Carrefour des Livres


    - «Les dents du Topographe» de Fouad Laroui (Ed. Eddif)
    - «Casablanca, fragments d'imaginaires», collectif (IFC/Le Fennec)
    - «La femmes d'Ijoukak», de Christine Daure-Serfaty (Ed. Stock)
    - «Ben Barka», de Zakia Daoud et M. Monjib (Ed. Michalon)
    - «Poisson d'or» de J.M.G. Le Clézio (Ed. Gallimard)
    - «Le troisième jumeau», de Ken Follert (Ed. Robert Laffont)
    - «Rends-moi ma vie», de Judith Michael (Ed. Robert Laffont)
    - «Honneur et courage», de Danielle Steel (Ed. Presse de la Cité)
    - «Ni vue, ni connue», de Mary Higgins Clark (Ed. Albin Michel)
    - «Turbulences», de Michael Crichton (Ed. Robet Laffont)

    Hanaâ FOULANI



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