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    Economie

    Le gouvernement s’engage auprès de la microfinance

    Par L'Economiste | Edition N°:2173 Le 16/12/2005 | Partager

    . Une convention de 200 millions de DH sur cinq ans. Un partenariat qui peut être très fructueux si les actions sont bien ciblées. Effet marginal pour populations marginalisées?CONSÉCRATION ou pacte symbolique? Le gouvernement et la Fnam (fédération marocaine des associations du microcrédit) ont signé hier jeudi une convention-cadre sous la présidence effective du Souverain au Palais royal de Rabat. C’est dire toute l’importance accordée au plus haut sommet de l’Etat à ce mode de soutien aux populations les plus démunies, dans le cadre bien sûr de l’INDH (initiative nationale de développement humain). Mais il ne faut pas là non plus en faire la panacée.Le gouvernement s’engage avec une enveloppe de 200 millions de DH sur 5 ans, soit 40 millions de DH par an pour les 13 associations que compte le Maroc. Pour donner un ordre de grandeur, les flux financiers du secteur représentent un encours de 1,3 milliard. L’Association Al Amana, à elle seule, réalise un encours de 700 millions de DH et projette de dépasser les 3 milliards dans trois ans. Le secteur devrait vraisemblablement atteindre près de 7 milliards de DH d’encours sur la même période.Les montants engagés par le gouvernement sont marginaux, indique le président d’Al Amana, Fouad Abdelmoumni.Cela dit, l’objectif de cette convention est de couvrir les populations les plus marginalisées et non solvables, en l’occurrence celles qui sont dispersées dans le milieu rural. En effet, aujourd’hui, près de 600.000 bénéficiaires se trouvent en urbain-périurbain. Il s’agit d’atteindre 1 million de bénéficiaires à l’horizon 2010. Pour le président de la Fnam, Rida Lamrini, la signature de cette convention représente «un grand moment pour le monde de la microfinance, qui vient couronner d’une façon éclatante l’engagement des militants de la microfinance depuis une quinzaine d’années». Le rapprochement microfinance-gouvernement soulève des interrogations, sur l’indépendance, la rentabilité et l’efficacité économiques. Cela a fait l’objet de débats entre les acteurs du secteur.La convention, aux termes très ouverts, s’engage à mettre les fonds alloués dans le cadre de contrats-programmes spécifiques. Cela, lorsque l’Etat aura lui-même fixé ses objectifs et priorités. Les associations traiteront directement au niveau local avec les wilayas. Si, par exemple, l’Etat pointe les communes où il n’y a pas d’offre de microcrédit, il fait appel aux propositions des associations qui répondent le mieux aux objectifs fixés. Mais, comme le souligne Abdelmoumni, «dans le microcrédit, il y a deux facettes». D’abord, ce qui est soutenable selon les règles du marché, et c’est une très grande composante des activités de la microfinance. Ensuite, les zones en difficulté, les plus enclavées, là où vivent les populations les moins expérimentées, les marchés les plus fragiles qui assurent le moins la sécurité de l’équilibre économique de l’exploitation, explique avec pédagogie Abdelmoumni. In fine, à ce niveau, tout dépendra de l’action de l’Etat. L’argent public non remboursable a de la pertinence s’il est investi dans les créneaux non atteints par les acteurs du microcrédit. «Nous faisons très peu de création d’entreprises, nous faisons très peu de rural dispersé, peu de recherches sur l’accompagnement et le développement de la microentreprise», ajoute le président d’Al Amana.Les acteurs du microcrédit sont à la pointe de ce qui se fait dans le monde. Le cas du Maroc, plusieurs fois distingué, sert de locomotive aux autres pays. Mais une terrible question demeure sans réponse convaincante: combien de personnes sont réellement et définitivement sorties de la pauvreté grâce au microcrédit?


    1 milliard pour le refinancement

    SELON le président de la Fnam, Rida Lamrini, le fonds de refinancement devrait atteindre la dimension de 1 milliard de DH. «Le groupe CDG a été l’institution ayant marqué un intérêt concret pour la Fnam». Il a lancé l’étude de faisabilité avec la coopération allemande KFW et la CDC (Caisse de dépôt et de consignation) française. Rappelons que le groupe avait annoncé la création de ce fonds à hauteur de 500 millions de DH, dont 25% de fonds propres. Celui-ci pourrait être porté à 1 milliard de DH comme le préconise l’étude de faisabilité, menée par le cabinet Deloitte-Maroc.Mouna KADIRI

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