×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Le dialogue social cherche ses repères

    Par L'Economiste | Edition N°:227 Le 25/04/1996 | Partager

    Le colloque sur le dialogue social a permis aux participants de constater un glissement: la concertation est devenue nécessaire. La forte participation d'universitaires à quelque peu voilé la présence des représentant des partenaires sociaux.


    Le dialogue social va resurgir sur la scène, car la mise à niveau des entreprises va l'accélérer. La disparition du tiers des entreprises qui ne parviendront pas à résister à la compétitivité, dit M. Abderrahim Lahjouji, président de la CGEM, est l'un des facteurs qui obligeront à réactualiser et revoir la conception du dialogue. Il a insisté sur les lourdeurs administratives auxquelles l'entreprise doit faire face.
    Ces remarques ont été formulées à l'occasion du "Dialogue social: développement et démocratie", colloque organisé par le Conseil Consultatif pour le Suivi du Dialogue Social (CCSDS).
    Si la Lettre Royale a donné un relief politique à ce colloque, en revanche la participation en masse d'universitaires n'ayant pas d'attaches directes avec le monde de l'entreprise en a réduit la portée. Les débats ont frisé l'académisme à l'exception des représentants de la CDT, de l'UGTM et de la CGEM qui ont replacé les débats dans leur contexte. Si les exposés ont parfois frisé l'académisme, certaines interventions de syndicalistes ont donné davantage d'ancrage local au thème du dialogue social.

    M. Abderrazak Afilal a affirmé que "nous devions passer du syndicalisme revendicatif à un syndicalisme participatif". Pour lui, les mentalités et les comportements doivent radicalement changer pour se baser sur la négociation entre le patronat, les travailleurs et le gouvernement. De même, la mobilité sociale ne se conçoit qu'avec la mise en place d'une allocation de chômage.
    Quant à M. Abdelkrim Benatiq, représentant de la CDT, il a insisté sur le fait que "les défis nécessitent une approche globale et consensuelle, qui doit être l'affaire de tous, dans le cadre d'une culture de dialogue, d'ouverture et d'efficacité". Pour lui, "il n'y a pas de dialogue social, et ce au vu de la réalité concrète". Il a par la même occasion énuméré les conditions pour la promotion d'une véritable culture de dialogue. Outre la mise en place d'un code de travail par consensus, le représentant de la CDT a souhaité que "le CCSDS joue pleinement son rôle d'observatoire national et de catalyseur du dialogue social".

    Campagne de pub pour le dialogue social

    Pour M. Abdelmounaïm Dilami, directeur de L'Economiste, le dialogue s'inscrit dans le pluralisme qui implique la recherche du compromis, établi en fonction des rapports de forces. Contrairement au consensus, concept statique qui ne fait que cacher les conflits, le compromis est plus dynamique et suppose une circulation de l'information. Pour M. Idrissi Alami Machichi, enseignant et ancien ministre de la Justice, la communication constitue le mécanisme essentiel de la concertation et devient une partie intégrante du dialogue social. Il a précisé que les moyens de communication de masse s'avèrent capables d'aboutir à des résultats prodigieux dans l'harmonisation des rapports sociaux et la maîtrise des problèmes.
    Les recommandations ont souligné la nécessité du dialogue social et sa réglementation par des textes de loi. Le dialogue social ne doit pas se limiter aux partenaires sociaux mais toucher l'ensemble de la société civile ainsi que les exclus de la société. De même, une recommandation insiste sur la nécessité d'asseoir le dialogue social par une campagne publicitaire.

    Pour M. Fawzi Britel, professeur consultant, le dialogue social devra porter sur la protection sociale. Le gouvernement, les entreprises, les syndicats et la société civile devront poser le problème du contrat social qui cimente la société. Actuellement le dialogue social porte sur les rapports de forces entre les syndicats, sur l'alternance, sur les conflits sociaux. Au lieu de ces aspects qualifiés de politiques, la tâche la plus immédiate devra concerner la répartition de la croissance économique pour en consacrer la moitié à la protection sociale, l'autre moitié à l'investissement. En outre, le plus urgent consiste à définir les enjeux d'une politique sociale, en tenant compte des différents points de vue pour aboutir à un consensus au sein de la société. Le dialogue social doit également porter sur la qualité de la gestion des institutions et la définition de leurs objectifs.

    La définition des priorités

    Pour M. Britel, la définition d'une politique de la gestion de la prévoyance sociale est au coeur du débat du dialogue social. Elle exige une responsabilisation de tous les partenaires sociaux que sont le patronat, les syndicats et le gouvernement.
    Si la croissance économique est liée organiquement à la protection sociale, la restructuration des institutions qui en ont la charge doit être également un enjeu du dialogue. Pour lui, la crise de la protection sociale frappe aux deux extrémités: à l'entrée du marché du travail et à sa sortie, au stade de la retraite. Au milieu de ces points, la population vit un problème d'insécurité au niveau de la santé.
    L'autre enjeu concerne la rareté des ressources. Des voix s'élèvent pour demander la mise en place d'audits et la définition des priorités. Sur ce dernier registre, M. Britel estime que l'allocation familiale est une prestation dénuée de sens. Cette dépense coûte à l'Etat environ 7 milliards de DH annuellement. Il prône sa suppression pour certaines catégories de ménages dont le revenu dépasse le double du SMIG. Cette mesure aura comme effet une réduction de la charge sur les dépenses de l'Etat de l'ordre de 15%. Cette économie permettrait de financer la moitié des ressources de la couverture maladie.
    L'autre priorité concerne les chômeurs diplômés qui déstructurent la société, dit-il. Pour eux, une politique d'insertion devra voir le jour, basée sur l'octroi d'un revenu minimum d'insertion couplée avec une réadaptation professionnelle au terme d'une période de recherche d'emploi.

    Mohamed CHAOUI


    Ils ont dit

    M. Mohammed Saïd Bennani:
    "L'inauguration du démarrage de la série de dialogues sociaux entre les centrales syndicales et l'Union Générale des Collectivités Economiques Marocaines a permis de rompre l'obstacle psychologique qui sépare les deux parties".

    M. Abdelkrim Benatiq, secrétaire général de la SNB (banques) et représentant de la CDT au colloque:
    "Le dialogue social est surtout le respect et l'exécution des engagements. C'est chose quasi-inéxistante dans la pratique du dialogue social dans notre pays. Il est également la négociation collective qui donne lieu à des résultats concrets; c'est rarement le cas".
    M; Jean-Marie Kacou Gervais, président du Conseil Economique et Social ONU:
    "Le terme social est employé dans bien des sens. Dans les milieux professionnels et spécialisés, lorsqu'il s'accompagne du mot dialogue, il signifie contrats d'engagement entre employeurs et travailleurs. Dans cette même combinaison, le dialogue se réfère également au rôle de l'Etat en tant que partenaire essentiel, en particulier pour promouvoir la justice sociale".

    M. Abdelaziz El Atiqui, professeur à la Faculté de Droit de Fès:
    " Le projet de code du travail traite du dialogue social d'une minière sélective, même s'il comprend certains indices qui constituent un pas vers la mise en place des structures du dialogue social".

    M. Abdelkebir Khatibi, directeur de l'Institut Universitaire de la Recherche Scientifique:
    " La pratique du dialogue social se conforme à un seul langage, celui de la régulation sociale, et donc celui qui vise l'équilibrage souhaité entre intérêts divergents, défendus par des partenaires".

    M. Ahmed Aouani, professeur de droit à Casablanca:
    "Le dialogue social doit être réglementé en mettant à sa disposition l'encadrement juridique adéquat, de manière à ce que le dialogue et la concertation soient un véritable instrument pour le développement de l'entreprise et de l'économie marocaine en général".



    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc