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    Economie

    Le CNCE au chevet du label "Maroc"

    Par L'Economiste | Edition N°:297 Le 25/09/1997 | Partager

    Nos tomates, nos chaussures ou nos chemises finiront peut-être par bénéficier d'une nouvelle politique d'exportation. Le CNCE revient à la charge avec un diagnostic et des recommandations. La plus importante, la création d'un organe unique de promotion.


    Plusieurs générations de consommateurs étrangers se souviennent encore du célèbre label de nos oranges, résultat d'une promotion unifiée à l'export. Depuis, le "Made in Morocco" a pris des rides.
    Le Conseil National du Commerce Extérieur (CNCE) colle à ce constat. D'ailleurs, il a mis au centre des recommandations de la deuxième session ordinaire, tenue le 23 septembre au siège de l'OCP, la création d'un organe unique de promotion économique.
    Objectif: défendre l'image du Maroc via une stratégie unifiée.
    Le Conseil préconise ainsi la fusion des quatre organismes de promotion, à savoir l'ONMT, le CMPE, l'ODI et la Maison de l'Artisan. "Si ce principe retenu par le Conseil est accepté par le gouvernement, nous passerons alors au concret", précise
    M. Mohamed Lahlou, président du CNCE. Il s'agira alors d'arrêter le statut, l'organigramme, l'effectif, les budgets et les actions à mener...

    Mais attention, créer une nouvelle entité ne suffit pas. Il faudra d'abord définir une stratégie claire, voire bousculer les mentalités. De cette seconde session, il ressort également la nécessité de s'aligner sur les politiques d'incitation à l'exportation en vigueur dans les pays concurrents.
    Le Maroc perd du terrain par rapport à ses concurrents directs et aux autres pays émergents. Reste donc à redéfinir les mesures incitatives les plus appropriées au nouvel environnement. Pour M. Mohamed Chraïbi, président de la commission en charge de l'examen du cadre institutionnel de la promotion économique, il faut considérer cette politique de soutien comme un investissement pour la période de transition menant à la mise en place de la zone de libre-échange. "Seul un système incitatif peut redresser notre compétitivité perdue", ajoute-t-il. Rendez-vous a été donné dans deux mois à la commission en charge de cette tâche.

    Lobbying ciblé


    Si les casquettes ont été mises au placard et les discours rendus moins "pompeux", les débats comme les mesures sont restés encore teintés de généralités. Difficile de changer les habitudes, mais la voie est désormais tracée. Les intervenants du CNCE l'ont compris et les discussions ont souvent été recentrées en conséquence. Pragmatisme oblige.
    Il semble toutefois que, pour faire avancer les choses rapidement, l'intérêt spécifique d'une profession (publique ou privée) devra par moment céder la place à l'intérêt commun. Autrement dit, il faudra penser "Maroc" pour asseoir la crédibilité de l'instance. "Nous ne pouvons pas nous permettre d'utiliser ce Conseil comme une tribune défendant tel ou tel intérêt, et pour être entendues, nos mesures devront être ciblées et précises", relève un membre du Conseil. Un exercice difficile certes, mais la seconde session du CNCE, tenue le 23 septembre au siège de l'OCP, marque un début.

    L'état des lieux est une fois de plus dressé, chiffres à l'appui. La situation n'est pas réjouissante, mais plutôt alarmante (1). Avis pas toujours partagé par des fonctionnaires accrochés à leurs sacro-saints dossiers.
    Il n'en demeure pas moins que le constat fait l'unanimité, et la nécessité d'une stratégie globale de redressement des exportations devient pressante.
    Toutefois, afin d'éviter que les recommandations formulées n'atterrissent dans un fond de tiroir (à l'instar de tant d'autres), le Conseil penche pour des mesures simples, peu coûteuses, susceptibles de redresser la barre à moyen terme.
    Mais les instances du Conseil par la voie de son président, M. Mohamed Lahlou, ne comptent pas s'arrêter là. Selon lui, le CNCE n'est pas uniquement une instance de réflexion.
    Après la formulation des mesures, il se doit d'exercer un lobbying efficace et ciblé auprès des instances de décisions pour les faire aboutir.


    (1) Cf L'Economiste numéro 295.


    100 millions de DH pour la promotion export


    Le Maroc n'est pas au mieux de sa forme sur les marchés extérieurs. Le premier rapport dressé par la commission chargée de l'évaluation du cadre institu-tionnel confirme la perte de terrain des produits exportés. "Le Maroc est déjà dépassé et l'écart risque de s'aggraver", souligne M. Chraïbi. Le rythme de croissance des exportations s'est nettement ralenti, passant de 12 à 3% en l'espace de 5 ans. Certes, le rythme de croissance moyen au niveau mondial a perdu 4 points entre 1991 et 1996, mais le Maroc en a perdu 9.
    Autre indicateur: la part du Maroc dans les exportations mondiales stagne à 0,13% selon les chiffres du FMI.
    Sur ce registre, la Tunisie s'en sort mieux. Sa part dans les exportations mondiales a augmenté de 1,03% en 20 ans, alors que l'Espagne a multiplié par deux sa contribution, la Turquie par 2,2, et la Thaïlande par 3,5.

    La même tendance se dégage au niveau de la part des exportations dans le PIB. De 16% en 1990, elle a régressé à un peu moins de 13% en 1994. Sur les vingt dernières années, cette part a été multipliée par 1,5 contre 1,7 pour la Tunisie et par 2 pour l'Espagne et la Thaïlande.
    En outre, le Maroc a multiplié par 3,5 en 20 ans la valeur des exportations per capita (157 Dollars en 1996), au moment où la Tunisie et la Turquie l'ont multipliée par 7, l'Espagne par 10 et la Thaïlande par 14. Cette panoplie de chiffres confirme la perte de vitesse des exportations, accentuée par la montée en puissance des impor-tations.
    Parmi les raisons invoquées, la faiblesse de la diversification des produits ainsi que l'inefficacité des moyens de promotion et l'érosion de la compétitivité. "Aucune coordination entre les différents organismes qui travaillent chacun dans sa chapelle, éparpillement des efforts, contradiction des infor-mations illustrent l'état de l'environnement institutionnel", est-il indiqué. Ce sont aujourd'hui à peine100 millions de DH qui sont consacrés à la promotion du Maroc à l'étranger. Soit l'équivalent d'un budget promotionnel d'une entreprise française, ironise un participant. Sur cette somme, l'ONMT récupère 70 millions de DH, le CMPE près de 12 millions, l'ODI 4 millions de DH et la Maison de l'Artisan 9 millions de DH. L'effectif global atteint 640 personnes dont 50% de cadres.

    Meriem OUDGHIRI & Mouna KABLY

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