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    Economie

    Le clonage d'eucalyptus fait ses preuves

    Par L'Economiste | Edition N°:298 Le 02/10/1997 | Partager

    Le partenariat secteur privé/administration peut déboucher sur des résultats tangibles. L'enjeu du contrat tripartite qui lie Cellulose du Maroc, Administration des Eaux et Forêts et la société française AFOCEL l'illustre bien. Résultats du programme


    Question de survie. Quand l'industrie s'implique directement dans la recherche, les résultats sont probants. Le programme d'amé-lioration génétique des eucalyptus mené conjointement par Cellulose du Maroc, le Service des Semences et Pépinières de l'Administration des Eaux et Forêts et l'Association Forêt Cellulose de France (AFOCEL) l'illustre bien. L'aggravation de la dépendance du seul producteur de la pâte à papier du bois importé a été le détonateur du processus(1). Dès 1987, les trois partenaires se lient par une convention en vue d'améliorer la productivité de l'eucalyptus. Il s'agissait en fait d'augmenter le rendement en pâte et réduire la teneur en résine. Sur le terrain, les rendements en pâte varient dans de fortes proportions, de 36 à 55%. Le taux moyen de résine s'établit, lui, autour de 0,69% avec des extrêmes de 0,28 à 1,53%. "Or, plus la teneur en résine est élevée, plus elle nécessite l'emploi d'éléments additifs pour la blanchir, engendrant un surcoût". Autre amélioration attendue: ramener le délai de rotation de l'eucalyptus de 10 à 8 ans grâce à une croissance plus rapide de l'arbre.
    Le programme de recherche vise donc pour la première fois la multiplication végétative (clonage) de l'eucalyptus.

    "La technique consiste à sélectionner des individus à croissance élevée, adaptés aux conditions climatiques, sains de toute maladie", explique M. Mohamed El Yousfi, chef du Service des Semences et Pépinières. La première pépinière de bouturage initiée au Centre National d'Amélioration des Plants Forestiers de Sidi Amira est dotée d'une capacité annuelle de 2,5 millions de plants. La seconde, basée à Sidi Yahia du Gharb d'une capacité de 2 millions de plans/an, est opérationnelle depuis 1993. La pépinière est le passage obligé de la production de plants et permet la multiplication des clones aux différents stades de la sélection (mobilisation, prémultiplication expérimentale et production industrielle). Elle est également utilisée pour la production de semis et d'hybrides artificiels, notamment.

    Au départ, le groupe de recherche a sélectionné 3.700 clones à partir du "matériel" végétal existant. La première sélection effectuée sur la base des résultats obtenus a retenu quelque 400 clones. "Pour disposer d'une base génétique suffisamment large, nous travaillons actuellement sur une cinquantaine de clones de développement répartis en trois variétés et spécifiques à chacune des trois zones bioclimatiques définies", explique M. El Yousfi.
    Il s'agit des zones semi-aride, subhumide et humide.
    Pour l'heure, sur les 50 clones sélectionnés, une vingtaine produisent des résultats tangibles pour l'industrie papetière. Les plantations industrielles s'étendent sur une superficie de 16.630 ha dans la région du Gharb Maâmora et leur rythme annuel s'est stabilisé entre 3.000 et 4.000 ha depuis la campagne 1993-1994.
    La production annuelle est passée de 6 m3 à près de 15 m3 par hectare. Autrement dit, la productivité a été multipliée par 2,5, accompagnée d'une améliora-tion de l'homogénéité des arbres et de la qualité du bois.

    (1) Cf L'Economiste n°296.

    Parcours de l'eucalyptus


    SUR les 621 espèces d'eucalyptus, une dizaine ont été introduites de l'Australie au Maroc au début du siècle. Leur extension sur plus de 200.000 ha représente près de 40% de la surface totale des plantations artificielles. Le massif d'eucalyptus participe à la conservation des espaces forestiers naturels. Au départ, l'objectif de plantation était l'assainissement des marécages dans le Gharb. Les deux espèces les plus utilisées sont l'E. camaldulensis et l'E. gomphocephala et occupent 80% des surfaces plantées. Le bois local entrant dans la fabrication de la pâte à papier provient essentiellement de l'E. camaldulensis. Rusticité et plasticité constituent les deux propriétés de cette matière première. Cependant, son utilisation massive a été jusque-là handicapée par des rendements pâte/bois assez faibles et des taux de résines élevés. Ce sont les deux critères retenus pour servir de base aux travaux d'amélioration génétique.

    Mouna KABLY

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