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    Economie

    Le casse-tête de la couverture sociale

    Par L'Economiste | Edition N°:289 Le 17/07/1997 | Partager

    Les syndicats réclament la généralisation de la couverture sociale. Mais à quel prix et qui va payer? Ce sont là les deux grandes interrogations.


    Le secteur de la santé se trouve entre le marteau et l'enclume. Il est coincé entre un gap social important et de faibles moyens budgétaires. A un moment où les syndicats réclament la généralisation de la couverture sociale, le problème de son financement se pose encore avec plus d'acuité. Qui va payer? C'est là, la grande interrogation, ce pour laquelle le Ministère de la Santé vient de constituer une Commission Nationale sur la réforme du financement et de la gestion du secteur de la santé. Les moyens de l'Etat sont limités, ce n'est pas une nouveauté. La part du budget de la Santé représentant moins de 5% reste insuffisante. Le Ministère de la Santé Publique est de loin le premier pourvoyeur public du secteur. Cependant, son budget représentait en 1996 à peine 1% du PIB et 4,6% du Budget général de l'Etat contre 7,8% en 1965. Les dépenses globales de santé (tous secteurs confondus y compris les ménages) sont estimées, elles, à environ 4% du PIB. Le constat est là et les chiffres sont éloquents. A cela s'ajoutent des évolutions démographiques et épidémiologiques qui poussent à adopter une stratégie globale en matière de politique sanitaire.
    «L'impact de l'éducation, de l'urbanisation et du libre accès à l'information agit sur les nouvelles exigences de la population», souligne le ministre de la Santé, M. Ahmed Alami. Résultat: les besoins sont croissants.

    Devant ces nouvelles données, les orientations de la politique sanitaire ne pourront s'inscrire que dans une vision à long terme. Quant à la couverture sociale, elle reste encore faible. L'assurance maladie demeure facultative.
    Les fonctionnaires adhérant pour 90% à la CNOPS et les salariés du secteur privé ne sont couverts qu'à hauteur de 25% par la CMIM et 80% par la CNSS. Le gap est important. Globalement, 15% de la population marocaine dispose d'une couverture sociale. Outre la dichotomie secteur privé-public, se pose le problème de l'informel et du travail au noir. La population assurable au niveau de l'informel est comprise entre 9 et 10 mil-lions de personnes, soit 30% de la population totale.
    Il faudrait «une enveloppe comprise entre 11 ,5 et 12 milliards de DH, soit un peu moins de 30% du Budget de l'Etat pour parvenir à une véritable généralisation de la couverture sociale», indique M. Greft Alami, consultant sur ce dossier.

    Près d'un million de fraudeurs


    La véritable interrogation à ce niveau est la question du financement. Un régime à l'anglaise basé sur la fiscalité paraît difficilement transposable au Maroc en raison du poids déjà lourd de la fiscalité et du niveau de pauvreté. Il est clair que la généralisation de l'assurance maladie serait impossible. Aussi la réflexion porte-t-elle sur une généralisation dans un premier temps de la couverture sociale aux personnes salariées et une amélioration du recouvrement. Près d'un million de personnes fraudent le système en place. Dans un second temps, les professions libérales et les actifs non salariés doivent s'organiser en mutuel avant d'intégrer le système.
    La population contributive ne doit pas comptabiliser seulement les inscrits et les 10% qui restent à inscrire, mais également le secteur informel. Ainsi, la population assurable serait portée à 30%.
    En accroissant la part des contributifs, l'Etat pourra dégager ses subventions vers les plus démunis. Il faut arriver à un système équilibré où «les jeunes payent pour les âgés, les célibataires pour les familles et les riches pour les pauvres».
    La grande réforme de la couverture sociale impose aussi un changement de mentalité. La demande de soin est exprimée par le médecin, qui a souvent tendance à agir sur le volume. Aussi est il difficile d'instituer l'assurance-maladie dans un tel système. «Au lieu de faire des dépenses ex-post, il serait souhaitable de travailler avec une enveloppe préétablie», préconise M. Greft Alami. Pour cela, l'émergence d'un syndicalisme médical est primordiale. Il devrait pousser à une meilleure maîtrise des dépenses, de l'offre, du nombre de médecins, de cliniques, d'hôpitaux...o

    Fatima MOSSADEQ

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