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    International

    Le Brussels Travel Fair peine à recouvrer son lustreDe notre envoyé spécial à Bruxelles, Abashi SHAMAMBA

    Par L'Economiste | Edition N°:921 Le 21/12/2000 | Partager

    . A l'exception des transporteurs aériens, les majors mondiaux ont boudé le plus grand rendez-vous belge des professionnels du tourisme . Pour autant, la Belgique reste un marché important avec 6 millions de personnes qui partent en vacances. La croissance économique fait exploser la niche des produits très grand luxeDeux pays en un. Ainsi est faite la Belgique. A ma gauche, les Flamands (néerlandophones), à ma droite, les Wallons (francophones). La querelle linguistique n'épargne pratiquement aucune activité au pays de Jacques Brel, y compris le sport (la fédération du cyclisme, pourtant l'une des disciplines où excellent les Belges, s'est aussi scindée en deux). Dans le tourisme, c'est pareil. Le BTF(1), Business Travel Fair, qui passe pour être le plus grand rendez-vous annuel des professionnels du tourisme et de voyages, est perçu d'abord comme une organisation des francophones. Les Flamands ont aussi leurs salons à Anvers, la capitale mondiale du diamant (27 janvier au 4 février 2001) et à Gand (Salon de la montagne du 16 au 18 février 2001). Le cru 2000 du BTF a souffert de l'absence de grands noms de l'industrie mondiale du tourisme. Si ces majors, exceptés ceux du transport aérien, ont boudé ce rendez-vous, ce n'est pas par un quelconque désintérêt de leur part pour le marché belge. Bien au contraire. Les Accor, Méridien, Sheraton ou autre Hilton, disposent tous d'établissements hôteliers en Belgique. Aucun opérateur ne peut ignorer la capitale de l'Europe et les flux d'affaires que génère la présence des sièges des institutions de l'Union Européenne et des filiales des multinationales. C'est une clientèle à très forte contribution assurée. Quant aux grands TO européens (TUI, Neckerman,...), comme dans le reste de l'Europe, ils ont la mainmise sur le réseau de 2.500 agences de voyages du pays. Avec un peu plus de 10 millions d'habitants, la Belgique est un marché très dynamique et on ne peut plus stratégique pour les pays récepteurs, tels que le Maroc. A l'image de ses partenaires européens, le pays de Tintin surfe sur une croissance économique (3,5%) depuis trois ans. Les consommateurs ont retrouvé confiance grâce à l'embellie sur le marché de l'emploi et l'amélioration du pouvoir d'achat. Près de 6 Belges sur 10 partent en vacances chaque année, dont 44% choisissent l'étranger. Une véritable aubaine pour les destinations touristiques. A l'exception de l'Espagne, les stars mondiales de la carte touristique étaient présentes au Salon: la France (première destination des Belges) déclinée en régions, les Etats-Unis, l'Italie, Israël et les destinations dites exotiques (Cuba, les Caraïbes, le Brésil, Tanzanie, etc.) et des petites contrées offrant dépaysement dans la nature ou des randonnées dans le désert (Botswana, Afrique du Sud, Namibie, etc.). Face au stress, la nature est devenue un des produits les plus demandés sur le marché. S'il valorise ses atouts et se dote d'infrastructures nécessaires, le Maroc avec la diversité de son relief tient là une importante carte à jouer sur le marché. Au BTF 2000, l'enjeu n'est pas de conclure les affaires, assure Cherki Mossli, directeur de la RAM pour la Belgique et le Grand Duché du Luxembourg. Ce rendez-vous tient d'abord lieu de rencontre entre opérateurs et pour chaque pays, de site d'exposition de la vitrine de son offre. Les contrats se nouent en dehors des salons. Près de 100.000 touristes belges séjournent au Maroc tous les ans, avec comme destination de prédilection Agadir. A Bruxelles, le team Maroc logeait dans un stand de 70 m2 avec peu d'imagination dans sa conception. Côté animation, c'est zéro pointé malgré les efforts d'une dame qui mettait du henné sur les mains de nombreuses jeunes filles belges et marocaines. Aux côtés de l'Office National Marocain du Tourisme se trouvaient Royal Air Maroc et une poignée de voyagistes (KTI et AB Tours). D'autres professionnels ont préféré prendre quartier ailleurs. Même si le BTF n'a rien de comparable avec les prestigieux Fitour (Espagne) ou l'ITB de Berlin, on peut cependant être frappé par le peu d'empressement des opérateurs marocains à faire le déplacement à Bruxelles. A l'exception de quelques professionnels de Marrakech et Casablanca, pas ou très peu de traces d'Agadir, alors que les touristes belges se dirigent essentiellement vers les stations balnéaires. Il semble que l'incertitude qui planait sur l'organisation du BTF en a dissuadé plus d'un. En plus, les incessants changements du calendrier du salon n'ont fait qu'accentuer cette froideur. Par le passé, le BTF était programmé juste après le Salon de Londres et constituait une continuité logique des opérateurs sur leur chemin de retour au Maroc. Les croisiéristes se frottent de nouveau les mains. La présence remarquée de nombreuses compagnies de croisière au Brussels Travel Fair en disait long sur le boom actuel de cette activité. Et contrairement à l'idée répandue, la demande ne vient pas que de seniors. «Nous avons une clientèle de tous les âges dont de nombreux jeunes couples, confirme une responsable de Sea France. Pour les réveillons de Noël et du nouvel an, les carnets de réservation de la compagnie sont bien garnis, ajoute-t-elle. L'impitoyable concurrence que se livrent les croisiéristes exercent une pression à la baisse sur les tarifs, ce qui rend ainsi accessible le produit à une large couche des consommateurs. Il n'est pas rare de trouver des packages d'une semaine à moins de 10.000 DH.(1) Le BTF 2000 s'est déroulé du 14 au 16 décembre. Le Salon en était à sa 25ème édition.


    Des niches à partir de 50.000 DH

    Signe de la reprise économique, la montée des niches personnalisées. Certains opérateurs se positionnent sur cette niche de très grand luxe et le besoin de discrétion qu'éprouvent une catégorie de clients. Et ça marche! La recette? Personnaliser au maximum la prestation, explique une responsable d'Odysseus. Ce TO belge a fait le choix stratégique de ne vendre que des produits luxueux. «Nous commençons là où s'arrêtent les agences de voyages«, proclame fièrement un de ses dirigeants. La clientèle ne loge que dans des palaces, des hôtels 5 étoiles (de vrais) et au-delà. Et le voyage se fait obligatoirement en première classe sur les vols réguliers (le charter est tout le contraire de la personnalisation du service recherchée par le client). Dans le catalogue d'Odysseus, les packages (transport et hébergement) les moins chers sont à 25.000 DH. La tranche la plus demandée est celle qui commence à 50.000 DH. La clientèle est très exigeante, mais ne lésine pas sur ses moyens. Qui consomme ce type de produit? Des professions libérales, des capitaines d'industrie, des personnalités du show-biz, des hommes politiques, et des personnes qui font plusieurs breaks par an. Le TO reçoit également de nombreux jeunes couples pour leur voyage de noces. Son seul regret est de n'avoir pas inscrit à son tableau de chasse le très populaire couple princier belge, Philippe et Mathilde, soufflé par la concurrence. Le prince héritier belge et son épouse avaient choisi les Maldives pour voyage de noces. Mais chez Odysseus, on ne désespère pas d'avoir l'honneur de vendre un jour un dépaysement au couple princier de Belgique.

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