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    Economie

    L'autoroute à Tanger : Le Nord ne veut pas attendre 2001

    Par L'Economiste | Edition N°:240 Le 25/07/1996 | Partager


    Le développement des provinces du Nord exige une bonne infrastructure. L'achèvement des travaux du tronçon Larache-Tanger en 2001 est jugé trop lointain.


    Les opérateurs économiques du Nord auraient aimé dès aujourd'hui voir l'autoroute Kénitra-Larache arriver à Tanger.
    Les travaux concernant le tronçon Sid El Yamani-Tanger vont être achevés en l'an 2001. Cette date est jugée lointaine par ces opérateurs qui y voient un cumul de retards par rapport à l'Europe.

    Le tronçon Larache-Sid El Yamani est en cours de construction et sera achevé dans deux ans et demi avec un coût de l'ordre de 700 millions de DH. Ensuite démarrera celui de Sid El Yamani-Tanger dont le coût est estimé à 1.530 millions de DH sur une durée de 3 ans. Une autoroute est prévue aussi entre Tétouan et Sebta pour un coût de 1.100 millions de DH.

    La construction d'une autoroute permettrait ainsi aux entreprises européennes de pratiquer une délocalisation sur la région du Nord-Ouest africain.

    Le tronçon Kénitra-Larache n'est pas à même de répondre aux besoins de cette région en matière de développement, a indiqué M. Mohamed Najib Ben Ali, promoteur à Asilah, lors de la conférence tenue le 19 juillet dans cette même ville, et qui a porté sur le thème "La mise en service de l'autoroute Larache-Casablanca et son impact sur le développement économique de la région Nord-Ouest". Elle a été organisée par la jeune Chambre Economique d'Asilah présidée par M. Mohamed Boukaa.
    Selon M. Ben Ali, l'autoroute de Larache devrait continuer son tracé jusqu'à Tanger afin de créer une stimulation des investissements aussi bien des locaux que des étrangers.

    Autoroute Kénitra-Larache


    Les touristes qui viennent en Espagne seraient encouragés à traverser le Détroit pour visiter les villes impériales du Maroc en empruntant l'autoroute qui partirait de Tanger. Pour l'heure, l'autoroute Kénitra-Larache a pour effet de réduire les coûts d'exploitation des véhicules. Ainsi, malgré le péage (30 DH), emprunter l'autoroute revient en réalité moins cher qu'utiliser la route nationale.

    Cette économie est due à la diminution du nombre de kilomètres parcourus et à celle du coût de roulage du véhicule sur l'autoroute. Ainsi, à titre d'exemple, sur l'itinéraire Kénitra-Larache, après avoir réglé le péage, l'usager fait une économie de l'ordre de 69 DH. Ceci est valable pour un véhicule léger. Cette économie est de 312 DH pour les poids lourds (supérieurs à 8 tonnes), selon un calcul de M. Karim Ghellab, directeur des programmes et des études au Ministère des Travaux publics.

    Ajoutons à cela le gain de sécurité, la pérennisation de la circulation grâce à une liaison nord-sud, en dépit des inondations fréquentes de la plaine du Gharb. En outre, cette autoroute a permis un désenclavement du littoral entre ces deux villes ainsi qu'une valorisation des zones balnéaires, observe M. Ghellab.

    Le port Boukhalef


    Au-delà de l'autoroute, les échanges commerciaux entre le Maroc et l'Europe confèrent à l'infrastructure une grande importance, notamment au Nord du pays. En effet, 90% de ces échanges sont effectués par la route. D'où l'importance d'une autoroute au niveau de cette région. De plus, 28% des investissements étrangers ayant été réalisés au Maroc au terme du premier semestre de cette année sont des investissements espagnols. Cependant, plusieurs investisseurs étrangers hésitent à investir dans les provinces du Nord en raison de la maigre infrastructure. Aussi la construction d'une autoroute pourrait-elle engendrer une dynamique d'investissement. Autrement dit, l'autoroute aura un impact sur toutes les activités, notamment le tourisme, l'agriculture et l'industrie.

    M. Ghellab a souligné que l'investissement prévu par le Ministère des Travaux Publics pour le développement des provinces du Nord s'élevait à 1,8 milliard de DH. Ce montant est composé du Budget de l'Etat, des établissements publics tels que l'ODEP et l'ONEP et de la société sous tutelle ADM (Société Nationale des Autoroutes du Maroc). Le port de Tanger Boukhalef constituera, grâce à la liaison autoroutière, un pôle infrastructurel de nature à ancrer le développement du Maroc sur celui de l'Europe. La construction de ce port est estimée à 2.700 millions de DH.

    Pour sa part, M. Santiago Martinez-Caro, conseiller économique et commercial à l'Ambassade d'Espagne à Rabat, a souligné que l'administration espagnole souhaitait que le soutien, estimé à 150.000 millions de Ptas (100Ptas=6,89DH), qu'elle apporte à travers le protocole financier, ait des retombées bénéfiques sur les infrastructures du Nord du Maroc. L'objectif est de répondre aux besoins des entreprises espagnoles dont le nombre dépasse 136 unités dans cette région. Le diplomate espagnol a par ailleurs indiqué que son gouvernement étudiait actuellement les modalités de financement de l'étude du plan directeur routier dans le Nord du Maroc. A ce titre, une étude de prédiagnostic a été réalisée par le bureau d'études espagnol INYPSA.

    Rafik IKRAM

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