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    Economie

    L'Amipros boude la Fédération des Céréales

    Par L'Economiste | Edition N°:229 Le 09/05/1996 | Partager

    La Fédération Nationale des Activités Céréalières (FNAC) vient d'être installée à la CGEM. Les commerçants agréés, qui réclament une représentativité à hauteur de l'importance de chaque intervenant, ont contesté la préparation des élections et boycotté le vote.

    Un printemps chaud pour la filière céréalière. Alors que certaines professions continuent à se battre pour que les modalités d'accompagnement de la libéralisation annoncées il y a quelques jours soient mises "en application avec l'accord de tous les intervenants", une mésentente surgit cette fois-ci au sein même de cette filière. L'Amipros, Association Marocaine Interprofessionnelle des Produits du Sol, qui regroupe les principaux commerçants-importateurs de céréales, a en effet boycotté les élections du bureau de la FNAC, lors de l'assemblée générale constitutive tenue le 26 avril 1996 au siège de la CGEM. A l'origine de ce retrait: les importateurs, qui avaient auparavant demandé le report de la création de ladite fédération, estiment que l'assemblée constitutive a été mal préparée. Et d'expliquer que "la FNAC devait être l'émanation des associations, mais non des entreprises, afin que toutes les parties en présence soient représentées de manière égalitaire". A ce titre, est-il indiqué, il aurait fallu un recensement exhaustif de tous les intervenants. Ce qui n'a pas été fait dans les normes, de l'avis d'un responsable de l'Amipros. Et pour cause, "ceux qui ont décidé de la création de la Fédération ne connaissaient pas tout l'environnement de la filière".

    Deux fédérations

    Flash-back. Suite à la réorganisation de la CGEM, il avait été décidé en juillet 1995 de la création d'une Fédération des industries agro-alimentaires, comme cela avait été prévu pour tous les autres secteurs. Cependant, il est apparu qu'au sein même de cette structure cohabitaient plusieurs branches et beaucoup d'intérêts divergents. Devant l'insistance de quelques professions, l'organisation patronale avait estimé nécessaire de scinder cette Fédération en deux: l'une pour les produits frais qui a gardé la dénomination agro-alimentaire et une seconde pour les activités céréalières. Le Conseil National du Patronat, à qui les statuts délèguent le pouvoir de mettre en place les fédérations, devait cependant diligenter une enquête pour s'assurer de l'opportunité de mettre en place une telle structure pour les activités céréalières. La décision a été effectivement prise après la remise des conclusions du comité préparatoire.
    Lors de la réunion préparatoire tenue le 11 avril, l'Amipros, l'AFAC (Association des Fabricants des Aliments Composés), la FISA (Fédération des Industries du Secteurs Avicole) et l'APSM (Association Professionnelle des Semouleries du Maroc) qui regroupe les moulins de blé dur, ont demandé à la CGEM de surseoir à la création de la Fédération afin de leur permettre de se "préparer convenablement".
    Dans une lettre adressée au président de la CGEM, l'APSM soulignait qu'à la date du 24 avril 70% de ses membres n'avaient pas encore reçu de convocation. Démarche similaire, à la même date, pour l'Amipros et l'AFAC qui, dans une lettre commune, s'inquiétaient "de la hâte anormale avec laquelle la CGEM voulait organiser les élections alors qu'il n'y a aucune urgence à la création immédiate de cette Fédération". L'Amipros et la FISA avaient auparavant expliqué que le report des élections était motivé par les "décisions relatives à la commercialisation de la récolte 1996 et les modalités d'application de la libéralisation qui vont engendrer une nouvelle organisation du secteur en modifiant le nombre et le rôle des intervenants". Ces deux associations précisaient alors que, pour chaque type de céréales (orge, blé tendre, blé dur, maïs), il existe un certain nombre d'intervenants et d'organisations directement concernés et d'importance différente selon le chiffre d'affaires.

    Contrôle de la filière

    D'après leurs statistiques, les commerçants agréés réalisent un chiffre d'affaires annuel de 10 milliards de Dirhams pour 40 millions de quintaux de céréales écoulés. Idem pour la FISA dans divers produits. En ce qui concerne les minoteries artisanales et industrielles, chaque groupe réaliserait un chiffre d'affaires de 6,25 milliards de Dirhams pour un volume égal de blé écrasé (25 millions de quintaux chacun), alors que les recettes des coopératives agricoles n'atteignent que 2 milliards de Dirhams pour 7 millions de quintaux vendus. Elles soulignent ainsi que le secteur céréalier n'est pas uniquement constitué de blé tendre (un créneau où est fortement impliquée la minoterie industrielle), mettent en relief la part des commerçants agréés présents sur toutes les céréales et légumes secs et évoquent le rôle de plus en plus important joué par la minoterie artisanale ainsi que la FISA dopée par le changement des habitudes alimentaires. Ces données mises en avant, l'Amipros et la FISA estimaient que la FNAC devrait être représentative de toutes ces professions.
    En dépit des mises en garde préélectorales, les autres associations sont rentrées dans le rang. L'Amipros s'est retrouvée seule et n'a pas participé au vote. M. Ghali Sebti, président du CPM (Comité Professionnel de la Minoterie) est élu à la tête de la FNAC. Selon l'Amipros, "le déséquilibre prévu est bien visible dans le bureau composé de 6 minotiers pour un total de 12 membres".
    Avis opposé des minotiers qui estiment que toutes les professions, entre autres boulangers, semouliers, commerçants agréés ainsi que les secteurs avicoles et des aliments composés sont normalement représentées. Ils ajoutent que l'Amipros, qui ne regroupe que "6 sociétés réalisant 35% des importations, devrait enregistrer un rétrécissement de ses parts, avec la possibilité pour les minotiers d'importer pour leur propre compte, à la faveur de la libéralisation". Raison pour laquelle elle "veut jeter le discrédit sur la Fédération et son bureau".
    Auprès de la CGEM, il est affirmé que l'Assemblée Générale a été préparée selon les règles définies par les statuts, tous les membres recensés et avertis à temps. Par ailleurs, il est précisé que les textes stipulent que les fédérations, les associations et les entreprises peuvent adhérer librement et individuellement à l'organisation patronale. Chaque adhésion correspond à une seule voix. Cependant, une entreprise peut opter au maximum pour cinq cotisations et autant de voix contre 20 cotisations et un nombre égal de droits de vote pour une association.
    Pour l'élection du président de la FNAC, 164 bulletins ont été retirés. 161 membres ont participé au vote. M. Ghali Sebti a alors obtenu 128 voix contre 25 pour M. Berdaï et 8 bulletins nuls. Quant au bureau, "il réunit tous les intervenants dont M. Khalid Ben Rabia, membre de l'Amipros, qui participe toutefois à titre individuel", souligne-t-on auprès de la CGEM. L'Amipros dit ne pas se reconnaître à travers cette participation et maintient la pression. Elle demande à la Confédération "de faire en sorte que les droits de toutes les parties soient préservés et respectés".
    Il y a un peu plus d'une année, ces deux associations (CPM et Amipros) s'étaient "crêpé le chignon" sur la question des agréages. Le climat s'était ensuite détendu suite à l'arbitrage de l'ONICL, organisme de tutelle. Le différend relatif à la Fédération prend cette fois un autre aspect: le contrôle moral de la filière dans un nouvel environnement caractérisé par la libéralisation.

    Alié Dior NDOUR

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