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    L'Agence Nationale de lutte contre l'Habitat Insalubre (ANHI) : Financements originaux pour une action méconnue

    Par L'Economiste | Edition N°:4 Le 21/11/1991 | Partager


    Avec trois types de financements, le fonctionnement de l'Agence Nationale de lutte contre l'Habitat Insalubre, est déjà original. De plus l'Agence n'effectue pas elle-même les travaux de construction ou de réhabilitation. Le Budget pour 1992, proposé à la Chambre des Représentants envisage de créer un compte spécial du Trésor pour permettre à l'Agence de bénéficier d'un prêt américain, prêt qui sera donc rétrocédé par le Trésor. D'autres prêts pourraient, selon nos informations, être montés au profit de l'ANHI, dont l'action a retenu l'attention des bailleurs de fonds.


    DEPUIS quelques années, l'habitat dit insalubre suscite un intérêt de plus en plus important, en liaison directe avec l'explosion démographique et l'urbanisation accélérée qui caractérisent notre pays. Phénomène complexe aux retombées négatives, tant sur la santé des habitants que sur leur environnement, l'habitat insalubre devient sujet de politique sociale chez les pouvoirs publics.
    C'est ainsi que l'Agence Nationale de lutte contre l'Habitat Insalubre (A.N.H.I.) a été crée en 1984 sous forme de société d'Etat avec un Capital Social de 100.000 DH au départ entièrement souscrit par l'Etat. Ce capital a été porté récemment à 5 millions de DH.
    L'A.N.H.I. a été créée pour constituer l'instrument spécialisé des Pouvoirs Publics en matière de lutte contre l'habitat insalubre. Elle se voit confier la réalisation d'opérations pour le compte des délégations du ministère de l'Habitat. De par sa mission et ses attributions, l'ANHI est appelée à "nouer des relations financières nationales et internationales, en vue d'assurer le financement nécessaire au développement de ses activités" note M. Laraïchi, directeur général de l'Agence.
    L'A.N.H.I. fait partie des dix opérateurs du ministère de l'Habitat, dont la Société Nationale d'Equipement et de Construction (S.N.E.C.), 7 Etablissements Régionaux d'Aménagement et de Construction (les E.R.A.C.), la société Attacharouk.
    L'ANHI est de par sa forme juridique une société anonyme, beaucoup plus souple qu'un organisme public. L'assemblée constitutive de l'A.N.H.I. regroupe des ministères (Plan, Finances, Habitat, Intérieur, Affaires économiques), les collectivités locales et le Fonds d'Equipement Communal.
    L'A.N.H.I. se distingue des autres opérateurs du ministère de l'Habitat par son objet social à savoir la lutte contre l'habitat insalubre sous toutes ses formes.
    Ses objectifs ne sont pas seulement la lutte contre les bidonvilles. L'A.N.H.I. a aussi pour vocation de développer la restructuration de "l'habitat sous équipé et non-réglementaire" c'est à dire l'habitat clandestin, et de développer la restructuration des tissus anciens ou logements anciens devenus inhabitables et nécessitant un réaménagement.
    Comme la S.N.E.C, l'A.N.H.I. agit au niveau national, et ce, contrairement aux E.R.A.C. qui sont régionalisés. L'Agence touche la population à faible revenu.

    Trois modes de
    financement


    L'A.N.H.I. dispose de trois moyens de financement: le préfinancement de la part des bénéficiaires, les produits de péréquation entre les lots commerciaux et les lots d'habitat et les subventions de l'Etat.
    Le préfinancement de la part des bénéficiaires résulte de leur capacité réelle de participation. Celle-ci varie entre 150 et 200 DHS le m2 alors que le coût du m2 équipé revient à l'A.N.H.I. à 400 DHS soit une subvention indirecte d'au moins 50% de la part de l'Agence.
    Les bidonvillois versent à l'A.N.H.I. trois acomptes successifs, les deux premiers de 5.000 DHS chacun, le troisième de 4.000 DHS, soit une somme de 14.000 DHS mobilisée en 2 ans, le bidonvillois se charge de la construction sur les lots.
    L'équilibre financier des projets est assuré par les "produits de péréquation". Ceux-ci sont constitués par des excédents dégagés de la vente des lots commerciaux, vendus à un prix supérieur permettant ainsi à l'A.N.H.I. de réaliser ses objectifs sans faire appel aux contribuables.
    Le troisième moyen de financement vient des "crédits de soutiens" du Budget Général de l'Etat et des subventions que les collectivités locales peuvent accorder au titre des projets réalisés dans leur circonscription.

    "Maîtrise d'ouvrage déléguée"


    L'A.N.H.I. développe ses activités surtout dans le cadre de la "maîtrise d'ouvrages déléguée". Elle s'est révélée une formule apte à assurer la réalisation des opérations dans un cadre conventionné permettant la mobilisation des efforts et moyens de l'ensemble des parties concernées. Pour assurer un suivi continu des projets sur les plans social, financier et technique, des comités de suivi, présidés par l'Autorité locale et regroupant les représentants de l'ensemble des parties concernées.

    Programmes sur plus de 30 villes


    Le programme d'intervention de l'A.N.HI. couvre actuellement plus de 30 villes.
    Il est important de préciser que l'intervention de l'A.N.H.I. s'est d'abord développée au niveau des bidonvilles vu la précarité des conditions d'habitat qu'ils représentent. Ce n'est qu'à partir de 1989 que l'A.N.H.I. a commencé à agir au niveau de l'habitat clandestin. Beaucoup de Projets de Développement Urbain (P.D.U.) sont en cours dont les plus importants dans des villes comme Tanger, Tétuan, Agadir, Safi, Fès et Oujda.
    Quant aux projets touchant l'habitat ancien, ceux-ci restent très complexes au niveau de leur mise en place, notamment sur la question des montages financiers.
    En gros, l'action sur les bidonvilles mobilise 70 à 80% des investissements de l'A.N.H.I. car les actions portent sur de nombreuses "petites" enveloppes de 40 à 50 millions de Dirhams. L'habitat clandestin, quant à lui, mobilise le reste des investissements soit 20 à 30% des engagements. Les projets y sont beaucoup plus complexes et demandent de grosses enveloppes budgétaires, environ 400 millions de DHS, avec des délais de réalisation plus longs: 3 à 5 ans.
    On le sait mal: parmi les pays en voie de développement à forte croissance, le Maroc fait figure de pays qui a su contenir, puis réduire, la formation des bidonvilles. Néanmoins, la pression de l'opinion publique reste très forte pour exiger des pouvoirs publics des efforts plus importants. Le projet de Loi de Finances pour 1992 propose d'accroître l'effort de lutte contre les habitats insalubres, vêtustes, "sauvages",.... Aussi, les agences, sociétés publiques, ou mixtes,... qui interviennent dans ce domaine ont déjà vu leur mode d'action remodelé. On peut s'attendre à ce que ces rénovations soient accentuées dans les mois et années qui viennent.

    Adil LAZRAK

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